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Les "Coldstream Guards", régiment d'infanterie faisant partie de la garde royale britannique

Qui aura le plus besoin d'un bon traitement ?

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Le mariage du prince Harry pourrait rapporter 500 millions de livres à l'économie britannique grâce à l'afflux de touristes qui viendront assister aux festivités. De son côté, un élu local de Windsor a créé la polémique en demandant à la police d'agir contre la «mendicité agressive».

Les "Coldstream Guards", régiment d'infanterie faisant partie de la garde royale britannique
Les "Coldstream Guards", régiment d'infanterie faisant partie de la garde royale britannique Crédits : BEN STANSALL / POOL - AFP

En Grande-Bretagne, si 2018 devrait continuer de rimer avec Brexit, pour autant, la nouvelle année sera aussi l'occasion pour les britanniques de redécouvrir les joies du contrat conjugal, à l'occasion d'une immense fête populaire. Ce sera le 19 mai prochain. Ce jour-là, dans la chapelle du château de Windsor, le prince Harry et sa fiancée Meghan Markle vont se dire oui. Et assez logiquement, on imagine qu'à l'approche du mariage royal, le niveau d’intérêt touristique de la ville de Windsor devrait rapidement être démultiplié. C'est ainsi que pour «présenter sa ville sous son meilleur jour», Simon Dudley, le chef de la circonscription de Windsor a envoyé cette semaine une lettre à la police locale, dans laquelle il demande expressément aux forces de l'ordre d'intervenir pour éloigner … les sans-abris. Dans cette missive, rendue publique hier, il évoque notamment «l’accumulation de détritus» dans les rues, mais aussi des cas de «mendicité agressive». Sa requête a aussitôt provoqué de vives réactions, jusqu’au sommet de l’État, précise THE GUARDIAN. En particulier, la Première ministre, Theresa May, a publiquement désavoué Simon Dudley. 

Et puis Theresa May, toujours elle, s'excuse, titre en Une ce matin THE GUARDIAN, s'agissant cette fois-ci de la situation à l'hôpital publique, qui se retrouve sous une pression sans précédent en ce début d’hiver. Le service public de santé, qui a valeur de religion nationale au Royaume-Uni, s’est vu dans l’obligation de reporter toutes les interventions chirurgicales non urgentes jusqu’au 31 janvier (soit 55 000 opérations) et d’annuler toutes les interventions ambulatoires, précise THE NEW STATESMAN, cité par le Courrier International. D'où cet avertissement lancé de son côté par THE TIMES : les politiques doivent agir et agir maintenant. Car lorsque cette crise sera passée, alors on commencera seulement à compter les jours jusqu’à la prochaine. 

Direction l'Allemagne, à présent, où le chômage a baissé à un niveau historique. La première économie européenne a annoncé, cette semaine, que son taux de chômage était passé sous la barre des 6%, un record depuis la réunification entre l’est et l’ouest. Et devant ces chiffres éblouissants, constate la DEUTSCHE WELLE, les ministres du Travail du gouvernement fédéral et des Länder se frottent évidemment les mains. Sauf qu'il ne faudrait pas se laisser bercer par les chiffres de l'Agence pour l'emploi, prévient aussitôt la MITTELBAYERISCHE ZEITUNG, car cela ne va pas continuer ainsi, anticipe d’ores et déjà le journal de Bavière. Pourquoi ? Notamment parce que l'Allemagne souffre d'une démographie défavorable. Ce qui signifie que pour faire face au vieillissement de sa population, le pays devrait continuer à faire appel à l'immigration, pour remplir ses bureaux et ses usines. Or la population y semble de plus en plus défavorable. 

Et ce n'est sans doute pas l'étude commandée par le Ministère de la famille et publiée cette semaine qui devrait arranger les choses. On y apprend, en substance, qu'en Basse-Saxe la criminalité a augmenté avec le nombre de migrants. Afin d'éviter toutefois les amalgames, les auteurs de cette étude insistent sur plusieurs points. Tout d’abord, peut-on lire dans les colonnes du TEMPS, on sait que les actes violents sont, partout dans le monde, principalement le fait d’hommes jeunes (âgés de 14 à 30 ans). Or c'est justement le groupe d’âge le plus représenté chez les réfugiés. Par ailleurs, il est avéré que les crimes sont deux fois plus souvent déclarés à la police lorsque leur auteur est … un étranger. Enfin, il faut également opérer une distinction en fonction des origines géographiques. Les Syriens, les Irakiens et les Afghans, qui bénéficient le plus souvent de titres de séjour posent peu de problèmes, car ils ne veulent en aucun cas compromettre leur situation, à la différence des réfugiés d’Afrique du Nord qui, eux, n’ont que de très faibles chances d’être légalisés. Or ce dernier groupe, qui ne représente que 0,9% des réfugiés en Basse Saxe est responsable de 31% des vols commis dans la région. C'est la raison pour laquelle les auteurs de ce rapport se prononcent donc en faveur d’un véritable programme d’intégration en faveur des réfugiés, qu’ils soient ou non appelés à rester à long terme en Allemagne. Et puis dans la même veine, ils se prononcent en faveur du regroupement familial, y compris pour les réfugiés sans perspective de séjour à long terme dans le pays. Reste que ce sujet pourrait bien devenir le principal point d’achoppement entre chrétiens et sociaux-démocrates, dans les discussions qui doivent débuter lundi, en vue de former le prochain gouvernement.

Et puis aux Etats-Unis, la publication d'extraits du livre polémique "Feu et fureur à l'intérieur de la Maison-Blanche" continue de faire des vagues. Toute la journée d'hier, les avocats du président américain ont tenté de faire interdire la publication du livre. En vain, puisque la sortie du brûlot, initialement prévue mardi prochain, a été avancée à aujourd'hui. «Et voilà. Vous pouvez désormais l'acheter (et le lire). Merci, monsieur le président», a notamment lancé son auteur Michael Wolff sur Twitter. Qu'en sera-t-il, en revanche, des avertissements lancés à Steve Bannon ? Selon THE WALL STREET JOURNAL, un avocat de Trump lui a adressé, la semaine dernière, une mise en demeure écrite, l’accusant d’avoir enfreint l’accord de confidentialité qui le liait à la Maison Blanche et d’avoir diffamé le président. Fidèle à son style toujours provocateur, l'ex conseiller a simplement répondu qu’il soutenait toujours Donald Trump : «le président des Etats-Unis est un grand homme» et «je le soutiens sans relâche»,  a-t-il lancé sur l'antenne de SIRIUS XM RADIO. D'où cette question soulevée par THE GUARDIAN : qu’est-ce que toute cette histoire peut bien vouloir dire ? Réponse : que nos espoirs de voir cette nouvelle année être celle du retour à la raison et à la normalité sont d'ores et déjà enterrés.

Enfin, plus largement, l'appétit décidément insatiable de Trump pour le saccage politique, a remis au goût du jour l'obsession grandissante sur sa santé mentale, peut-on lire sur le site POLITICO ainsi qu'en Une du TIMES ce matin. Sauf que le président ne semble pas être le seul à souffrir de troubles mentaux. C'est ainsi, par exemple, nous raconte le magazine SLATE, qu'après le Tweet de Donald Trump sur son «gros bouton» nucléaire, les commandes de pilules de iodure de potassium (utilisées pour empêcher les substances radioactives de se déposer sur la thyroïde) ont explosé aux Etats-Unis, en particulier, dans les États de la côte Ouest ainsi qu'à Hawaii, en raison de leur proximité avec l'Asie. 

Par Thomas CLUZEL

     

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