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Vraies fausses nouvelles ?

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Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : les pourparlers sur la Syrie, l’accord de Partenariat Transpacifique, les concessions de l’UE pour éviter un « Brexit » et le dernier scandale du « LoyersGate » à Rome.

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Distributeur de journaux aux Etats-Unis Crédits : Rebecca Cook - Maxppp

Faut-il parler de l'échec des pourparlers sur la Syrie ?

Cette semaine, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a annoncé une pause dans les discussions jusqu’au 25 février. Et nombre de commentateurs y vont aussitôt un nouvel échec, après ceux de 2012 et 2014. Sauf que pour que pour parler d'échec des discussions, encore faudrait-il que celles-ci aient eu lieu. Or ont-elles vraiment commencé, interroge LE TEMPS de Lausanne ? Non. Sans compter que pendant ce temps ; les développements militaires sont allés bon train. Et en ce sens, écrit un peu cynique l'éditorialiste, on pourrait même dire que les pourparlers de Genève sur la Syrie ont, au contraire, atteint leur objectif. Pour la Russie et son protégé syrien il s’agissait, en réalité, de faire diversion tandis que les vraies batailles se déroulaient ailleurs. Or c’est fait. Au terme de trois journées de bombardements russes ininterrompus, les forces nationales syriennes pro-gouvernementales ont réussi ce qu’elles cherchaient à accomplir depuis plus de 3 ans : s’emparer de la dernière route qui relie Alep à la Turquie. Dès-lors, il ne restait plus aux participants de Genève qu’à faire leurs valises.

Toujours est-il que cette situation a mis dans une position intenable l'opposition syrienne, faite de bric et de broc. A tel point que les combattants rebelles sur le terrain en sont venus à poser ce qui s’apparente à un ultimatum aux responsables politiques censés les représenter, afin qu’ils mettent un terme à ces palabres inutiles. Et le camouflet est d’autant plus cinglant pour l’opposition que les États-Unis, eux, n’ont pas bougé le petit doigt tandis que les négociations de Genève plongeaient dans l’absurde. Enfin la moisson de Genève ne se résume pas au bouleversement autour d’Alep. Les combattants syriens kurdes ont décidé, eux aussi, de passer à l’attaque. Rappelons que les Kurdes avaient été interdits de présence aux pourparlers de Genève. Ou dit autrement, à chacun sa revanche.

Faut-il vraiment parler d’un accord de partenariat Transpacifique ?

Depuis hier, tous les journaux font leurs titres sur la signature en Nouvelle-Zélande de l'accord de Partenariat Transpacifique (TPP) par les 12 pays partenaires. Et c'est vrai que la nouvelle a son importance, puisqu'elle vise à créer la plus vaste zone de libre-échange au monde. Sans compter que cet accord commençait à se faire attendre puisque sa signature achève un processus de plusieurs années. Reste, toutefois, une nuance. Et elle est de taille. Cet accord vise, en effet, à abattre les barrières douanières et à définir les règles du jeu commercial pour les deux cinquièmes de l’économie mondiale, si et seulement si il est ratifié, précise THE WALL STREET JOURNAL. Et de fait, pour entrer en vigueur, le texte doit encore être approuvé par les Parlements nationaux des douze pays concernés. Or d’après le site américain QUARTZ, cité par le Courrier International Quartz, il pourrait encore falloir attendre deux ans, en réalité, avant l’entrée en vigueur de cet accord.

Et rien ne dit même qu'il sera ratifié. Car ce Partenariat Transpacifique supposé doper la croissance est, en réalité, critiqué pour les effets pervers qu’il pourrait induire sur le droit des travailleurs, l’environnement ou bien encore l’accès aux médicaments. C'est ainsi qu'aux États-Unis, par exemple, précise l'hebdomadaire britannique THE ECONOMIST, le texte suscite de vives oppositions et dans le contexte de l’élection présidentielle il pourrait ne pas être soumis au Congrès avant le scrutin de novembre prochain. Quant au Canada voisin, il veut même engager un débat avant d'entamer un processus de ratification parlementaire.

Faut-il encore parler d'Union Européenne ?

Face à des partenaires européens affaiblis par une succession de crises, David Cameron a réussi en grande partie son pari cette semaine. Pour empêcher un « Brexit », comprenez une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le président du Conseil européen Donald Tusk a présenté mardi une liste de propositions de conciliation avec Londres. Une honte, commente le journal espagnol EL PAIS.

Et pour cause, l’Union Européenne a proposé rien de moins que la mise en place d’un frein pour limiter l’accès des travailleurs migrants intra-européens aux prestations sociales. Une preuve de plus, se désole à son tour DIE TAGESZEITUNG, que l'intégration européenne régresse. A présent, l'égalité de traitement de tous les membres de l'UE est réduite à néant. En clair, l'Union européenne a vendu son âme.

Faut-il enfin vous parler de l’énième scandale italien ?

Imaginez des appartements avec vues imprenables, dans des quartiers très prisés et loués pour des montants dérisoires. Un appartement proche du Colisée loué 25 euros par mois ou bien un autre proche du Vatican pour la modique somme de 10 euros. Après avoir fait un peu de tri dans la gestion de son patrimoine immobilier, la municipalité de Rome s'est rendu compte que certains loyers n’avaient pas bougé depuis des décennies. Vraisemblablement par négligence. Du moins c'est qu'on a pensé dans un premier temps.

Sauf que l’enquête du Parquet démarrée il y a un an a révélé cette semaine que nombre de ces biens étaient occupés, en réalité, par des sections de partis, des mouvements politiques ou des syndicats, dissimulés derrière des organisations à but non lucratif. Au total, le manque à gagner pour la ville serait de 100 millions d’euros par an.

Voilà donc le dernier scandale qui secoue la capitale. Un de plus, soupire notamment le quotidien Il TEMPO. Avant d'ajouter, à force, plus rien ne nous surprend si ce n’est le culot de certains politiciens, capables de faire la sourde oreille ou de hurler au scandale, selon qu’ils sont au pouvoir ou aspirent à le conquérir. Quant au journalisme, il est devenu rien de plus qu'un copié-collé redaté. Désormais, il n’y a rien de plus inédit qu’une information déjà rapportée, se lamente le journal, bien obligé de bombarder en Une ce dernier scandale. Et d'en conclure, à quelques jours, mois ou années, on reprend les mêmes vieilles informations, on les adapte aux circonstances et on les remet en circulation comme si elles étaient neuves.

Par Thomas CLUZEL

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