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La science nous éloigne-t-elle de la nature ?

1h
À retrouver dans l'émission

Indiens Kayapo d'Amazonie
Indiens Kayapo d'Amazonie
Indiens Kayapo d'Amazonie © DR *« Avec la science galiléenne, l'homme s'est autonomisé par rapport à l'univers qui l'entoure, jusqu'à devenir, Descartes aidant, un être d'antinature »* . Cette phrase n'a pas été écrite par l'un de ces écologistes nostalgiques des temps idylliques où l'homme vivait au plus près de la nature... dans des cavernes glacées en passant le plus clair de son temps à chercher une nourriture difficile à arracher à un univers souvent hostile. Non, elle est extraite d'un livre intitulé *« Galilée et les indiens »* signé par l'un des *« héritiers de Galilée »* , comme il se définit lui-même. Il s'agit en effet d'Etienne Klein, bien connu sur cette antenne et dans notre émission. Dans cet ouvrage, il se livre à un exercice passionnant de remise en cause de ses propres certitudes qui le conduit tout droit à une impasse. Cette démarche est non seulement rarissime dans le milieu scientifique mais elle est également dérangeante et parfois même émouvante. En effet, l'auteur accepte de suivre une piste qui ne lui permet pas de déboucher directement sur une solution. Cette piste débute par une rencontre avec cinq chefs indiens d'Amazonie, des Kayapo, qui tentent de défendre le minuscule territoire de leur peuple de 7000 âmes contre les gouvernements brésiliens successifs. A leur contact, Etienne Klein prend conscience d'un rapport à la nature profondément différent de celui que les scientifiques, et avec eux la plupart d'entre nous, entretiennent avec l'univers qui nous entoure, pourtant le même que celui des Kayapo. Que s'est-il passé ? Galilée, répond Etienne Klein. Galilée qui a décrété que la *« vraie »* nature est écrite *« en langue mathématique »* . C'est au prix de cette mise à distance du monde que la science a réalisé toute ses fabuleuses découvertes. Etienne Klein en est, bien entendu, parfaitement conscient et il déclare ne pas vouloir *« qu'on liquide la science au motif d'un mauvais usage du monde »* . Alors faut-il accepter le paradoxe d'une science qui, pour que nous comprenions mieux notre univers, nous éloigne considérablement d'un contact en quelque sorte sensuel avec lui ? Quelles sont les conséquences de cette distance sur la valeur et la portée des résultats scientifiques eux-mêmes ? Quelles en sont également les conséquences philosophiques et politiques ? Est-il possible d'inventer une science post-galiléenne qui rompe l'isolement dans lequel l'homme s'est enfermé en se livrant à sa quête démiurgique de savoir ? Pourrons-nous, un jour, rétablir le dialogue avec les indiens Kayapo afin de parler d'un seul et même monde, le notre ?
Intervenants
  • Professeur d'histoire moderne, à l'université de Paris IV-Sorbonne.
  • Physicien, professeur à l'Ecole centrale à Paris et directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique), docteur en philosophie des sciences, spécialiste du temps
  • directeur exécutif du Comité mondial de la recherche spatiale (Cospar)
L'équipe
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