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Représentation graphique de l'astéroïde "Oumuamua"

Un autre monde est-il possible ?

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Des scientifiques ont découvert le premier astéroïde venu d’ailleurs (hors système solaire) jamais observé. "Oumuamua" est un visiteur qui erre dans le milieu interstellaire depuis des centaines de millions d'années.

Représentation graphique de l'astéroïde "Oumuamua"
Représentation graphique de l'astéroïde "Oumuamua" Crédits : M. KORNMESSER / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY - AFP

Il est le tout premier visiteur venu d'un autre monde qu'il nous ait été donné de voir jusqu'à présent. Un mystérieux rocher long et mince, que THE LOS ANGELES TIMES compare à un cigare, quand le magazine NEWSWEEK y voit, lui, davantage une sorte de bâton géant, de ceux que l'on pourrait lancer à son chien lors de sa promenade, si toutefois celui-ci s'égayait dans un parc aussi vaste que le cosmos. Cet astéroïde, baptisé «Oumuamua» (qui signifie «messager» en langue hawaïenne) mesure 400 mètres de long sur une quarantaine de large et se déplace à une vitesse de 38 kilomètres par seconde. Il a été repéré le 19 octobre dernier. Aussitôt, tous les télescopes de la planète ont été braqués sur lui, pour en déterminer les caractéristiques. Et les premières conclusions viennent d'être publiées cette semaine dans la très sérieuse revue NATURE. Tout d'abord, les scientifiques en sont convaincus, «Oumuamua» est bien un astéroïde extrasolaire, car l’analyse des données recueillies montre que son orbite ne peut pas avoir son origine à l’intérieur de notre système solaire. Ou dit autrement, c'est la première fois que des scientifiques ont l'occasion d'examiner de près un morceau de matériau provenant … d'un autre monde. Ensuite, les dernières analyses montrent que cet étrange visiteur est assez similaire, en réalité, aux comètes et aux astéroïdes de notre propre système solaire. Or les astéroïdes étant comme des fossiles spatiaux, cela signifie que d'autres planètes composées comme la nôtre pourraient être présentes dans la galaxie, précise de son côté THE GUARDIAN. D'autre part, sa couleur rouge suggère qu'il transporte des molécules organiques, qui sont des éléments constitutifs de la vie. Enfin, le magazine NEWSWEEK rapporte une dernière découverte : «Oumuamua» se déplace beaucoup plus rapidement que les astéroïdes à l'intérieur de notre système solaire. Ce qui signifie que si, par un coup de malchance, il devait frapper la Terre, la collision serait plus violente que les impacts précédents, comme celle qui a anéantit les dinosaures. 

Lui, en revanche, a disparu des radars il y a une semaine et reste toujours, jusqu'à présent, introuvable. Lui, c'est le sous-marin argentin ARA San Juan, lequel n’a plus émis de signaux depuis le 15 novembre. Ce jour-là, à 7h30 du matin, il avait été localisé au large de la Patagonie. Et depuis, aucun contact n'a pu être établi. On ignore toujours les raisons qui ont conduit à la disparition du sous-marin. Mais pour la première fois, l’armée argentine a reconnu cette semaine que le bâtiment avait souffert d’avaries, probablement un court-circuit ponctuel dans les batteries, peut-on lire dans le quotidien LA NACION. Son confrère CLARIN révèle, lui, ce matin, que deux sources proches des opérations lui ont rapporté qu'un nouveau signal a été détecté hier, à partir duquel un nouveau périmètre de recherche a été établi dans l'Atlantique Sud. Mais l'information n'a pas encore été confirmée officiellement. Seule certitude, les jours et même les heures, désormais, sont comptés. En immersion complète (sans renouvellement de l’air) les réserves d’oxygène ne permettent de survivre que durant sept jours. Or cela fait, précisément, sept jours, aujourd'hui, qu'on est sans nouvelles du sous-marin.

Un autre mystère, ce matin, en partie élucidé. L’agence russe de météorologie a reconnu cette semaine qu’une concentration «extrêmement élevée» de ruthénium-106, mille fois supérieure à la normale, avait été détectée, fin septembre, dans plusieurs régions de Russie, avant que le nuage radioactif ne se fixe, le 29 septembre, dans tous les pays européens, de l’Italie jusqu'au nord de l’Europe. Une information qui vient confirmer les rapports de plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité. En revanche, hier, le conglomérat public russe Rosatom a assuré n'avoir enregistré «aucun incident ni panne» sur ses installations nucléaires. En d'autres termes, précise le correspondant du TEMPS, après plusieurs semaines de déni, la Russie reconnaît à présent, à demi-mot, être à l’origine de la pollution radioactive détectée dans toute l’Europe, mais continue à dissimuler la source et la raison exacte de cette fuite de ruthénium-106. On se rassurera, tant bien que mal, en se rapportant à l'avis des experts occidentaux qui, tous, s’accordent à dire que les doses ne présentent apparemment pas de danger, ni pour l’homme ni pour l’environnement. Toujours est-il que près de 30 ans après Tchernobyl, rappelle THE WASHINGTON POST, l'annonce d'hier soulève de nouvelles questions quant à l'engagement de la Russie en faveur de la transparence sur les questions nucléaires, mais aussi la question de savoir si les autorités ont traité de manière adéquate ce dernier incident. 

Et après le nuage radioactif, le nuage nucléaire. S'est-on jamais demandé quelles étaient les conséquences sur la population des six tests nucléaires menés depuis 2006 par la Corée du Nord, interroge DIE TAGESZEITUNG ? Le correspondant du quotidien berlinois rapporte que le ministère sud-coréen examine actuellement 30 réfugiés nord-coréens, originaires de la région où ont été menés, justement, ces tests, pour voir s'ils ont été contaminés par des rayonnements radioactifs. Selon un porte-parole du ministère, les résultats de ces examens seront disponibles d'ici la fin de l'année. Mais les indices d'une catastrophe sont déjà là, note le journal. Des témoignages font état de divers dégâts environnementaux, de malformations chez des nouveau-nés, de maux inexpliqués et de cas de leucémies. 

Et puis après avoir de nouveau placé, lundi, la Corée du Nord parmi les États considérés comme soutenant le terrorisme, on notera que Washington a annoncé, hier, de nouvelles sanctions ciblées contre des entreprises nord-coréennes, mais aussi chinoises, pour isoler encore davantage Pyongyang et, espèrent-ils, l'obliger à des négociations sur son programme nucléaire. En revanche, on attend toujours de possibles sanctions contre la firme américaine Apple, laquelle délocalise en Chine sa production de smartphones. Un article du FINANCIAL TIMES, repéré par le magazine Slate, nous apprend que plusieurs lycéennes chinoises, âgées de 17 à 19 ans, ont été employées de force sous couvert de stages, pour la production de l'iPhone X. Afin de répondre à la forte demande provoquée par le dernier-né d'Apple, six lycéennes disent avoir effectué des journées de 11 heures en moyenne, contre leur gré, dans une usine de Zhengzhou. L'une d'entre elles confie, notamment, avoir assemblé jusqu'à 1.200 caméras d'iPhone par jour.

Par Thomas CLUZEL

 

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