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Une figurine représentant le président américain, Donald Trump, devant un portrait peint de son homologue nord-coréen, Kim Jung-un

Qui va s'en occuper ?

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La Corée du Nord a annoncé mercredi avoir testé avec succès un nouveau type de missile balistique intercontinental, susceptible d'atteindre les Etats-Unis en tous points de leur territoire et a déclaré avoir achevé son objectif de devenir une puissance nucléaire.

Une figurine représentant le président américain, Donald Trump, devant un portrait peint de son homologue nord-coréen, Kim Jung-un
Une figurine représentant le président américain, Donald Trump, devant un portrait peint de son homologue nord-coréen, Kim Jung-un Crédits : ARTUR WIDAK / NURPHOTO

Nouvelle journée et nouvelle provocation. C'est ainsi que débute ce matin, un brin désabusé, l'éditorial du WASHINGTON POST, après que Pyongyang a procédé, cette nuit, à un énième tir de missile. Et comme à l'habitude, quand l'un joue avec le feu, l'autre lui répond qu'il n'a pas froid aux yeux. Après avoir promis «le feu et la fureur», après avoir menacé même de «détruire totalement» la Corée du Nord, le président américain a lancé cette fois-ci : «On va s'en occuper». C'est bon à savoir, note toujours le quotidien de Washington, même si en réalité cela n'est guère rassurant, dit-il, lorsqu'on sait que la menace vient de l'imprévisible chef de l'Etat rebelle Kim Jong-un. Sans compter que la propagande, du côté de la Corée du Nord, tourne ce matin à plein régime. A la télévision officielle, Pyongyang dit avoir réalisé son objectif historique, devenir un Etat nucléaire et assure, par ailleurs, que le nouveau missile lancé cette nuit est capable de frapper la totalité du continent américain. Bien sûr, on connaissait déjà la rhétorique de la Corée du Nord, digne des meilleures cours de récréation, écrit l'éditorialiste, mais ce que le monde souhaiterait connaître à présent c’est : comment fait-on pour sortir de cet engrenage infernal ? Désormais ce que nous attendons c'est qu'on nous apporte, enfin, la preuve que le monde n'est pas à la veille d'une nouvelle destruction. Récemment, Donald Trump nous a assuré avoir persuadé son ami golfeur, le président chinois, que la situation était aujourd'hui désastreuse ; il a répété haut et fort que les États-Unis ne permettraient pas à la Corée du Nord de se doter d'armes nucléaires. De retour de son voyage asiatique il avait même lancé : «L'avenir n'a jamais paru aussi radieux». Ce matin, avec cette nouvelle humiliation, c'est peu de dire que son discours n'est plus franchement teinté du même optimisme.

Lui, dit qu'il va s'en occuper et force est de constater qu'il est aujourd'hui le véritable maître du jeu. Lui, c'est Vladimir Poutine. Hier, la Russie (alliée militaire et politique de Damas) a finalement convaincu le régime d'envoyer une délégation à Genève, où se tient depuis hier un huitième cycle de pourparlers, sous l'égide l'ONU. La délégation officielle syrienne est attendue ce matin. Et puis gage, là encore, de bonne volonté, le représentant russe a également annoncé l'instauration d'un cessez-le-feu avec l'armée syrienne dans la Ghouta orientale, cette région rebelle proche de Damas. A présent, après avoir gagné la guerre, en apportant une contribution majeure à l’écrasement de l’opposition syrienne, Vladimir Poutine veut donc gagner la paix. À quelques mois de l’élection présidentielle, le chef du Kremlin veut se débarrasser de la guerre en Syrie, peut-on lire dans le magazine SLATE. Car si au début, elle lui a apporté un regain de popularité, désormais, un succès diplomatique témoignant du retour de la Russie parmi les «Grands» serait plus gratifiant pour lui qu’une guerre qui s’enlise. Poutine a notamment convaincu Bachar el-Assad qu’il n’avait d’autre choix que de faire des concessions. Voilà comment le chef du Kremlin avance aujourd'hui ses pions, en se plaçant en position de principal artisan d’une solution politique. Il faut dire que Donald Trump, après avoir donné l’impression de vouloir s’y engager (en frappant une base militaire en avril dernier), se désintéresse totalement de la Syrie. Quant aux Européens, il y a longtemps qu'ils ne comptent plus. Moscou est désormais seul maître du jeu.

De leur côté, les Rohingyas se demandent toujours, ce matin, qui va bien s'occuper d'eux. Et a priori ce ne sera pas le Pape François, pourtant en visite officielle en Birmanie. Hier, lors de sa rencontre avec la leader Aung San Suu Kyi, précise l'organisation DEMOCRATIC VOICE OF BURMA, le souverain pontife a appelé au respect «de toutes les ethnies» et insisté sur l’importance de la «coexistence fraternelle», sans jamais toutefois prononcer le mot «Rohingyas». Quoi qu'il en soit, l’exode des Rohingyas a remis d’actualité le plan du Bangladesh d’installer une partie des réfugiés musulmans sur une île inhabitée. Hier, précise LE TEMPS, Dacca a donné son feu vert à l’aménagement d’une île déserte du golfe du Bengale, pour y parquer des réfugiés rohingyas, un projet controversé, décrié notamment par les défenseurs des droits de l’homme. Les opposants au projet dénoncent non seulement l’isolement du lieu mais aussi les conditions naturelles hostiles de cet îlot désert, sujet à des inondations lors d’importantes marées. Sans compter que les besoins en infrastructures pour mener à bien ce plan sont aujourd'hui énormes.

Direction l'Afrique, à présent, où parce que leurs familles n'ont plus les moyens de s'occuper d'elles, de plus en plus de jeunes filles n'ont pas d'autres solutions que de se marier.C'est la manifestation la plus palpable du changement climatique, écrit THE GUARDIAN. Partout la même histoire, malheureusement trop familière. Les températures augmentent, les pluies se font plus rares, plus tardives, imprévisibles, et les familles se retrouvent sur la paille. Celles qui auraient pu nourrir leurs enfants et les envoyer à l'école n'en ont plus les ressources. Dès-lors, elles cherchent une dernière solution pour ne pas dépérir : les voilà contraintes à marier leurs plus jeunes filles. Une bouche de moins. Et c'est ainsi, raconte le quotidien britannique, que le réchauffement climatique engendre, à présent, une nouvelle génération d'enfants mariés. Au Mozambique, notamment, où 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté, près d'une fille sur deux se marie avant 18 ans, et une sur sept avant 15 ans. 

Enfin, lui a jugé qu'il devait s'en occuper lui-même, lui, c'est le ministre allemand de l'Agriculture. Hier, Angela Merkel a rappelé à l'ordre Christian Schmidt pour avoir, sans concertation préalable, permis l'autorisation du glyphosate en Europe. Manière pour la chancelière de rejeter les accusations selon lesquelles elle était au courant du plan échafaudé par son ministre. D'où la question posée ce matin par la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG : l'approche solo de Christian Schmidt était-t-elle été planifiée depuis longtemps ? Selon le journal, des documents internes tendraient à prouver que depuis le mois de juillet dernier le ministre de l'Agriculture examinait les possibilités de voter la proposition de la Commission européenne, en dépit de la résistance du ministère de l'Environnement. Et toute la presse outre-Rhin se montre furieuse, ce matin, à l’instar de la TAZ, avec à sa Une un dessin de main, le pouce levé, sous ce titre : le glyphosate reste et … le ministre aussi.

Par Thomas CLUZEL

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