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Martin Schulz, réélu à la tête du parti social démocrate allemand (SPD)

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises

5 min
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Les membres du Parti social-démocrate allemand (SPD) réunis en congrès à Berlin ont voté massivement, hier, en faveur de l'ouverture de discussions avec le bloc conservateur (CDU-CSU) d'Angela Merkel, sur la formation d'un gouvernement.

Martin Schulz, réélu à la tête du parti social démocrate allemand (SPD)
Martin Schulz, réélu à la tête du parti social démocrate allemand (SPD) Crédits : JOHN MACDOUGALL - AFP

L’Allemagne semble se rapprocher, péniblement, d'une sortie de crise. Hier soir, après des heures de débats controversés écrit la FRANKFÜRTER ALLGEMEINE ZEITUNG, les sociaux-démocrates ont, en effet, accepté l'ouverture de discussions avec la CDU d’Angela Merkel, en vue de former le prochain gouvernement. Ou dit autrement, on prend les mêmes et on recommence. Reste que la sortie du tunnel pour Berlin n'est pas encore pour demain. La première phase des pourparlers commencera mercredi prochain, précise toujours le journal de Francfort, mais les négociations officielles, elles, attendront le mois de janvier. Et puis surtout, si le principe de ces discussions a été approuvé, hier, à une large majorité par les délégués du parti, pour autant, l'ambiance n'était pas franchement à la fête, note la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Après avoir été laminé lors des dernières élections, le SPD reste marqué par la peur. Martin Schulz a, d'ailleurs, lui-même prévenu qu'il monnayerait, au prix fort, sa participation au pouvoir. En attendant, les anti-grande coalition, eux, sont furieux, à l'instar de l'hebdomadaire de gauche DER FREITAG, lequel estime qu'en s'engageant ainsi sur la voie du dialogue avec les conservateurs, la social-démocratie se réduit elle-même à néant.

Et de l'autre côté de la Manche, aussi, l'horloge continue de tourner. 4 jours après le fiasco de la rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker, censée mettre un terme à la première phase des discussions sur le Brexit, une nouvelle réunion a lieu ce matin. Le point d’achoppement demeure la frontière irlandaise. La rencontre a débuté il y a quelques minutes. Seule certitude, ce matin, à lire les commentaires dans la presse : la Première ministre britannique est en fâcheuse posture. Pour LA REPUBBLICA l'affaire est même entendue. La question irlandaise lui sera fatale. Pourquoi ? Parce que c'est comme si Theresa May était, aujourd'hui, entre le marteau et l'enclume. En clair, soit elle définit un statut spécial pour l'Irlande du Nord, auquel cas elle se mettra à dos les unionistes protestants, c'est-à-dire la poignée de députés grâce auxquels elle détient la majorité au Parlement et qui, le cas échéant, n'hésiteront pas à la renverser. Soit la Première Ministre accède à la demande des unionistes, auquel cas il n'y aura pas d'accord avec l'UE. Bref, quand THE DAILY TELEGRAPH dit craindre, à son tour, la chute du gouvernement, son confrère suédois UPSALA NYA TIDNING croit savoir, de son côté, que le ministre des Affaires étrangères (Boris Johnson) se préparerait, déjà, à l'éventualité d'un échec de Theresa May. 

En Pologne, cette fois-ci, le bruit circulait depuis des semaines que la Première ministre était sur un siège éjectable. Et depuis hier, c'est chose faite. Le parti conservateur au pouvoir a décidé de la remplacer par un homme.Son nom : Mateusz Morawiecki. A 49 ans, cet ex-banquier à lunettes et à l'allure juvénile de gendre idéal était depuis l'an dernier ministre des Finances. Problème, la presse ne semble toujours pas trouvée d'explication valable au départ de l'ex Première ministre. Les médias favorables au gouvernement, à l'instar du portail WPOLITYCE, estiment que l'économie se porte à merveille, que la Pologne, hier à genoux, se relève. Seule explication finalement avancée par GAZETA WYBORCZA : en Pologne, le rôle du Premier ministre est celui d'un simple exécutant. Et le spectacle qu'on nous joue, intitulé «remaniement ministériel», en dit long, en réalité, sur la nature profonde de la politique de Kaczyński. Elle dévoile les enjeux véritables, comprenez satisfaire les quatre volontés de Monsieur le président du parti. Rien de plus. Comme un gamin gâté, écrit le journal, qui jouerait avec ses cubes, démolirait avec un entêtement fanatique ce qu'il vient de construire, pour remonter un édifice, qu'il ne tardera sans doute pas à redétruire.

Lui n'est pas banquier mais milliardaire. Lui, c'est le nouveau Premier Ministre tchèque. Après la victoire de son mouvement lors des législatives d’octobre, le magnat de l’agroalimentaire, de la chimie, des médias et de la santé, Andrej Babis, deuxième fortune du pays, a enfin réalisé son rêve. Et c’est plutôt singulier, ironise aussitôt le journal ECHO24 repéré par le Courrier International. Pourquoi ? Parce qu'il s’agit du Premier ministre le plus âgé de tous les temps. Mais surtout, il est le premier chef de gouvernement de l'histoire poursuivi en justice. Babis a, en effet, été mis en examen pour le détournement de fonds européens, qui auraient servi à la construction de son complexe hôtelier situé au sud de Prague. Pour autant, il ne devrait pas être inquiété, puisque la Chambre des députés (composée de 200 membres, dont 78 issus de son mouvement) sera, a priori, réticente à le livrer à la justice. En revanche, c’est sur le front politique que le nouveau Premier ministre devra affronter ses plus gros ennuis. Pendant la campagne électorale, la majorité des partis ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à un gouvernement dirigé par un homme poursuivi en justice. En d'autres termes, il ne pourra présenter qu'un gouvernement minoritaire. Ce qui signifie que lors du vote de confiance, prévu en janvier 2018, il lui manquera un attribut essentiel à tout gouvernement, écrit LIDOVE NOVINY : une majorité parlementaire.

Enfin on termine ce tour d'Europe, ce matin, avec le président bulgare. Il était reçu en début de semaine à l'Elysée. Et avant de repartir, il s'est vu offrir un petit cadeau.Une sorte de cerise sur le gâteau, un «cadeau qui ne se refuse pas», selon le principal intéressé : un tour en Rafale. Avec une précision de taille, Roumen Radev, ex-général d’aviation, n’allait pas se contenter de jouer les passagers, il allait lui-même piloter l’avion. Pour rappel, en 2016, la Bulgarie avait décidé d’acheter huit avions de combat. Mais la procédure n’a toujours pas abouti. Finalement, l’événement a eu lieu mercredi. Le président a pris place dans un modèle biplace, pour un vol d’entraînement de près d’une heure, pendant lequel l’avion a notamment attaqué des cibles au sol et mené un combat aérien. Redescendu à terre, Roumen Radev s’est dit époustouflé par la machine, qui aurait, selon ses mots, dépassé toutes ses attentes. «C’est vraiment un avion incroyable», a-t-il dit, avant de préciser qu’il avait lui-même «tenu les commandes de l'appareil pendant presque tout l’exercice». Le pilote français, lui, relate une version légèrement différente. Mais peu importe : Regardez comment notre président dompte le Rafale !, a notamment titré dès le lendemain le quotidien TROUD. En revanche, à la question de savoir si la Bulgarie n’allait pas, finalement, craquer pour des Rafale pour renouveler sa flotte, pas de réponse. Encore raté.

Par Thomas CLUZEL

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