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Le volcan Agung sur l'île de Bali

Tous les signes d'un réveil menaçant

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Craignant une éruption à tout moment, plus de 57.000 habitants de l'île touristique de Bali vivant près d'un volcan ont été évacués. Pour la seule journée de lundi, 564 secousses sismiques, provoquées par l'activité du volcan, ont été enregistrées.

Le volcan Agung sur l'île de Bali
Le volcan Agung sur l'île de Bali Crédits : SONNY TUMBELAKA - AFP

A Bali, c'est le point culminant de l'île et c'est aussi une montagne sacrée, souvent considérée comme le centre du monde, l'axe de l'univers. Or depuis plusieurs semaines, voilà que le volcan Agung gronde, au point que vendredi les autorités indonésiennes ont décrété l'alerte maximale. En 4 jours, ce sont plus de 57 000 personnes qui ont ainsi été évacuées, note THE DAILY MAIL. Il faut dire qu'aujourd'hui tous les signes d'une puissante éruption sont là : secousses constantes, fumée au sommet du cratère, montée du magma dans la cheminée à proximité de la surface. Et lorsqu’apparaîtront des microséismes ininterrompus dont l'épicentre sera proche de la surface, l'éruption ne sera plus qu'une question d'heures, voire de minutes, précise le journal local KOMPAS. La dernière éruption du volcan remonte à 1963. Elle est encore dans toutes les mémoires. Et depuis quelques jours, des milliers de Balinais adressent leurs prières à l'univers, pour que la catastrophe meurtrière ne se répète pas.

Une autre forme d'éruption, menaçante elle aussi, celle qui se dessine chaque jour un peu plus entre la Corée du Nord d'un côté et les Etats-Unis de l'autre. Devant des journalistes à New-York, hier, le chef de la diplomatie nord-coréenne a accusé le président américain d'avoir «déclaré la guerre» à son pays. Et d'ajouter que Pyongyang se réservait désormais le droit de riposter, y compris en abattant des bombardiers américains qui ne se trouveraient pas dans son espace aérien. Ces déclarations sont «absurdes», a aussitôt réagi la Maison Blanche. De son côté, l'émissaire chinois aux Nations unies a insisté sur les dangers que comporte, à présent, cette guerre des mots entre Washington et Pyongyang. Et de fait, précise ce matin le site de la chaîne ABC, plus Donald Trump gonflera le torse et plus il sera difficile de maintenir la coopération avec la Chine et la Russie, lesquelles cherchent une solution diplomatique à la crise et non un nouvel allié américain qui surgirait subitement sur leurs frontières respectives.

Et puis loin de calmer le jeu, hier, Donald Trump a par ailleurs dévoilé son nouveau décret anti-immigration, nettement plus radical que le précédent qui arrivait à expiration. Le texte interdit désormais de façon permanente le franchissement des frontières américaines aux ressortissants de six pays à majorité musulmane, auxquels ont été rajoutés le Venezuela et ... la Corée du Nord. Une manière à la fois pour le président américain de maintenir la pression, notamment, sur Kim Jung-un mais aussi, note THE NEW YORK TIMES, d'éviter que ne soit retenu contre lui d'éventuelles accusations de discrimination religieuse. Pour autant, précise toujours le quotidien de New-York, même déguisée, l'intention de porter atteinte aux musulmans reste évidente. L'ajout de ces deux pays (le Venezuela et la Corée du Nord) relève uniquement de la manipulation, dit-il, mais ne retire rien au caractère odieux et xénophobe de la politique de Donald Trump. Quoi qu'il en soit, le précédent décret migratoire, on s'en souvient, avait suscité un âpre combat devant les tribunaux. La Cour Suprême devait examiner le dossier le 10 octobre prochain. Hier, elle n'a donc eu d'autres choix que d'annuler l'audience, ordonnant aux parties de revoir leur argumentaire, en prenant en compte les changements introduits par ce nouveau texte. Une nouvelle audience sera fixée par la suite. Mais d'ores et déjà, s'inquiète toujours THE NEW YORK TIMES, il est à craindre que ce décret remanié offre une échappatoire facile aux juges de la Cour suprême.

Enfin il est une promesse de campagne, en revanche, que Donald Trump aura du mal à tenir : l'abrogation d'Obamacare. Hier, le projet de détricotage de la loi sur la couverture maladie de Barack Obama a subi une nouvelle défection côté républicain, peut-on lire dans les colonnes du HUFFINGTON POST. Après John McCain et Rand Paul, c'est la modérée Susan Collins qui a annoncé son opposition dans un communiqué sévère. Or les républicains n'ayant que 52 sièges sur 100 au Congrès, ces trois défections (à moins d'un changement d'avis) pourraient suffire à faire échouer le vote que les chefs de la majorité espéraient convoquer cette semaine.

Direction l'Allemagne, à présent, où là le séisme qu'a constitué le résultat des élections dimanche continue d'alimenter les commentaires dans la presse. Même s'il serait exagéré, selon THE GUARDIAN, de dire que les spectres du passé sont de retour en Allemagne, nombre de ces confrères, à l'instar de LA REPUBBLICA, s'alarment de ce que le tabou qui semblait avoir été imposé par l’histoire vient d'être brisé. Dans l’inconscient collectif allemand, c’est un tabou qui se brise, remarque à son tour l'éditorialiste du TEMPS. En revanche, si l'arrivée de l'AfD au Bundestag est à prendre très au sérieux, elle n'est pas une surprise, elle coïncide avec l'affaiblissement préoccupant constaté partout ailleurs des grands partis traditionnels. A ce titre, d'ailleurs, on notera que l’AfD utilise le même slogan que le Tea Party aux Etats-Unis, appelant à «reprendre le contrôle du pays». En ce sens, son électorat fait donc écho à celui de Donald Trump : confiance rompue avec les institutions et volonté de faire «exploser» le système politique.

Enfin nombre de journaux reviennent ce matin sur le vote, hier, des Kurdes d’Irak sur leur indépendance, lors d’un référendum historique. Les résultats sont attendus aujourd'hui, mais ils ne font d'ores et déjà aucun doute, tant la majorité des Kurdes est acquise au «oui». De son côté, le président de la région autonome, Massoud Barzani, a prévenu que ce vote n’entraînerait pas immédiatement l’annonce de l’indépendance mais plutôt le début de «discussions sérieuses avec Bagdad». Dans une première réaction concrète, le parlement à Bagdad a, lui, voté une résolution exigeant du premier ministre irakien «de déployer des forces dans toutes les zones» situées hors de la région du Kurdistan, mais conquises par les combattants kurdes, à la faveur du chaos provoqué par l’offensive des djihadistes de Daech. L'enfer déclenché par l'EI en Irak a, en effet, entraîné l'essor des forces armées kurdes, dont personne ne peut ignorer les sacrifices et les victoires, écrit le journal I KATHIMERINI. Les troubles leur ont notamment permis de prendre le contrôle de Kirkouk, qu'ils considèrent aujourd'hui comme leur capitale. Sauf que la ville est la source de tensions importantes, car riche en pétrole. Voilà pourquoi, Barzani serait bien avisé de veiller à ce que des consultations soient menées sur ces questions à l'issue du référendum. Ce qu'il ne pouvait pas faire en revanche, c'est attendre un meilleur moment, écrit toujours le quotidien avant d'en conclure : Après tout, les conditions ne sont jamais idéales, sinon les révolutions seraient inutiles.

Par Thomas CLUZEL

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