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Pour le patron de l'armée Birmane, il n'y a pas de Rohingyas en Birmanie

Rohingyas : l'armée birmane assume le nettoyage ethnique

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En Birmanie l'armée semble vouloir assumer sa campagne de nettoyage ethnique à l'encontre des Rohingyas ; A Cuba les Etats-Unis parlent de refermer leur ambassade et au Pakistan la famille du Premier Ministre déchu Nawaz Sharif remporte un scrutin considéré comme crucial.

Pour le patron de l'armée Birmane, il n'y a pas de Rohingyas en Birmanie
Pour le patron de l'armée Birmane, il n'y a pas de Rohingyas en Birmanie Crédits : MYANMAR ARMED FORCES - AFP

Par Eric Biegala

En Birmanie, un général est sorti de sa réserve ce week-end... et pas n'importe lequel : nul autre que Min Aung Hlaing le tout puissant patron de l'armée birmane qui s'est fendu hier d'un message sur son compte Facebook dans lequel il explique que l'opération militaire en cours dans l'Etat Rakhine - que les Nations Unies ont caractérisé comme une campagne classique de "nettoyage ethnique" poussant vers le Bangladesh près de 400 000 Rohingyas - que cette campagne n'était que la réponse aux attaques "d’extrémistes Bengalis du 25 août ; ils ont demandé à être reconnus en tant que Rohingyas, lesquels n'ont jamais constitué un groupe ethnique en Birmanie", écrit le général Min Aung Hlaing. Les Rohingyas de Birmanie ont, en fait, été déchus de leur citoyenneté dans les années 80.

Dans le Huffington Post, Mark Farmaner le directeur de l'ONG Burma Campaign UK relève que s'il existe en Birmanie une personne qui peut arrêter cette campagne de nettoyage ethnique : ce n'est pas Aung San Suu Kyi, c'est bien le général Min Aung Hlaing... Un général qui ,"avant même cette dernière offensive, était déjà sous le coup d'une enquête onusienne pour crime de guerre et crime contre l'humanité", mais poursuit, Mark Farmaner, cela n'a pas empêché Barack Obama en octobre dernier "de lever toutes les sanctions américaines" le concernant tandis qu'en Europe, "le gouvernement britannique entraîne son armée et que l'Allemagne ou l'Autriche lui ont récemment déroulé le tapis rouge... pour discuter d'accords de coopération militaires et aussi de gros contrats d'armements. Le général Hlaing devrait plutôt être traité en paria", conclu Mark Farmaner... "et le conseil de Sécurité de l'ONU transmettre son dossier à la Cour Internationale de Justice"...

A Cuba, un peu plus de deux ans après avoir rouvert son ambassade à la Havane - laquelle avait été fermée pendant 54 ans - le Département d'Etat américain parle aujourd'hui... de la refermer ! C'est Rex Tillerson , le patron de la diplomatie américaine qui a évoqué cette possibilité hier dans l'émission de CBS Face The Nation ; le State Department, en effet, évalue actuellement la possibilité de refermer cette ambassade après une épidémie d'attaques visant les diplomates américains sur l'île. Des attaques particulièrement mystérieuses, perpétrées à l'aide d'ondes sonores dans les habitations personnelles des diplomates voire dans certaines chambres d'hôtel occupées par eux... En tout 21 diplomates depuis un an ont été ainsi directement visés, certains devant être rapatriés d'urgence et hospitalisés, soufrant de traumatismes moyens ou graves. Pour autant personne ne semble en mesure de préciser la nature de ces attaques, ni leurs responsables.

En mai dernier, rappelle Associated Press, "deux diplomates cubains ont été expulsés des Etats-Unis en protestation contre l'impuissance des autorités cubaines à assurer la sécurité des diplomates américains, mais, souligne encore l'agence de presse, les Etats-Unis ont fait bien attention de ne pas accuser directement la Havane, signe que les enquêteurs estiment que même si certains Cubains ont pu être impliqués, l'ordre n'émanait pas forcément du sommet de l'Etat" cubain.

D'autant que les Américains n'ont pas été les seules victimes : "au moins cinq familles de diplomates canadiens ont été également visées", relève la chaîne canadienne CBC qui remarque que "le fait que des diplomates canadiens et américains aient été visés est assez évocateur"... car les relations des deux pays avec Cuba sont totalement différentes, le Canada ayant toujours gardé de bonnes relations avec Cuba ; Or, "un autre pays a souvent été cité relativement à ces attaques : la Russie qui dispose d'une large présence à Cuba, qui entretient de très mauvaises relations avec à la fois les Etats-Unis et le Canada, et qui a une longue histoire de coups fourrés et autres harcèlements vis à vis des diplomates étrangers... Le fait que les attaques de la Havane semblent avoir utilisé des technologies inconnues et, partant, plutôt sophistiquées, pointe également en direction d'une hypothèse russe... Mais jusqu'à présent, ont confié plusieurs sources à CBC News, les enquêteurs ne sont toujours pas capables de désigner clairement un responsable"...

Enfin au Pakistan, la famille de Nawaz Sharif, le premier ministre déchu, a remporté une élection considérée comme cruciale ce week-end : une élection partielle, dans la circonscription de Lahore jusque là détenue par Nawaz Sharif et désormais vacante depuis son éviction du pouvoir. Une éviction intervenue en juillet dernier, la Cour Suprême pakistanaise ayant démis le premier ministre de ses fonctions et mandats, suite à des allégations de corruption.

Ce week-end à Lahore, c'était donc la propre épouse de Nawaz Sharif qui concourait : Kulsoom... qui concourrait in absentia, elle-même se trouvant à Londres, pour un traitement médical en compagnie de son ancien premier ministre de mari. C'est donc leur fille Maryam, 43 ans, qui a conduit la campagne sur le terrain et qui, rapporte le site de la télévision pakistanaise Geo-TV s'est fendue du communiqué de victoire, remerciant les électeurs pour cette gifle "infligée aux conspirateurs qui ont voulu se débarrasser de Nawaz Sharif".

Alors, certes, relève pour sa part le Wall Street Journal, c'est bien le parti de Nawaz Sharif qui a remporté cette élection partielle, dans une circonscription qui pourrait bien refléter ce qui se passera au niveau national lors des Législatives de l'an prochain, "mais le parti d'opposition, dirigé par (l'ancienne star du cricket) Imran Kahn a amputé de moitié la marge de victoire de Nawaz"... c'est exactement ce qu'il lui faudra l'an prochain pour être capable de remporter l'élection nationale... Et puis, relève encore le Wall Street Journal, il faut aussi regarder qui est arrivé en troisième position lors de cette élection partielle : "le candidat soutenu par la branche politique du Jamaat Ud Dawa, un groupe considéré comme responsable du massacre de Bombay en Inde en 2008 ; une attaque qui avait fait 166 victimes"... un groupe "labellisé comme terroriste par les Nations Unies".

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