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Agent de la force de police de la Catalogne (Mossos), lors du discours sur l'indépendance prononcé par Carles Puigdemont

Du bon usage ou non de la générosité

5 min
À retrouver dans l'émission

Réunion de crise aujourd’hui du gouvernement espagnol pour répondre à la signature par les dirigeants indépendantistes de Catalogne d'une déclaration d'indépendance unilatérale, signée mais suspendue dans l'attente d'un dialogue avec Madrid.

Agent de la force de police de la Catalogne (Mossos), lors du discours sur l'indépendance prononcé par Carles Puigdemont
Agent de la force de police de la Catalogne (Mossos), lors du discours sur l'indépendance prononcé par Carles Puigdemont Crédits : JULIEN MATTIA / NURPHOTO

A l'occasion de la journée internationale des filles, ce mercredi, la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG nous apprend que les femmes seraient plus généreuses que les hommes. C'est en tous cas un stéréotype répandu dans de très nombreuses régions du monde. Et si le sujet fait la Une du journal de Munich, c'est parce qu'il y aurait désormais une explication scientifique à ce phénomène. Selon un rapport de chercheurs de l'université de Zurich en Suisse, la zone de récompense du cerveau des femmes s'activerait davantage que celle des hommes lorsqu'il s'agit de partager. Et c'est ainsi qu'avec la même richesse, les femmes donneraient, donc, plus que les hommes. Ou dit autrement, les hommes doivent faire preuve de davantage d'efforts pour partager. Rien à voir, en revanche, avec la génétique précise toujours le journal, puisque cette zone de récompense se construit grâce à l'éducation. Or on loue davantage les petites filles quand elles sont bienveillantes que les garçons. Et voilà comment l'apprentissage des bonnes manières et des usages de la société rendrait les femmes plus généreuses que leurs semblables du sexe opposé.

Ce qui ne signifie pas, pour autant, que les hommes, parfois, ne soient pas capables, eux aussi, de se montrer généreux. C'est ainsi, par exemple, que le chef du gouvernement catalan a présenté son discours, hier, devant le Parlement autonome de la région : «Aujourd'hui la Catalogne fait un geste de ... générosité», a-t-il déclaré, en appelant au dialogue et en suspendant la déclaration d'indépendance. Face à un dilemme cornélien, renoncer au défi séparatiste ou déclarer unilatéralement l’indépendance, Carles Puigdemont a donc préféré appuyer sur le bouton «pause». Et en ce sens, estime le correspondant du TEMPS, il a sans doute prononcé le seul discours possible, pour éviter l’immense frustration des siens et en même temps l’épée de Damoclès d’une réponse autoritariste du pouvoir central à Madrid. Pour tous ceux qui craignaient un embrasement et de violentes altercations, ce discours a certainement provoqué un grand soulagement. Sauf que le jeu, pour autant qu’il s’agisse encore d’un jeu, n’a jamais semblé aussi dangereux. Car s'il a, certes, mis, les formes cela ne change rien sur le fond. La suspension annoncée, hier, n’est qu’un report si l’on en croit toujours le discours du président séparatiste, qui a évoqué un délai de «quelques semaines». Ou dit autrement, les appels au dialogue, la main apparemment tendue au reste du pays, rien de cela ne fait illusion : les indépendantistes sont bien décidés à aller jusqu’au bout, quitte à faire sortir de leurs gonds, une fois de plus, les autorités espagnoles.

Pour le quotidien conservateur ABC, Puigdemont fait aujourd'hui chanter le gouvernement pour gagner du temps. Et d'ailleurs, les autorités de Madrid ne sont pas dupes de cette pirouette politique. «Il est hors de question d’accepter une médiation», a immédiatement précisé la n°2 de l’administration Rajoy, précise EL MUNDO. Le gouvernement espagnol considère que ce discours est bien une «déclaration d’indépendance». Et, d'ailleurs, il prépare une réponse imminente, rapporte EL PERIODICO : C'est aujourd'hui, en effet, que sera débattu devant les députés le fameux article 155 de la Constitution, lequel permet de suspendre les compétences de la région autonome. En clair, tandis qu'au sein de la coalition au pouvoir régional, les sécessionnistes les plus intransigeants parlent de «trahison», du côté du pouvoir central, on considère «inadmissible» que derrière ses appels au dialogue le leader catalan maintienne la menace d’une déclaration unilatérale d’indépendance. Ou dit autrement, conclue de son côté EL PAIS, si hier le président catalan a voulu faire preuve de générosité, il a surtout tenté de faire plaisir à beaucoup de monde mais sans satisfaire personne

Une autre forme de générosité, ce matin, en Corée du Nord. Le site du magazine NEWSWEEK nous apprend qu'en prévision de l'anniversaire de la fondation du Parti communiste nord-coréen, hier, Kim Jong-un a promu au comité central du parti deux femmes, sa sœur mais aussi une chanteuse de pop très connue, notamment parce qu'il avait été dit qu'elle avait été exécutée pour avoir tourné dans une vidéo pornographique et surtout parce qu'il s'agit, en réalité, ni plus ni moins que de l'ex petite amie du dictateur.

Enfin lorsqu'il ne s'agit plus de rapport homme-femme mais de compétition bien masculine, cette fois-ci, c'est là que l'éducation révèle parfois de graves lacunes. Dans l'entretien exclusif qu'il livre au magazine FORBES, il semble que Donald Trump n'ait pas tout à fait digéré les mots que son secrétaire d'Etat aurait eu à son encontre. Selon les propos rapportés en fin de semaine dernière par la chaîne NBC NEWS, Rex Tillerson aurait qualifié le président américain de «débile». «Je pense que c'est là une fausse information», explique Donald Trump dans son entretien au magazine américain. Avant toutefois de préciser : «Mais s'il l'a dit, je pense qu'il faudra comparer nos tests de QI. Et je peux vous dire qui va gagner». Evidemment, la remarque a aussitôt été reprise par toute la presse américaine. Et pour cause, précise ce matin THE NEW YORK TIMES, ce commentaire du président à l'égard du chef de la diplomatie américaine, dans une période d'intense activité diplomatique (entre les vives tensions avec la Corée du Nord et l'annonce imminente de la position américaine sur l'accord nucléaire iranien) menace tout simplement de saper les initiatives diplomatiques de Rex Tillerson.

Pour tenter de clore la polémique, la porte-parole de la Maison-Blanche a aussitôt affirmé qu'il s'agissait «juste d'une blague». Et que le président «ne remettait pas en cause l'intelligence du secrétaire d'Etat», a-t-elle encore martelé, assurant qu'il avait «100% confiance» en ce dernier. «Le président peut bien se permettre une blague, le secrétaire d'Etat n'a pas de soucis avec ça», a tenté de minimiser, à son tour, la porte-parole du département d'Etat. Tout en précisant bien toutefois, que le QI de Rex Tillerson était «élevé».

Par Thomas CLUZEL

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