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Déchets flottant sur la mer

Un problème aussi grand qu'un pays

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Pour alerter l’opinion publique sur une immense plaque de déchets plastiques dans le Pacifique Nord, une ONG demande à l’ONU de la reconnaître comme un pays à part entière.

Déchets flottant sur la mer
Déchets flottant sur la mer Crédits : ZHOU BIXIONG / IMAGINECHINA

On l'appelle «le 7ème continent de plastique» et sa surface dépasserait désormais la taille de la France. La concentration de détritus qui flotte dans cette région du nord de l'océan Pacifique n’est pas vraiment une île (du moins pas celle que l’on imagine), on ne peut pas encore marcher dessus comme Jésus l’avait fait sur l’eau note le journal madrilène ABC, mais le mouvement de rotation des courants le rend chaque jour plus compact. Et c'est ainsi que pour sensibiliser l’opinion publique à ce problème, aussi grand qu’un pays résume le site d'information américain QUARTZ, une ONG vient de s’associer au site britannique LADBIBLE pour soumettre une demande officielle auprès de l'ONU afin que ce continent de plastique devienne le 196ème pays officiel dans le monde. Une pétition en ligne a déjà été signée en ce sens par plus de 100 000 personnes, dont l'ex candidat à la présidence américaine Al Gore. Des professionnels de la publicité associés à ce projet ont, eux, créé un drapeau, des billets de banque (appelés des débris) et même un passeport (sur lequel est écrit «The Trash Isles»). L'idée est la suivante : Si cet amas de plastique devenait un pays, alors les îles Poubelles seraient protégées par les traités environnementaux et devraient être nettoyées. Sauf que cette demande officielle n'a, bien entendu, pas la moindre chance aujourd'hui d'aboutir. En revanche, elle a le mérite d’attirer l’attention sur ce problème grandissant, conclut QUARTZ, avant de préciser : D’ici 2050, on pense qu’il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

Et d'ici là un nouveau pays aura, lui, peut-être vu le jour : la Catalogne

Après le Brexit, dernier avatar de cette déification de l’indépendance, la Catalogne pourrait bien être le prochain sur la liste. Quoi qu'il en soit, les Catalans sont aujourd'hui en nombre important, sinon suffisant, à ne plus vouloir partager avec l’Espagne. Et c’est un gâchis, écrit ce matin l'éditorialiste du TEMPS. Ou plutôt, comme le dit un historien interrogé dans les colonnes du journal, «un accident démocratique majeur», résultat de cinq années de dérive sécessionniste et d’une recomposition des forces politiques catalanes au profit des plus radicales. A présent, il n’y a plus que deux options : être pour ou contre l’indépendance, et se ranger ainsi dans la logique amis/ennemis. La question de savoir si la légalité est respectée ou bafouée n’est plus pertinente, c’est l’affrontement qui est devenu légitime. Et voilà comment l'exécutif séparatiste de Catalogne a décidé d'organiser coûte que coûte son référendum d'autodétermination le 1er octobre prochain, ignorant de facto son interdiction prononcée par la Cour constitutionnelle. Ce matin, dans les colonnes d'EL PAIS, l'ex président du Parlement européen, Josep Borrell, n'a pas de mots assez durs contre le gouvernement catalan à la tête d'un régime «néo-totalitaire», qui à grand renfort «de demi-vérités ou de demi-mensonges» à remporter «la bataille de l'opinion publique». Ce qui ne l'empêche pas, par ailleurs, de dénoncer vertement le «je-m-en-foutisme» de l'exécutif espagnol et de son président Rajoy.

Et dans le même temps une autre bataille pour l'indépendance inquiète la presse, celle des kurdes d'Irak

La province kurde prévoit toujours un référendum pour la création d'un état indépendant, lundi prochain, alors même que le plus haut tribunal irakien a bloqué, avant-hier, le processus pour en vérifier la constitutionnalité. Le gouvernement régional de la province, droit dans ses bottes, ne veut rien changer. Et pour cause, précise la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, il sait qu'il a une bonne partie du peuple derrière lui. Alors simple guerre des mots ou moyen de pression politique ? Non, on pourrait carrément s'engager dans un conflit armée, s'inquiète le journal. Et d'ailleurs les manœuvres militaires ont débuté, raconte son confrère DIE ZEIT, qui en veut pour preuve une photo de chars turcs à la frontière entre l'Irak et la Turquie. C'est là l'illustration de la complexité de ce dossier : Quand les occidentaux, d'un côté, craignent d'être déstabilisés sur place dans la bataille engagée contre le groupe Etat Islamique, la Turquie ou l'Iran, de l'autre, craignent que ce référendum n'attise les volontés d'indépendances de leurs minorités kurdes, explique la FRANKFÜRTER ALLGEMEINE ZEITUNG, avant d'en conclure que tous les ingrédients sont réunis pour envenimer la situation.

Eux, n'ont tout simplement plus officiellement de nationalité. Eux, ce sont les Rohingyas, cette minorité musulmane apatride, privée de droits élémentaires et cible de campagnes haineuses menée par les extrémistes bouddhistes birmans. Hier, dans un discours télévisé très attendu après plus de trois semaines de troubles dans l’ouest de son pays, la dirigeante Aung San Suu Kyi a assuré que la Birmanie était «prête» à organiser le retour des plus de 410 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh voisin. Dans son ensemble, la presse birmane se contente de reproduire mais sans le commenter des extraits de ce discours. En revanche, pour le quotidien australien THE AGE, Aung San Suu Kyi a laissé passer sa chance de condamner le pire épisode de nettoyage ethnique qu’a connu le monde depuis des décennies. D'autant que nombre de Rohingyas ne peuvent prouver qu’ils vivent depuis plusieurs générations en Birmanie, condition pourtant nécessaire pour qu’ils puissent être considérés comme des réfugiés.

Enfin, restent ce matin les pays qui, eux, sont carrément menacés de disparition

Hier, alors que Donald Trump s’exprimait pour la première fois devant l’Assemblée générale des Nations unies, ce sont évidemment ces déclarations sur la Corée du Nord qui ont suscité le plus d'émoi, note THE WASHINGTON POST. «Si les États-Unis sont contraints de se défendre, ou de défendre leurs alliés, alors nous n’aurons pas le choix et nous détruirons totalement la Corée du Nord», a lancé le président américain. Du Trump tout craché, se désole le chroniqueur du quotidien américain avant de préciser : Le monde a vu qui il était vraiment ce qui, dit-il, ne peut que nous inquiéter.

Enfin, quand les hommes ne sont pas directement à la manœuvre c'est la force de la nature qui se rappelle, tragiquement, à notre bon souvenir à la Une des journaux. Hier, au moins 149 personnes (selon le dernier bilan) ont péri lors du pire séisme du siècle au Mexique, 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui avait fait plus de 10 000 morts.

Par Thomas CLUZEL

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