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La voix humaine devient-elle un instrument pour les compositeurs ?

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La musique contemporaine, car c'est bien d'elle qu'il s'agit, n'est pas sortie de la traversée du désert qu'elle s'est elle-même imposée depuis la seconde guerre mondiale. A cette époque, les compositeurs ont fait table rase du passé. La mélodie, l'harmonie classique, le rythme... tout a été englouti dans une révolution qui touchait alors également la peinture ou l'écriture. Comme on pouvait le craindre, ou l'espérer, le grand public a suivi... Il s'est évanoui, peut-être parfois au sens propre, devant le déferlement de sons, voire de bruit, que lui proposaient certains compositeurs. Aujourd'hui encore, le grand public n'est toujours pas revenu. Au point que la musique contemporaine ne constitue même pas une catégorie distincte dans les statistiques de ventes de CD. Elle n'est qu'une sous-famille mineure de la musique classique qui, elle-même, représente moins de 10% des ventes. Pourtant, malgré ou grâce à ce splendide isolement, la musique contemporaine existe toujours. Chaque année, elle attire des milliers de spectateurs qui assistent, au festival Agora organisé à Paris par l'Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, l'Ircam. Dans les sous-sols de cette annexe du Centre Pompidou créée par Pierre Boulez dans les années 1970, des compositeurs aux noms totalement inconnus du grand public jouent des oeuvres qui, souvent, ne méritent pas un tel enterrement dès la naissance. Même un néophyte, pour peu qu'il apprécie la musique tout court, est surpris par la richesse, l'inventivité et le caractère accessible de cette musique souvent qualifiée de « savante ». Cette année, Agora qui s'est tenu du 4 au 20 juin, a mis l'accent sur la voix. Bien sûr, la voix humaine est déjà présente dans la musique contemporaine mais l'Ircam propose de la passer à la moulinette de ses logiciels de traitement du son pour en faire un instrument au service des compositeurs. Lorsque l'Ircam s'attaque ainsi à la partie la plus humaine de l'expression musicale, faut-il s'attendre au pire ou au meilleur ? Quel est l'intérêt de traiter informatiquement la voix humaine en matière de composition musicale ? Un tel mariage de la technologie et de la voix peut-il rendre à la musique contemporaine cette humanité dont, souvent, l'électronique pure ou les sons concrets l'ont privée ? Enfin, la musique contemporaine se trouve-t-elle aujourd'hui sur la voie d'une réconciliation avec le grand public ? La cherche-t-elle ou bien se satisfait-elle de son splendide isolement ?

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