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Le Club de Science Publique : le principe de précaution et les OGM

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À retrouver dans l'émission

Le Club de Science Publique Nous vous invitons aujourd'hui au Club de Science Publique. Je vous rappelle que ce rendez vous mensuel de notre émission traite des implications politiques de la science. Trop souvent, dans l'actualité, les questions de science dont l'impact sur la société est de plus en plus important laissent peu la parole aux scientifiques eux-mêmes. Notre but est donc d'équilibrer le débat démocratique par une expression plus approfondie de leur avis. Vous pourrez ainsi vous forger votre propre opinion sur ces questions souvent délicates. Chaque mois, nous recevons certains membres du Club de Science Publique qui s'expriment non seulement sur leur spécialité mais également sur des domaines différents en apportant leur regard et leur expérience. Premier sujet de réflexion, le principe de précaution qui fait couler beaucoup d'encre et de salive. Jeudi 1er octobre, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, l'OPECST, organisé une audition publique sur ce sujet. Objectif : quatre ans après l'inscription du principe de précaution dans la constitution, évaluer, je cite, « la portée réelle de ce principe controversé et vérifier si les craintes qu'il avait suscitées se sont ou non confirmées. » Une interrogation légitime d'autant que l'actualité regorge d'évocation de ce principe. Il est souvent invoqué dans le débat sur les ondes électromagnétiques, thème sensible sur lequel l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsset) a rendu un avis mitigé et plutôt embarrassé après avoir examiné pas moins de 3500 écrits scientifiques qui n'apportent pas de conclusions claires. De son côté, la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie Chantal Jouanno a jugé, le 8 octobre "impératif" d'appliquer le principe de précaution, après l'interdiction adoptée le 7 octobre par les sénateurs de l'utilisation du portable aux écoliers et collégiens. Le WiFi, cousin du téléphone portable, est également souvent accusé d'atteintes à la santé et ses adversaires appellent à le retirer de certains lieux publics au nom du principe de précaution. D'autres voudraient l'appliquer au problème des suicides au travail qui vient de faire une 25e victime en dix-neuf mois chez France Télécom Orange. Le gouvernement semble y avoir largement fait appel face à la menace d'épidémie de grippe A(H1N1), ce qui l'a conduit à investir près d'un milliard d'euros dans l'achat de vaccins. Sans parler des nanotechnologies, dont nous avons parlé dans le mois dernier dans le Club de Science Publique et au sujet desquelles la Commission nationale du débat public (CNDP) a ouvert hier à Strasbourg une série de 17 réunions publiques. Notre second sujet qui peut apparaître comme une illustration de l'application du précaution : les OGM . L'actualité récente révèle à quel point la question de l'utilisation des organismes génétiquement modifiés reste sensible en France. Le 7 septembre dernier, le biologiste militant anti-OGM Pierre Azelvandre sectionne 70 pieds de vigne transgénique cultivés depuis 2005 par l'Institut national de recherche agronomique (INRA) à Colmar pour évaluer un porte-greffe destiné à permettre à la vigne de résister à la maladie du court noué. Le 7 octobre, l'affaire a été examinée par le tribunal correctionnel de Colmar. Mais, une semaine auparavant, à la suite d'une contestation de l'association France Nature Environnement, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l'autorisation de cet essai, délivrée en 2005 par le ministère de l'agriculture. Le jugement de Pierre Azelvandre est attendu pour le 27 octobre. France Nature Environnement demande la relaxe en arguant de l'illégalité de la parcelle détruite. Un scénario révélateur du poids des associations anti-OGM mais également de la sensibilité des tribunaux à leurs arguments.

Intervenants
  • chercheur à l'Ecole Polytechnique
  • médecin, immunologiste et chercheur en biologie, directeur du Centre d'études du vivant de l'Institut des humanités de Paris de l'université Paris Diderot
  • présidente d’Agreenium, spécialiste des systèmes alimentaires mondiaux, ancienne présidente directrice générale de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique)
L'équipe
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