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Des camions transportant de l'aide humanitaire ont été bombardés

Syrie : attaque directe sur l'aide humanitaire

5 min

L'attaque et le bombardement d'un convoi humanitaire en Syrie lundi soir soulève l'indignation de la communauté internationale réunie à l'ONU. La Russie, pointée du doigt dans cette affaire pourrait avoir à répondre à une accusation de "crimes de guerre".

Des camions transportant de l'aide humanitaire ont été bombardés
Des camions transportant de l'aide humanitaire ont été bombardés Crédits : Omar haj kadour - AFP

Une attaque "féroce, sauvage et apparemment délibérée", c'est ainsi qu'à l'occasion de son discours d'adieu à l'Assemblée générale des Nations Unies, son secrétaire général Ban Ki Moom a caractérisé l'attaque du convoi humanitaire lundi soir à l'ouest d'Alep, rapporte The Guardian... Le secrétaire général de l'ONU a rendu hommage aux quelques 20 victimes de ce bombardement, dont le directeur local du croissant rouge syrien... Quant aux responsables de cette attaque, Ban Ki Moon les a tout simplement qualifiés de "lâches" avant d'exiger qu'ils rendent des comptes. Les hauts fonctionnaires de l'ONU parlent en la matière d'un "crime de guerre" patenté qui pourrait être jugé comme tel, rapporte encore le Guardian.

Qui a véritablement tiré sur le convoi ? On ne le sait pas vraiment puisque les possibles protagonistes répètent tous "C'est pas moi" les uns après les autres. Les avions de la coalition ne sont pas intervenus sur ce secteur, explique-t-on du côté de l'Etat-major allié ; Le gouvernement de Bachar al-Assad a démenti que son armée ait attaqué le convoi et depuis hier le ministère de la défense russe déploie des trésors d'arguments pour tenter de faire retomber ailleurs la responsabilité du massacre.

L'agence Sputnik, citant le porte parole du ministère de la défense russe le général Igor Konashenkov expliquait d'abord avoir des doutes quant à la réalité du bombardement aérien du convoi onusien, suggérant que les camions avaient pu être détruits par un incendie volontaire ou par un bombardement d'artillerie opéré par les rebelles.

Mais les témoignages directs de l'attaque font bien état d'aéronefs dans le secteur, notamment d'hélicoptères : Zakariah Junaid un activiste média raconte ainsi à BBC arabic ce qu'il a vu près du dispensaire où étaient stationnés les camions : "A 19 heures, raconte-t-il, le bombardement a commencé avec un hélicoptère qui a largué deux bombes-barils ; elles sont tombés sur le dispensaire du croissant Rouge Syrien, dans la campagne à l'ouest d'Alep... 30 minutes plus tard ce sont des avions qui ont attaqué le centre médical, cette fois à la roquette... le bombardement a duré jusqu'à 22 heures 30... Il y a eu au moins 4 bombes-baril et 5 attaques à la roquette " Ces bombardements ont également été filmés par la chaîne en ligne Aleppo 24, proche des rebelles... Les images sont prises de nuit : on ne voit donc pas les appareils qui opèrent mais on les entend distinctement, de même que les tirs de roquettes. Pas de doute à avoir: il y a bien eu bombardement aérien. Ce qui ne peut être le fait des rebelles, ceux -ci étant dépourvu d'aviation.

Le ministère russe de la défense a semblé avancer ces dernières heures un autre argument. Selon l'agence TASS, le porte parole du ministère est en effet revenu à la charge avec une nouvelle vidéo, filmée par un drone russe, et qui montrerait la présence aux côtés du convoi onusien d'un pick-up rebelle tractant un canon ou un mortier... le porte-parole russe suggère que cette pièce d'artillerie a pu par la suite attaquer à elle toute seule le convoi... ou qu'elle est la raison pour laquelle le convoi s'est retrouvé sous le feu de l'aviation syrienne ou russe.

Car si les hélicoptères de l'armée de Bachar el-Assad se sont fait une spécialité du bombardement par baril d'explosif, qui semble-t-il a été utilisé sur le convoi onusien, un doute subsiste quant à l'identité des chasseurs-bombardier qui ont opéré. L'agence Reuters, indique que les sources de renseignement américaines font état de la présence sur place au moment du bombardement de deux Sukhoï 24... un appareil dont sont pourvus aussi bien l'armée de l'air syrienne que le contingent russe présent en Syrie.

Le New York Times va plus loin : "Les Etats Unis ont les moyens de suivre tous les aéronefs présents dans la région grâce à leurs radars et autres capteurs, explique au quotidien un haut fonctionnaire américain et le Pentagone a déterminé avec une probabilité très haute qu'un Sukhoï 24 russe se trouvait directement à la verticale du convoi moins d'une minute avant que l'attaque ne soit rapportée".

Si la Russie est bien responsable de cette attaque, on peut tout de même se poser la question de savoir quel était le but d'une telle opération sur un convoi humanitaire... Peut-être tout simplement une vengeance ; c'est ce que suggère un haut fonctionnaire de la coalition occidentale au Daily Telegraph "tous les éléments en notre possession pointent dans la même direction, explique-t-il au quotidien britannique et suggèrent que les russes se sont impliqués dans le bombardement du convoi humanitaire par vengeance, après la frappe de la coalition ce week-end qui a tué au moins 60 soldats syriens". Un raid aérien de la coalition, a priori monté contre des combattants de l'Etat islamique dans la région de Deir Er Zor à l'Est du pays ce week-end avait en effet abouti au bombardement d'unités pro-régime, tuant plusieurs dizaines de combattants dont peut-être des forces spéciales russes. "Si on arrive à prouver que les Russes se sont simplement vengés sur le convoi humanitaire, ajoute le haut fonctionnaire occidental dans les colonnes du Daily Telegraph, alors ils pourraient bien se retrouver directement accusés de crimes de guerre".

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