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Créer un cerveau artificiel est-il raisonnable ?

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science et avenir
science et avenir Crédits : Radio France
En 2030, l’humanité disposera peut-être du premier cerveau artificiel. Tel est en tous cas, l’objectif du Blue Brain Project lancé par un consortium international de chercheurs en réponse à un appel d’offres de la Commission européenne. Il ne s’agit pas de construire un supercalculateur de plus dans la lignée du fameux Deep Blue d’IBM qui s’est distingué en battant le champion du monde des échecs, Gary Kasparov, en 1997. Même si IBM reste l’un des partenaires principaux du nouveau projet, Blue Brain est nettement plus ambitieux puisqu’il s’agit de simuler le fonctionnement du cerveau humain. C'est-à-dire de reproduire à l’aide de composants électronique l’extraordinaire machinerie du cortex cérébral avec ses quelque 100 milliards de neurones. Mais ces derniers, qui assurent la transmission des signaux cérébraux, sont beaucoup moins nombreux que les cellules gliales qui les entourent et dont les fonctions semblent moins bien connues. Tout le défi du projet Blue Brain, dont l’un des pères est le neurobiologiste Yvan Segev, réside donc dans la simulation de l’organe le plus complexe que l’évolution ait jamais créé. Et cela avant même que le fonctionnement de ce modèle soit parfaitement connu. Bien entendu, étant donné la durée du projet qui a commencé en 2002 sous l’impulsion d’Henry Markram, directeur du centre pour les neurosciences et la technologie à l’école polytechnique fédérale de Lausanne, l’Epfl et directeur du projet Blue Brain. D’ici 2030, les connaissances sur le cerveau devraient avoir beaucoup progressé, notamment sous l’impulsion des résultats de l’imagerie numérique comme l’IRM. Mais cela suffira-t-il ? En marge de la faisabilité d’un tel cerveau artificiel, son objectif même pose problème : A quoi pourra bien servir une réplique électronique du cerveau humain ? En cas de succès, si l’exploit scientifique ne ferait pas de doute, les applications pratiques d’une telle réalisation restent à clarifier. En d’autres termes, quelle place occuperait un cerveau numérique dans l’arsenal des machines censées nous permettre de visualiser le fonctionnement du corps humain ? A terme, s’agit-il des prémisses d’un cerveau électronique infatigable et donc supérieur à son modèle humain ? Le projet Blue Brain peut-il reproduire, de façon figée dans l’architecture des puces en silicium, la matière vivante et plastique du cerveau biologique ? Avec** Hervé Chneiweiss,** docteur en médecine et docteur en science, directeur de recherches au CNRS neurobiologiste et neurologue, il dirige le laboratoire « Plasticité Gliale »,**Yves Fregnac** , professeur à l’Ecole Polytechnique, Directeur UPR CNRS 3293 Unité de Neuroscience, Information et Complexité CNRS (U.N.I.C.), **Dominique Leglu** , directrice de la rédaction de *Sciences et Avenir.*
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