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Si l'univers (des mathématiques) m'était conté.

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Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : la découverte d’une neuvième planète dans le système solaire et 2015 reconnue l’année la plus chaude de l’Histoire.
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Regarder la voie lactée Crédits : Florian Launette

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On l'a appris hier soir, des chercheurs américains auraient découvert une neuvième planète, dans notre système solaire. L'objet, baptisé tout simplement «Neuvième planète», aurait une masse d'environ dix fois celle de la Terre et se trouverait dix à vingt fois plus loin que Pluton. Autant dire qu'on n’est pas prêt d'y poser le début du commencement d'un petit orteil. Mais la nouvelle n'en demeure pas moins spectaculaire puisqu'il n'y a eu jusqu'à présent que deux planètes découvertes dans notre système solaire depuis l'antiquité et ce serait dans ce cas la troisième.

Sauf que pour l'instant cette nouvelle planète n'existe pas.
L'existence de cet objet, appelons le ainsi, n'a pas été observée directement. Comme le détaille THE WASHINGTON POST, les chercheurs ont déduit son existence à partir du mouvement de planètes naines, récemment découvertes mais aussi d'objets plus petits, lesquels ont des orbites qui semblent être influencées par la gravité d'une planète cachée. Toute cette histoire a commencé en 2014, raconte à son tour NATURE. A l'époque, les deux astronomes annoncent avoir trouvé six objets, suivant tous des orbites elliptiques dont les points les plus reculés tournent autour du système solaire, mais se déplacent à des vitesses différentes. Un peu comme si les aiguilles d’une horloge bougeaient toutes à une vitesse différente, mais se retrouvaient systématiquement au même endroit lorsqu’on les regarde. Or les chances pour que cela arrive sont peut-être d’une sur cent. Ensuite ils constatent que les orbites de ces six objets pointent toutes dans la même direction, un rapprochement qui n’a que 0,007 pour cent de chances de se produire. Autant dire impossible. Mais les deux hommes se prennent au jeu. Notre but à ce moment-là, explique l'un d'entre eux, était de prouver que cette idée était folle. Et en l'occurrence, elle ne l'était pas si l'on considère que quelque chose d’autre existe. Quelque chose comme, par exemple, une planète massive, dont l’intégration dans le modèle mathématique des deux chercheurs permettra, in fine, d’expliquer cette anomalie.

Des travaux, certes intéressant, puisque pour la première fois depuis 150 ans, nous avons de solides indications que l'inventaire du système solaire est incomplet, à ceci près toutefois nuance le directeur adjoint de la Royal Astronomical Society à Londres, qu'il n'y a encore rien de définitif puisqu'il s'agit d'un modèle mathématique. Or il y a eu des cas similaires dans le passé, où des astronomes avaient prédit la présence d'une planète qui n'a, en réalité, jamais été trouvée, rappelle le scientifique. En d'autres termes, ce serait vraiment excitant de faire une telle découverte, mais pour le moment cela reste seulement une prédiction.

Enfin, ironie de l'histoire, rappelle le magazine SLATE, l'un des deux hommes à l'origine de cette découverte s'appelle Michael Brown, alias «Pluto Killer», l'homme à l'origine de la controverse qui avait amené les scientifiques à requalifier Pluton en tant que planète naine et non plus comme la 9ème planète du système solaire. Ma fille est toujours assez en colère contre moi par rapport à Pluton et sa rétrogradation, même si elle était à peine née, à l'époque. En revanche, dit-il, elle a suggéré il y a quelques années qu'elle me pardonnerait si je trouvais une nouvelle planète. Et d'ajouter encore, j'imagine que j'ai fait ça pour elle.

Une autre annonce pressentie mais, elle, bien officielle.
Après un mois de décembre exceptionnellement doux, chacun pouvait déjà s'en douter. Depuis hier, l'année 2015 a été reconnue par une agence américaine comme l'année la plus chaude enregistrée sur la planète, du moins depuis que le relevé des températures existe, c'est à dire à la fin du XIXème siècle. Durant cette année 2015, la température moyenne sur les terres et les océans s’est située 0,9°C au-dessus de la moyenne du XXème siècle, soit la plus élevée dans les annales qui remontent à 1880. Le précédent record, établi en 2014, a lui été battu de 0,16°C. Et pour conclure cette année déjà considérée comme record, décembre est aussi le mois le plus chaud enregistré depuis 136 ans ! Sur l’ensemble de l’année, dix mois auront ainsi battu des records de températures individuels.

Sur un graphique réalisé par THE NEW YORK TIMES, vous pouvez vous-même identifier quelles zones dans le monde enregistrent des températures bien supérieures à la moyenne du siècle précédent, car c'est également l'un des enseignements de l'agence américaine : ces températures hors normes ont été enregistrées presque partout sur la planète.

Pourquoi un tel phénomène ?
Le record mondial de températures de l’année écoulée s’explique, pour beaucoup, par un épisode "El Niño" particulièrement intense, précise THE LOS ANGELES TIMES. Ce phénomène naturel cyclique se caractérise par un fort réchauffement des eaux de surface du Pacifique et une inversion des alizés, dont résultent, par le jeu des courants océaniques et atmosphériques, des bouleversements météorologiques de grande ampleur à l’échelle du globe. Sauf qu'"El Niño" ne fait, en réalité, que renforcer la tendance de fond de réchauffement de la planète, dû cette fois-ci aux émissions de gaz à effet serre d’origine humaine.

Toujours selon THE LOS ANGELES TIMES, si 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, la prévision pour 2016 pourrait être pire encore. Ce que dément, en revanche, une climatologue du GIEC interrogée sur le site de RADIO CANADA : bien que le réchauffement soit inéluctable, chaque année ne sera pas nécessairement plus chaude que la précédente. Le site d'information qui précise, par ailleurs, que 2015 est de loin l'année la plus chaude enregistrée dans le monde mais pas au Canada. 2015 a été seulement été la 11ème plus chaude depuis que les températures sont compilées.

Et d'ailleurs, quand tout le monde est d’accord, n’est-ce pas le signe qu’il y a un souci ?
C’est en tout cas ce que prouve une étude relayée par le site NEWSER.COM. Un article scientifique publié dans le journal scientifique PROCEEDINGS OF THE ROYAL SOCIETY affirme que, même si plusieurs personnes sont d’accord sur un fait, il n’est pas garanti que ce qu’elles disent soit la vérité. Des chercheurs l’ont prouvé. Du moins à l’aide de probabilités, là encore, mathématiques.

Par Thomas CLUZEL

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