LE DIRECT
Illustration

50 nuances de noir

5 min
À retrouver dans l'émission

Des voitures interdites au Turkménistan à la possible candidature de la superstar Oprah Winfrey à la présidentielle américaine de 2020, en passant par le niqab d’une ex-djihadiste, les tribulations de la politique belge ou la publication d’une liste en Israël : 50 nuances de noir.

Illustration
Illustration Crédits : KTSDESIGN / SCIENCE PHOTO LIBRARY / KTS / SCIENCE PHOTO LIBRARY

Au Turkménistan, tout d'abord, si toutes sortes de superstitions sont généralement associées aux chats noirs, là-bas, le fantasque président a surtout la phobie des voitures ... noires. Depuis le 1er janvier, la police turkmène saisit, en effet, tous les véhicules de couleur sombre. Pour quelle raison ? Difficile à dire, d'autant que la nouvelle réglementation n'a pas été annoncée dans les médias officiels. L’information n’a filtré que grâce à des médias basés à l’étranger. Par ailleurs, la directive n'a même pas été codifiée. Selon le site d’opposition CHRONIQUES DU TURKMENISTAN, toutes les voitures de couleur foncée sont aujourd'hui menacées. La police, qui disposerait en la matière d’un pouvoir discrétionnaire afin de déterminer la nuance de sombre permise de celle qui ne l’est plus, ordonnerait ainsi aux propriétaires de véhicules noirs de les repeindre en blanc ou en argenté. Enfin, s’appuyant sur des statistiques, selon lesquelles le plus grand nombre d’accidents de la route seraient provoqués par des conductrices, le président a également décidé, dans la foulée, d'interdire aux femmes de s’asseoir derrière le volant.

Depuis quelques années, elle, n'était qu'un regard caché derrière un niqab ... noir. Et depuis hier Emilie König a désormais un visage.Cette Bretonne de 33 ans, longtemps présentée comme l’une des principales recruteuses étrangères de Daech, placée sur la liste noire des terroristes les plus dangereux est apparue hier dans deux vidéos, visibles notamment sur le site de L'ORIENT LE JOUR. Vêtue d'un haut de survêtement rose et le visage découvert, elle y affirme face caméra n'avoir «subi aucune torture» depuis son arrestation par les forces kurdes de Syrie, le mois dernier. Comme pour appuyer ses propos, la jeune femme cite d'ailleurs les noms de plusieurs organisations d'aide humanitaire. Et puis, en plus de dire à l’écran qu’elle est «bien traitée», précise LE TEMPS, Emilie König affirme que le processus d’interrogatoire qu’elle a subi «est similaire» à celui qu’elle aurait eu en France. Dans quelles conditions a-t-elle répondu à ces questions ? Impossible à dire. Seule certitude pour l'instant, cette vidéo donne un tour nouveau au feuilleton politico-médiatique du potentiel rapatriement dans l’hexagone des ex-djihadistes français interpellés en Syrie et en Irak. 

Direction la Belgique, où un scandale autour de la politique migratoire pourrait bien devenir le nouveau ... chat noir du gouvernement. L'affaire remonte au mois de septembre dernier, raconte le Courrier International. A l'époque, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration annonçait fièrement avoir conclu un accord avec le gouvernement soudanais (pourtant sous le coup de deux mandats d’arrêt lancés par la Cour pénale internationale pour génocide), invité à participer à l’identification de ses ressortissants parmi les migrants en transit en Belgique, pour que ceux-ci soient rapatriés. Or trois mois plus tard, la presse vient de publier des témoignages accablants, faisant état de tortures et de violences subis par ces mêmes réfugiés à leur retour à Khartoum. Devant le tollé suscité, le gouvernement a aussitôt annoncé l’ouverture d’une enquête. Mais d'ores et déjà les voix se multiplient en Belgique pour appeler à la démission du secrétaire d'Etat à la Migration. Sauf que la question est particulièrement délicate. Pourquoi ? Parce que l’exécutif belge est une coalition de plusieurs partis et que (l’expérience l’a montré) former un gouvernement et le maintenir à flot est un exercice périlleux au plat pays. En l'occurrence, le secrétaire d'Etat pointé du doigt est issu du parti nationaliste flamand N-VA, première force politique en Flandre. Or après que la N-VA a menacé de sortir du gouvernement, le Premier ministre belge (le libéral francophone Charles Michel) a tout simplement décidé, pour l'heure, de continuer à défendre la politique de son secrétaire d’État.  

La publication d'une liste ... noire, à présent, fait des remous en Israël. Voilà plusieurs mois, maintenant, qu'une loi interdit l'entrée en Israël des partisans du «BDS», un acronyme désignant les partisans d'un  mouvement militant en faveur d’un boycott à la fois économique, culturel et scientifique de l'Etat hébreu, jusqu’à ce que cesse l’occupation des Territoires palestiniens. Sauf que le ministère des Affaires stratégiques refusait de dévoiler depuis qui figurait sur cette fameuse liste noire. Finalement, Israël vient de publier la liste complète des organisations visées, déclenchant aussitôt une vague d’indignation parmi les associations de défense des droits, comme le relève THE TIMES OF ISRAEL. Son confrère HA'ARETZ, lui, souligne notamment la présence de l’ «American Friends Service Committee», distinguée par le prix Nobel de la paix en 1947 pour avoir porté assistance à des victimes des nazis, et dont les membres ne pourront désormais plus se rendre en Israël.

Enfin Oprah Winfrey sera-t-elle la prochaine présidente des Etats-Unis ?Son discours à la fois émouvant et engagé, dimanche soir, lors de la cérémonie des Golden Globes, a visiblement fait naître chez de nombreux Américains l’espoir que la très influente présentatrice et femme d'affaires ... noire devienne la prochaine présidente des Etats-Unis. Un hashtag #OprahForPresident, notamment, a aussitôt fleuri sur le réseau Twitter. EN réalité, c’est Meryl Streep qui a été la première à se confier au WASHINGTON POST : «Je veux qu’elle se présente. Je ne pense pas qu’elle ait eu l’intention de se lancer ce soir. Mais à présent, elle n’a plus le choix». Dans les colonnes du THE LOS ANGELES TIMES, le compagnon de longue date d'Oprah Winfrey, Stedman Graham, assure pour sa part qu'elle «serait définitivement intéressée». Une rumeur confirmée depuis par CNN. Selon la chaîne américaine, l’animatrice «songerait très fortement» à s’engager en 2020 face à Donald Trump. Sauf que plusieurs commentateurs s'interrogent, déjà, sur sa capacité à gouverner, en cas d'élection, et sur une dérive possible du système politique américain. «Ressaisissez-vous. Oprah ne devrait pas se présenter», lance en titre de sa tribune l'éditorialiste du WASHINGTON POST. «Oprah, ne fais pas ça», renchérit un essayiste dans une tribune au NEW YORK TIMES, avant de préciser : «Si la première année de l'administration Trump a montré clairement quelque chose, c'est que l'expérience politique a une importance immense». Et d'en conclure : «La présidence n'est pas de la télé-réalité.» 

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......