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Pénurie d'eau dramatique dans la ville du Cap, en Afrique du Sud

Comme autant de scénarios de fillms

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Un compte-à-rebours dramatique à débuter dans la ville sud-africaine du Cap, frappée par sa pire sécheresse depuis un siècle. Le 16 avril, les 4 millions d’habitants pourraient être privés d’eau courante.

Pénurie d'eau dramatique dans la ville du Cap, en Afrique du Sud
Pénurie d'eau dramatique dans la ville du Cap, en Afrique du Sud Crédits : KRISTIN PALITZA / DPA

En Afrique du Sud, tout d'abord, «Day Zero» (le jour zéro) comme on l'appelle là-bas aurait pu, tout aussi bien, être rebaptisé le «The Last Day», tant ce qu'il désigne s'apparente au scénario éculé de ces films catastrophes, mêlant tout à la fois futur post-apocalyptique et lutte de chacun pour sa propre survie. Dans la ville côtière du Cap, le «jour zéro» est fixé au 16 avril prochain. Ce jour-là, les 4 millions de cette mégapole tentaculaire, la deuxième ville la plus peuplée du pays, n'auront plus d’eau courante. Et dans l'état actuel des choses, écrit THE DAILY MAVERICK, le défi dépasse tout ce qu'une grande ville a eu à affronter dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale ou le 11 septembre. «Nous sommes au-delà du point de non-retour», a d'ores et déjà prévenu le maire. De sorte que le compte à rebours à commencer. A court terme, insiste toujours le journal, il n'y a plus qu'une seule solution : nous devons économiser l'eau comme si nos vies en dépendaient, parce que c'est le cas. Et c'est ainsi que, depuis hier, les habitants sont donc appelés à ne plus consommer que 50 litres par jour et par personne, soit l’équivalent d’une douche quotidienne de trois minutes. Dans les colonnes du NEW YORK TIMES, un habitant raconte : «nous avons déjà des seaux sous chaque robinet pour recueillir l'eau du lavage des mains ou du brossage des dents et que nous utilisons, ensuite, pour les toilettes. Dans les cafés et les restaurants, des pancartes indiquent aux clients de ne tirer la chasse d'eau que lorsque c'est nécessaire. Les vêtements sont portés plusieurs fois avant d'être lavés. Enfin la douche est devenue un rituel rare. Les stations de radio ont même mis en place des playlists de chansons d'une durée de deux minutes maximum, pour encourager les gens à se laver rapidement». Et c'est ainsi, écrit toujours le quotidien américain, que Le Cap apparaît désormais à l'avant-garde de ce qui est susceptible de devenir notre nouveau mode de vie. Des expériences comme celles-ci, qui remettent en question notre perception de ce dont nous avons besoin et de ce qui est précieux, dit-il, sont comme un entraînement pour l'avenir. Quoi qu'il en soit, pour rétablir la situation, précise une chercheuse interrogée dans les colonnes du TEMPS, il faudrait des mesures sur cinq ou dix ans, alors que les autorités ont moins de trois mois devant elles. En clair, les autorités sont aujourd'hui engagées, dit-elle, dans une course contre la montre qu’elles ne peuvent pas gagner.

Direction les Etats-Unis, cette fois-ci, avec un scénario digne des meilleurs thrillers politiques. Le président américain devrait, a priori, autoriser aujourd'hui la publication d'un mémo confidentiel, selon lequel le FBI (et donc le ministère de la Justice dont il dépend) se serait appuyé sur des informations controversées, rassemblées par un ancien espion britannique, pour obtenir l’autorisation de placer sous surveillance un ex-conseiller de l'équipe de campagne de Donald Trump, dans le cadre des investigations sur les ingérences russes lors de la présidentielle. De sorte, écrit THE WASHINGTON POST, que l'on assiste aujourd'hui à un conflit ouvert entre le président des Etats-Unis d'un côté et le FBI de l'autre, c'est-à-dire une agence de sa propre administration, dirigée par un homme qu’il a lui-même nommé. Ce dernier, Christopher Wray, a pourtant tenté de convaincre Trump et son équipe de ne pas publier le fameux mémo. En vain. Mais alors pourquoi le président est-il favorable à la publication de cette note hautement explosive ? La réponse est, sans doute, à trouver dans une tribune signée par trois dirigeants d’ONG américaines et publiée dans les colonnes de POLITICO, repéré par le Courrier International. Selon eux, cette note serait une étape de plus dans une entreprise, qui dure depuis huit mois maintenant, visant à discréditer l’enquête russe. Concrètement, Trump pourrait être tenté d'utiliser ce document pour limoger le ministre adjoint de la Justice, lequel a nommé le procureur spécial Mueller en charge de l'enquête russe. Or si le président utilisait ses pouvoirs pour le remplacer par quelqu’un à sa botte, cette personne pourrait tout simplement étouffer l’enquête, s’alarment les contributeurs de POLITICO. Ainsi, la stratégie du camp Trump paraît très claire : la meilleure défense, c’est l’attaque. Problème : le président risque, du même coup, de se rendre coupable d’obstruction à la justice. Enfin malgré la détermination du camp républicain, les démocrates ont tout de même lancé une ultime tentative pour empêcher la publication de la note. Cette semaine, précise à nouveau THE WASHINGTON POST, le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a été accusé par son collègue démocrate d’avoir apporté des «changements substantiels» à ladite note, avant de l’envoyer à la Maison-Blanche. En clair, le document aurait été modifié, alors que sa diffusion avait déjà été approuvée par la commission. De quoi ajouter, un peu plus encore, à la controverse.

Enfin, à Cuba, là c'est le futur biopic du président Castro qui a connu un nouveau rebondissement.Le camarade Fidel Castro Diaz-Balart s'est suicidé, titre ce matin le quotidien officiel GRANMA. Le fils aîné de l'ex-président, suivi par un groupe de médecins depuis plusieurs mois en raison d'un état profondément dépressif, a mis fin à ses jours hier matin à l'âge de 68 ans, précise de son côté le site CUBADEBATE. Et selon la BBC MUNDO, l'annonce de sa mort (15 mois seulement après celle de son père) aurait littéralement assommé les Cubains. Il faut dire, aussi, que la presse officielle fournit rarement des informations détaillées sur les causes des décès, en particulier lorsqu'il s'agit de suicides. Connu sous le diminutif de «Fidelito», rappelle pour sa part le magazine NEWSWEEK, ce diplômé de l'Institut des sciences et de la technologie nucléaire de l'ex-Union soviétique n'avait jamais assumé de fonction politique. En revanche et bien malgré lui, il avait participé, lui aussi, à la saga familiale. Né d'un premier mariage, il s'était ainsi retrouvé au beau milieu d'une véritable bataille entre Fidel Castro et sa première femme, pour savoir qui des deux obtiendrait la garde de l'enfant. Le fondateur de la révolution l'avait finalement emporté. 

Par Thomas CLUZEL

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