LE DIRECT
Une supporter du démocrate Doug Jones pleure de joie, après l'annonce de la victoire de son candidat au poste de sénateur de l'Alabama

La saga continue

6 min
À retrouver dans l'émission

Le président américain Donald Trump a essuyé une nouvelle défaite politique majeure dans l'Etat de l'Alabama, où le candidat qu'il soutenait (Roy Moore) a été battu par un démocrate (Doug Jones). Un exploit dans ce bastion conservateur.

Une supporter du démocrate Doug Jones pleure de joie, après l'annonce de la victoire de son candidat au poste de sénateur de l'Alabama
Une supporter du démocrate Doug Jones pleure de joie, après l'annonce de la victoire de son candidat au poste de sénateur de l'Alabama Crédits : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

A lire la presse américaine, la victoire du candidat démocrate Doug Jones, cette nuit, au poste de sénateur de l'Alabama, constituerait le dénouement le plus renversant que l'on pouvait imaginer, à l'issue de cette campagne digne des meilleurs films à suspens et qui, pendant de longues semaines, aura capté l'Amérique toute entière. «Stupéfiant», est sans doute le mot qui revient le plus souvent, ce matin, à la Une des sites d'information, à l'instar de celui d'NBC NEWS ou de USA TODAY. Il faut dire que cette nuit, Doug Jones a non seulement battu un homme accusé d'attouchements sur mineures, mais aussi un adversaire soutenu par Donald Trump, également un républicain dont le parti se retrouve ainsi privé d'un siège précieux à la chambre Haute du Congrès et, last but not least, il a réussi l'exploit de se faire élire dans un bastion conservateur, où jamais un démocrate n'avait été élu depuis 1992. Et c'est ainsi que fort de cette victoire miraculeuse, écrit THE WASHINGTON POST, comprenez inimaginable il y a encore quelques jours à peine, Doug Jones s'est aussitôt converti en héros des démocrates. Des démocrates qui se prennent même à rêver, à présent, de la reconquête du pouvoir à Washington. Car cette victoire locale pourrait avoir des conséquences importantes au niveau national, précise à son tour THE NEW YORK TIMES. Pour la première fois, elle ouvre une voie certes encore difficile mais désormais réaliste pour les démocrates, celle menant directement au Sénat, dont ils pourraient bien s'emparer dès l'année prochaine. A tout le moins, poursuit l'article, cette élection est un revers douloureux pour les républicains, lesquels ont déjà du mal à mettre en œuvre des politiques d'envergure et qui doivent maintenant faire face à des calculs législatifs encore plus difficiles.

Autre saga et autre rebondissement, ce matin, s'agissant cette fois-ci du dossier nord-coréen.Hier, le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a proposé l'ouverture de discussions directes entre les Etats-Unis et la Corée du Nord «sans condition préalable».  Une déclaration, note le site BLOOMBERG, qui marque un changement de ton de la part de Washington, qui jusqu'à présent exigeait que Pyongyang accepte, en premier lieu, que la finalité d'éventuels pourparlers soit de renoncer à son arsenal nucléaire. Dans son discours devant l'Atlantic Council (un cercle de réflexion), Tillerson a lancé : «Rencontrons-nous, parlons de météo si vous voulez, ou discutons pour savoir si une table ronde serait préférable à une table carrée si c'est ce qui vous fait plaisir. Mais, au moins, voyons-nous face à face et ensuite on pourra commencer à établir une feuille de route de ce vers quoi nous voudrions aller». Pour l’heure, on ignore encore dans quelle mesure Rex Tillerson bénéficie ou non du soutien de Donald Trump pour proposer une telle ouverture diplomatique. Mais le communiqué publié par la suite par la Maison-Blanche ne permet pas, a priori, de conclure que Trump approuve les propos de son secrétaire d'Etat : «L'opinion du président des Etats-Unis au sujet de la Corée du Nord n'a pas changé», écrit la Maison-Blanche. Enfin, au moment même où le chef de la diplomatie américaine faisait son annonce, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, lui, alimentait une nouvelle fois la guerre des mots, en faisant connaître son intention de faire de son pays «la puissance nucléaire et militaire la plus forte au monde». Ou dit autrement, la saga continue.

Suite et (peut-être) fin, cette fois-ci, d'une histoire vieille de dizaines d'années : un ultime épisode qui vient enrichir le récit indépendantiste catalan.C’est une véritable guerre culturelle de plusieurs années qui vient de prendre fin entre la Catalogne et sa région voisine, l’Aragon, nous raconte ce matin le Courrier International. Le musée catalan de Lérida a finalement dû rendre au gouvernement autonome aragonais le trésor de Sijena (du nom d’un couvent édifié au XIIe siècle) : 44 œuvres d’art historiques. Ce combat culturel, écrit LA VANGUARDIA, s'est réglé lundi dernier, avec l’appui des forces de l’ordre (notamment la garde civile), qui ont dû disperser manu militari quelque 500 militants indépendantistes catalans venus dénoncer le «pillage» de leur patrimoine. Empoignades, cris de colère, coups de matraque. Il a fallu plusieurs heures avant que le convoi policier réussisse à s’extirper de la foule des militants et parte en trombe vers «l’Espagne», en l’occurrence la région voisine d’Aragon. Ou quand l’Espagne révèle sa vraie nature, ont aussitôt entonné les séparatistes. En réalité, précise de son côté EL PAIS, il ne s’agit là que de l'’application d’un verdict de 2015, qui a condamné la Generalitat à rendre les œuvres à l’Aragon. Sauf que la Generalitat s’était depuis refusée à le faire, déclenchant ainsi le plus important conflit culturel de ces dernières années en Espagne. Et cette affaire a pris, évidemment, une tournure très particulière dans le contexte actuel, puisque c’est l’union de l’Aragon et de la Castille, en 1469, qui avait débouché sur l’établissement de la monarchie espagnole, comprenez l’institution honnie par les séparatistes catalans. 

Enfin ultime saga, ce matin, avec la sortie aujourd'hui dans les salles françaises «Des derniers Jedi». Cela faisait des jours que les réseaux sociaux bruissaient d’avis informels, émis par une poignée de journalistes qui avaient pu voir le film en avant-première. Sauf que soucieux de ménager un maximum de suspense autour de ce nouvel épisode de la saga «Star Wars», les studios Disney avaient interdit la publication de toute critique avant hier soir. Depuis les articles ont donc commencé à pleuvoir pour lever, enfin, le voile sur l’objet de toutes les spéculations. Quand THE NEW YORK TMES salue une prouesse visuelle, le site WIRED y voit une réinvention quasi parfaite de la franchise. Le meilleur «Star Wars» depuis des décennies, estime pour sa part THE DAILY BEAST, tout en reconnaissant que bien des choses sont de l'ordre du déjà-vu. En d'autres termes, si l’exercice de régénération mythologique se poursuit plaisamment, la routine, elle, s’installe, tranche de son côté LE TEMPS. Quand l'héritière des Jedi apprend à entendre la Force tout en plongeant dans les ténèbres du mal, à l'inverse, l'héritier de Darth Vador (le fils des ténèbres), lui, brise le masque. Bref, les héros se dépatouillent toujours avec leurs problèmes de Force, leurs quêtes identitaires et leurs traumas. Ce qui n'empêchera pas la sortie en décembre 2019 d'un épisode IX. En attendant, bien entendu, la quatrième trilogie. 

Par thomas CLUZEL

    �N�4=t

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......