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Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche

Qui murmure à l'oreille de qui ?

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Quelques jours après avoir été répudié par Donald Trump, Steve Bannon a quitté la présidence du site ultra-conservateur Breitbart. Une nouvelle rétrogradation pour celui qui fut l'un des artisans de la victoire électorale de l'homme d'affaires.

Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche
Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche Crédits : DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / - AFP

Lui, aura longtemps murmuré à l'oreille du président américain. Il y a moins d'un an, le magazine TIME se demandait même s'il ne pourrait pas devenir le deuxième homme le plus puissant au monde. Et pourtant, note ce matin THE WASHINGTON POST, force est de constater que son ascension aura été aussi fulgurante que sa chute. Une chute désormais vertigineuse. Hier, le site d'information BREITBART NEWS (vitrine de l’extrême droite américaine) a annoncé s'être séparé de son président exécutif : Steve Bannon. L'ex conseiller de Donald Trump, son éminence grise comme le qualifiaient à l'époque nombre de médias américains, n'aura pas survécu à l'annonce retentissante de ses critiques contre le président et sa famille, publiées vendredi dernier par le chroniqueur mondain Michael Wolff dans son livre «Le feu et la fureur». Ses excuses publiques, trop tardives, n'y auront rien changé. Et c'est ainsi, écrit à son tour THE NEW YORK TIMES, que la direction de Breitbart a décidé d'envoyer ce fan d'histoire et de Napoléon sur son île d'Elbe. Un coup dur pour cet idéologue qui après avoir été écarté de la Maison-Blanche, l'été dernier, entendait malgré tout œuvrer (de l'extérieur) à la consolidation du trumpisme, en particulier, grâce à Breitbart News : la plateforme d'opinion est la plus suivie au sein de la droite dure américaine, avec plus de 80 millions d'utilisateurs le mois dernier, c'est-à-dire bien plus que des sites références du journalisme en ligne comme Politico ou The Atlantic. Enfin, toujours selon le quotidien de New York, c'est une milliardaire (soutien de longue date de Bannon) qui aurait poussé Breitbart, dont elle est actionnaire, à se séparer de son président exécutif. 

En Israël, à présent, mieux vaut faire attention aux oreilles qui traînent. L'enregistrement diffusé lundi soir, sur la deuxième chaîne de télévision israélienne, fait état d'une conversation qui remonterait à l'été 2015. On y entend Yaïr, 26 ans, l'un des fils du Premier ministre Benyamin Netanyahou discuter à bord d'une voiture avec plusieurs autres garçons, dont le fils de l'un des hommes les plus riches d'Israël. Visiblement éméchés, les jeunes gens discutent en termes vulgaires de prostituées. Yaïr propose même d'offrir les faveurs sexuelles de son ex petite amie dans le cadre de rencontres tarifées. Et puis les deux garçons en viennent à se chamailler sur les milliers de shekels qu'ils ont dépensés pour des danseuses privées ce soir-là. «Eh mec, mon père a passé un super deal avec le tien, il s'est battu avec la Knesset pour ça, il vous a décroché un contrat de 20 milliards de dollars et tu peux pas m'avancer 400 shekels pour une pute ?» Outre les références peu flatteuses aux femmes, cette conversation enregistrée à leur insu fait surtout référence, en réalité, à un accord concernant l'exploitation de champs gaziers. Or le père du garçon auquel s'adresse le fils du Premier ministre n'est autre que l'un des principaux actionnaires de l'une des compagnies israéliennes exploitant ces gisements. Et ces propos tombent plutôt mal, commente THE GUARDIAN, puisqu'ils mettent en lumière les relations qu'entretient la famille Netanyahou avec de riches patrons, alors même que le Premier ministre israélien fait déjà l'objet de deux enquêtes pour corruption. Dans l'une d'elles, notamment, Benjamin Netanyahou est soupçonné d'avoir reçu, de manière illégale, d'importants cadeaux de la part d'éminentes personnalités. Depuis, Yaïr a présenté des excuses publiques, affirmant qu'il était sous l'emprise de l'alcool lors de ces déclarations qui, selon lui, n'étaient évidemment qu'une blague. Une version, note le magazine SLATE, qui n'a pas vraiment convaincu les adversaires politiques du Premier ministre.

Les grandes oreilles de l'Inde. Ou quand l'ombre de Big Brother commence à faire tâche. Lancé en 2009, «Aadhaar» est aujourd'hui le plus vaste système d’identification multi-biométrique du monde. Cette gigantesque base contient les données personnelles (nom, sexe, date de naissance) mais aussi biométriques (empreintes digitales, capture des iris, photo du visage) de pratiquement tous les 1,3 milliard d’Indiens. Concrètement, précise ce matin LE TEMPS, elle assigne à chaque citoyen un numéro unique à 12 chiffres censé lui simplifier la vie et notamment les formalités administratives. Or ce système, présenté comme un rempart contre la corruption, est à présent lui-même victime de piratages. La dernière affaire en date résulte des révélations accablantes d’une journaliste du quotidien THE TRIBUNE, qui mettent en lumière un fichier insuffisamment sécurisé et relancent ainsi le débat sur les risques de l’omniprésence croissante d’Aadhaar dans la vie des Indiens. La journaliste a démontré les failles de ce système en expliquant avoir pu acheter illégalement des identifiants de connexion. Pour la modique somme de 500 roupies (moins de 7 euros) et en l’espace de dix minutes, un revendeur contacté sur un groupe de WhatsApp lui a attribué un compte d’administrateur, lui ouvrant la porte aux données confidentielles de la base. Face au scandale, les autorités ont aussitôt accusé le journal de «fake news». Dans la foulée, l’organisme qui gère le système a, lui, déposé une plainte en déclarant que la tentative de brèche était un acte «illégal». Quant à la police, elle a ouvert une enquête. Quoi qu'il en soit, les médias indiens font corps et perçoivent cette procédure comme une attaque contre la liberté de la presse. Enfin la situation n’a pas échappé au lanceur d’alerte américain exilé en Russie, Edward Snowden, qui a déclaré hier sur Twitter que la journaliste méritait «une récompense et non des poursuites».

Par Thomas CLUZEL

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