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Ali Bongo Ondimba est candidat à sa succession

Revue de presse internationale : Risque de dérapage au Gabon à la veille de l'élection présidentielle

5 min

Le Gabon risque-t-il de sombrer dans la violence à l'approche de l'élection présidentielle du 27 août. La presse panafricaine se pose la question. La revue de presse de Sébastien Berriot.

Ali Bongo Ondimba est candidat à sa succession
Ali Bongo Ondimba est candidat à sa succession Crédits : maxppp - Maxppp

Dans une Afrique centrale en proie aux conflits quasi-permanents, le Gabon a toujours été considéré comme un îlot de stabilité épargné par les violences. Mais depuis quelques mois à l'approche de l'élection présidentielle, le pays semble de plus en plus tiraillé. La presse panafricaine évoque ouvertement un risque de dérapage. Dernier exemple en date rapporté par BBC Afrique sur son site internet, une violente répression opérée par les forces de sécurité à Libreville lors d'une marche pacifique de l'opposition. Plusieurs personnes ont été arrêtées et incarcérées. Des policiers encagoulés précise BBC Afrique ont porté des coups à des journalistes.

Evidemment ce n'est pas la première fois au Gabon que les forces de l'ordre s'en prennent à l'opposition, mais à 23 jours du scrutin présidentiel, le pouvoir du président Bongo semble fragilisé et il a visiblement choisi de ne pas laisser faire.

"Le Palais du bord de mer fébrile" titre La lettre du Continent. Le 27 août Ali Bongo aura face à lui pas moins de 13 candidats. Une opposition qui n'est pas unie mais qui se retrouve sur ce qui est devenu aujourd'hui l'unique thème de campagne, l'état civil du chef de l'état .

Les opposants affirment que le dirigeant gabonais était un enfant nigérian, du Biafra, lorsqu'il a été adopté par son père Omar Bongo à la fin des années 60. Il est soupçonné d'avoir falsifié son acte de naissance pour pouvoir se présenter à la présidentielle, car la constitution impose à tout candidat d'avoir une origine gabonaise incontestée.

Fin juillet la cour constitutionelle a rejeté sans surprise le recours déposé par plusieurs candidats de l'opposition. Mais, comme l'écrit le site Gabon Eco, les opposants sont déterminés à aller jusqu'au bout. Une nouvelle audience est prévue ce jeudi devant la cour d'appel. Là c'est un autre candidat à la présidentielle et également cousin germain d'Ali Bongo qui conteste la nationalité gabonaise du chef de l'état. Il va demander à avoir accès aux différents documents d'état civils produits par Ali Bongo depuis 1990.

Pour le journal Soir Info d'Abidjan, c'est le syndrome de l'Ivoirité qui vient aujourd'hui menacer le Gabon. On a l'impression, écrit le quotidien, qu'il se vit aujourd'hui à Libreville, ce que la Côte d'Ivoire a connu il y a une quinzaine d'années quand la candidature de l'opposant Alassane Ouatara était remise en cause par le président de la république de l'époque Henri Konan Bedié, en raison de ses origines burkinabées. Cela avait conduit la Côte d'Ivoire dans une période de troubles. Il n'est pas exagéré de dire, conclu l'éditoraliste que le même danger guette aujourd'hui le Gabon. Il y a quelques jours, un haut responsable de l'ONU en visite à Libreville exprimait d'ailleurs sa profonde préoccupation.

La presse du continent  tente de savoir si l'opposition a réellement une chance de l'emporter. La lettre du Continent explique qu'Ali Bongo est c'est vrai dans une situation délicate. Le président a perdu en popularité, il a été lâché par une majorité de barons de son parti, mais il a face à lui une opposition complètement désunie et inefficace. Tout le monde sait que les opposants, écrit Jeune Afrique , se détestent entre eux autant qu'ils détestent le chef de l'état.

Parmi les candidats susceptibles de gêner Ali Bongo, il y a Jean Ping, 74 ans qui bénéficie d'une stature internationale.Il a été ministre des affaires étrangères et a surtout occupé le poste prestigieux de président de la commission de l'Union Africaine. Mais Jean Ping a des ennuis avec la justice dans une affaire de diffamation et d'incitation à la haine.

Pour le correspondant de la Deustche Welle en Afrique centrale, Ali Bongo part, dans ce contexte, en position de favori. Avec un soutien qui n'est pas officiel, mais qui est évident : celui de la France. Le régime gabonais est depuis toujours au coeur  du système de la Franceafrique et visiblement ça ne va pas changer, malgré une mini-crise diplomatique en début d'année lorsque Manuels Valls avait laissé entendre qu'Ali Bongo n'avait pas été élu démocratiquement en 2009.

Ali Bongo qui s'exprime cette semaine dans les colonnes de Jeune Afrique. Une longue interview dans laquelle il confirme qu'effectivement des dérapages et  des violences sont à craindre dans le pays en raison dit il de la stratégie de l'opposition.

Sur la contestaion de ses origines gabonaises le président parle de balivernes. Pour Ali Bongo cela prouve que son bilan est bon , même s'il reconnait des lacunes dans le rythme des réformes pour que le pays ne dépende plus seulement du pétrole.

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