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La conchyliculture est-elle victime des coquillages géants ?

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Huître japonaise (Crassostrea gigas)
Huître japonaise (Crassostrea gigas)
Huître japonaise (Crassostrea gigas) © 2005 David Monniaux Parmi les victimes de la tempête Xynthia qui a traversé la France le week end dernier, on trouve la filière conchylicole, c'est-à-dire, les éleveurs de coquillages comme les huitres ou les moules. Mercredi 3 mars, Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture et de la pêche, a annoncé un plan d'aide en trois points d'un montant global de 20 millions d'euros destinés, en particuliers, aux ostréiculteurs touchés par Xynthia. Cette profession n'avait pas besoin d'une telle catastrophe. En effet, elle est déjà confrontée à un problème de mortalité massive qui a touché 73% des huitres issues d'écloserie en 2009. Un phénomène qui se produit sur fond de polémique au sujet du développement des huitres dites triploïdes produites par induction chimique suivant un brevet déposé par l'Ifremer. Ce sujet est largement traité dans le dernier numéro de la revue Sciences et Avenir, partenaire de cette émission. Que se passe-t-il avec les coquillages triploïdes, c'est-à-dire ceux dont le patrimoine génétique comprend 10 triplets au lieu de 10 paires de chromosomes ? A priori, les huitres possédant une telle caractéristique, obtenue en laboratoire, présentent plusieurs avantages. Plus grosses et stériles, elles ne produisent pas cette laitance que la plupart des consommateurs n'apprécient pas. Et cette absence processus de reproduction accélère leur croissance qui passe de 3 ans à 2 ans. Pourtant, ces huitres semblent plus vulnérables aux attaques d'un virus, l'herpèsvirus OsHV-1. En 2009, alors que 73% des huitres triploïdes y ont succombé, la mortalité des huitres traditionnelles restait limitée à 35%. D'où l'inquiétude de la filière conchylicole au moment où l'Ifremer dispose d'un brevet qui étend aux moules le procédé triploïde. Les coquillages tétraploïdes sont-ils plus fragiles que leurs homologues naturels ? Ne risquent-ils pas d'inquiéter les consommateurs friands de produits « authentiques » ? Comment concilier les impératifs économiques de production avec le maintien d'une biodiversité garante de la résistance aux différentes agressions virales ? **Partenariat Sciences et Avenir **
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