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Le numérique allié ou ennemi de la musique ?

1h
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En collaboration avec le magazine SVM Le disque compact inventé par Philips et Sony en 1979 a bouleversé l'industrie de la musique tout comme les usages des consommateurs. Soudain, le cauchemar des disques en vinyle qui « craquent » parfois dès le premier passage sur la platine a pris fin. Le CD audio offre une qualité de son stable dans le temps, même si les puristes affirment qu'ils décèlent une perte par rapport aux disques noirs. De fait, cette perte, même si elle est très difficilement perceptible, existe. Elle est due à la numérisation du son qui introduit des escaliers dans les courbes de l'onde sonore. Mais cet escalier est constitué de plus de 44 000 marches par seconde, ce qui rend bien improbable d'entendre leur effet. Côté industrie, le CD audio est assez rapidement devenu une poule aux oeufs d'or. Il a permis de vendre plus cher des titres que, bien souvent, les consommateurs avaient déjà achetés en version vinyle. Cette période bénie qui a rapporté aux compagnies de disques des bénéfices considérables a pratiquement duré environ vingt ans. A partir de l'an 2000, deux autres technologies numériques ont commencé à y mettre fin. Il s'agit de la compression du son, le fameux MP3 qui s'est développé à partir de 1995, et d'Internet. En effet, ces deux innovations ont rendu possible la transmission du son sur la Toile. Dès lors, le règne du CD audio a commencé à décliner. Désormais, la musique peut en effet se propager sans besoin d'un support physique. Au cours des dernières années, les ventes de CD audio se sont écroulées et les compagnies de disques, tout comme les enseignes de ventes de CD, se sont révoltées. Comme elles pouvaient difficilement contester les évolutions de la technologie numériques dont elles ont, elles-mêmes, si longtemps profité, elles ont attaqué le point faible de l'échange de morceaux de musique sur Internet : la gratuité. En effet, les internautes pratiquent aujourd'hui à très grande échelle ce que leurs aînés réalisaient de façon artisane lorsqu'ils enregistraient des disques vinyle sur des cassettes audio. Pour l'industrie du disque, le développement de l'Internet à haut débit, qui facilite encore cet échange, a sonné le glas de l'âge d'or du CD. Mais elle ne l'entend pas de cette oreille et tente de contrattaquer sur le terrain de la justice. Ainsi, mercredi dernier, le 18 juin, un projet de loi baptisé « Création et Internet » a été présenté en conseil des ministres. Il devrait être débattu au parlement à la rentrée et la loi pourrait entrer en vigueur début 2009. Elle prévoit ce qu'il est convenu d'appeler une « riposte graduée ». Les internautes repérés pour avoir téléchargé illégalement des morceaux de musique recevront d'abord un avertissement et, s'ils persistent, ils pourront être privés d'accès à internet pendant un an. De telles mesures, qui instituent une surveillance permanente des internautes, sont-elles adaptées au problème que pose le téléchargement illégal ? Ce dernier a-t-il un impact négatif sur la création musicale ou bien essentiellement sur les bénéfices des maisons de disques ? Faut-il que la loi fasse barrage à une évolution des pratiques induite par le développement des technologies numériques ou bien faut-il inventer de nouvelles façons de distribuer la musique ?

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