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Comment une bactérie peut-elle devenir mortelle pour l'homme ?

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La bactérie Escherichia coli O104:H4
La bactérie Escherichia coli O104:H4 Crédits : Ho news - Reuters
La bactérie Escherichia coli O104:H4 Ho news©Reuters L’épidémie d'*Escherichia coli* qui sévit en Europe depuis le moi de mai, principalement en Allemagne à partir de la ville de Hambourg, a touché environ 4000 personnes et provoqué 48 décès. Cette bactérie que l’on trouve dans l’intestin des mammifères, en particulier celui des ruminants mais également chez l’homme, a été découverte en 1885 par Theodor Escherich. La plupart du temps, elle fait bon ménage avec son hôte. Mais la souche rare qui a provoqué cette épidémie, baptisée O104:H4, peut provoquer un syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui se traduit par des diarrhées sanglantes et des insuffisances rénales qui peuvent entrainer la mort. En général, cette infection touche les très jeunes enfants et les personnes âgées. Dans le cas de cette épidémie, en revanche, les victimes sont majoritairement des adultes. Un fait qui reste mystérieux tout comme l’origine de la contamination, désormais attribuée à des semences de fenugrec bio, une plante voisine du trèfle.
La bactérie E Coli O104:H4
La bactérie E Coli O104:H4 Crédits : Norriss Mac Matzen - Reuters
La bactérie E Coli O104:H4 Norriss Mac Matzen©Reuters Cette épidémie survient au moment où un rapport de l'Agence des produits de la santé (Afssaps) note une légère reprise de la consommation d’antibiotiques en France, après une baisse de 16% en dix ans consécutive à une campagne d’information de 2002 visant à lutter contre l’usage excessif de ces médicaments. La France reste, avec la Grèce, l’un des plus gros consommateurs d’antibiotiques. Or, cette pratique favorise les mutations qui rendent les bactéries résistantes aux traitements. D’où le spectre d’une épidémie grave échappant à tous les antibiotiques existants, ce qui est le cas de la souche O104:H4 d'*Escherichia coli* . La compréhension des mécanismes d’évolution des bactéries, limités, a priori, par une reproduction par simple division, devient donc de plus en plus cruciale.
La migration d'un morceau d'ADN (plasmide) d'une bactérie à une autre
La migration d'un morceau d'ADN (plasmide) d'une bactérie à une autre Crédits : Ana Babic
La migration d'un morceau d'ADN (plasmide) d'une bactérie à une autre: en rouge, les bactéries donneuses; en vert , les bactéries receveuses. Les points fluorescents correspondent à l’ADN transmis Ana Babic©Inserm Comment évoluent ces organismes dont la reproduction, non sexuée, devrait n’engendrer que des clones ? Que sait-on du processus qui peut conduire une famille de bactéries à devenir résistante aux antibiotiques existants ? L’industrie pharmaceutique est-elle en mesure de créer rapidement de nouveaux antibiotiques comme elle produit, par exemple, des vaccins contre le virus de la grippe saisonnière ? Dans le contexte actuel qui évolue vers une sorte de guerre bactériologique naturelle, faut-il nous préparer à une épidémie majeure avec un fort taux de mortalité dans les prochaines années ou décennies ? Est-il encore possible de nous en protéger ? **Invités:** **Antoine Andremont** , microbiologiste à l’hôpital Bichat, **Jean-Paul Escande** , médecin, auteur de *Antimanuel de médecine* (éditions Bréal, 2006), **Miroslav Radman** , directeur de l’unité Inserm 571 « Génétique moléculaire, évolutive et médicale » et professeur à la faculté de Necker. et** Dominique Leglu** , directrice de la rédaction de *Sciences et Avenir,* partenaire de cette émission*.*
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