LE DIRECT
FIGUEIRÓ DOS VINHOS

Tragédie

5 min
À retrouver dans l'émission

Le Portugal ravagé par l'incendie le plus meurtrier de son histoire ; la victoire du parti d'Emmanuel Macron aux législatives ne constitue pas le plébiscite annoncé ; le phénomène de polarisation politique rappelle la guerre de Sécession aux USA ; une crise politique rocambolesque en Roumanie.

FIGUEIRÓ DOS VINHOS
FIGUEIRÓ DOS VINHOS Crédits : PATRICIA DE MELO MOREIRA - AFP

Tragédie. Un mot et un seul, barre la Une de toute la presse portugaise après le gigantesque incendie de forêt qui a coûté la vie à au moins 62 personnes ce weekend. Une véritable tempête de feu, la plus meurtrière de l'histoire du pays, comme en témoigne les photos de désolation qui s'affichent, partout, dans les pages des journaux y compris européens : EL PAIS, LA REPUBBLICA, DE TELEGRAAF. Un pays ravagé et une question récurrente, ce matin : qu'est-ce qui a bien pu échouer ? Déjà beaucoup pointent le manque d'investissement dans la forêt. Bien sûr, personne n'aurait pu prévoir où la foudre allait tomber, peut-on lire dans les colonnes de PUBLICO. En revanche, nombreux sont ceux qui, depuis longtemps, avaient prévenu : ce jour-là sera une honte pour notre pays. Malheureusement, ils n'imaginaient pas encore dans quelle proportion leur funeste prédiction allait se réaliser.

En France, cette fois-ci, on prédisait un tsunami et c'est finalement une vague

A l'issue de la victoire, hier, en France de La République En Marche d'Emmanuel Macron, la plupart des commentateurs relève, d'abord, ce matin que cette victoire, aussi impressionnante soit-elle, ne constitue pas le plébiscite annoncé. Quand THE LOS ANGELES TIMES note que le glissement de terrain brutal prévu par les sondages n'a pas eu lieu, son confrère du FINANCIAL TIMES remarque à son tour que le résultat d'hier est plus faible que le raz de marée envisagé. Mais, après tout, quelle différence ? Dans l'exercice quotidien du pouvoir, il y en aura peu. Sans compter qu'à en croire le montage à la Une de l'hebdomadaire britannique THE ECONOMIST, Emmanuel Macron, lui, marche déjà sur l'eau. Peu importe, finalement, que ce résultat ne soit pas le tsunami annoncé, il n'en donne pas moins tous les leviers politiques du pouvoir français à l'Elysée. En ce sens, il confirme le bouleversement complet de la vie politique hexagonale. Désormais, La République En Marche régnera en maître sur cette nouvelle chambre basse, dont le visage sera profondément renouvelé. Plus rien n'y sera comme avant, à commencer par le rapport de forces politiques.

Mais attention, prévient aussitôt l'éditorialiste du CORRIERE DELLA SERA. En dépit du score impressionnant de son parti, Emmanuel Macron doit rester méfiant. Le pouvoir du président et la majorité parlementaire ne sont pas des garanties, en particulier, quand on veut mener des réformes. De sorte que l’idylle pourrait vite tourner au vinaigre. C'est également le sens de l'avertissement, lancé dans les colonnes du TEMPS. Cette victoire écrasante cache, aussi, un réel malaise démocratique, en raison d’un taux d’abstention record. Le 7 mai dernier, déjà, un Français sur trois s’était abstenu ou avait voté blanc. Hier, plus d'un Français sur deux n'est pas allé voter. C'est énorme. Une nouvelle fois, écrit l'éditorialiste, le maintien d’un tel niveau de désaffection électorale confirme la division politique du pays. Emmanuel Macron n'est pas parvenu à convaincre au-delà de son camp initial. Les pôles de radicalité constatés durant la campagne présidentielle se sont même confirmés, hier. Ou dit autrement, conclue le journal, si la France a donné le pouvoir à une présidence centriste, qui revendique de prendre les bonnes idées de la droite et de la gauche, pour autant, ce matin la France ne se réveille pas centriste dans l’âme à l'issue de ces législatives.

Et le phénomène de polarisation politique, justement, il en est question aux Etats-Unis

Là-bas, les électeurs de gauche et de droite se détestent plus que jamais, écrit THE NEW YORK TIMES. L’hostilité des Américains envers ceux qui adhèrent à des idées politiques différentes des leurs a atteint d’inquiétants records. Au point qu'il faudrait, selon les historiens, remonter à l'époque de la guerre de Sécession pour retrouver des niveaux comparables de rancœur et de violence. Alors que les attitudes notamment inconscientes liées à l’appartenance raciale restent prégnantes dans la société américaine, les préjugés vis-à-vis des membres du parti adverse excèdent, désormais, ceux liés aux questions raciales. D'où cette question : comment y remédier ? Comme pour combattre les préjugés raciaux, souligne toujours le quotidien américain, la méthode pour retrouver un semblant de dialogue serait de faire en sorte que partisans opposés puissent à nouveau se croiser. Mais le souhaiteront-ils vraiment ?

Enfin une crise politique rocambolesque est en train de se jouer, elle, en Roumanie

A Bucarest, nous apprend le Courrier International, la gauche veut se décapiter. Six mois après avoir remporté les législatives de 2016, le Parti social-démocrate a annoncé le retrait de son appui politique au gouvernement et réclamé la démission de l’équipe gouvernementale. Alors quelques ministres ont obéit aux ordres. En revanche, le Premier ministre a lui prévenu qu’il ne démissionnerait pas. La balle semble désormais plutôt dans le camp du président. Problème, depuis 2003, celui-ci n’a plus le pouvoir de limoger un chef de gouvernement. Et c'est ainsi que les socialistes ont donc procédé à l’exclusion du Premier ministre des rangs du parti, dont il était membre depuis 21 ans, et annoncé le dépôt d’une motion de censure pour aujourd'hui. De sorte, commente EVENIMENTUL ZILEI, que la tentative de changement de gouvernement pourrait se transformer en une crise politique sans précédent, qui finira par des élections anticipées en automne ou par la scission de la gauche. Entre-temps, le Premier ministre devenu de facto indépendant pourrait, lui, négocier la formation d’un gouvernement adoubé par les partis de l’opposition et les députés de gauche qui feront défection.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......