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Le vaisseau spatial New Shepard décolle lors de l'un de ses vols d'essais

Le tourisme spatial, prochaine étape de la conquête de l'espace ?

55 min
À retrouver dans l'émission

L'exploit réalisé par la fusée New Shepard de Blue Origin repose la question d'une nouvelle forme d'exploration de l'espace: le tourisme spatial. L'objectif des firmes privées qui innovent dans ce domaine est clairement commercial: exploiter le désir de connaître le frisson du "grand noir".

Le vaisseau spatial New Shepard décolle lors de l'un de ses vols d'essais
Le vaisseau spatial New Shepard décolle lors de l'un de ses vols d'essais Crédits : Blue Origin

Mardi 23 novembre 2015, une information est passée presque inaperçue. Pourtant, pour la première fois dans l’histoire de l’aéronautique, le corps d’une fusée s’est reposé sur Terre après être montée à 101 km d’altitude. Cet événement est d’abord une performance technique. Si les Américains ont développé, à grands frais, la fameuse navette spatiale, c’était déjà, justement, pour disposer d’un vaisseau récupérable. A ceci près que la navette était lancée par une fusée détruite lors de chaque vol. Or, l’économie de l’aventure de l’homme dans l’espace dépend largement du coût du lanceur. Et le développement d’une activité commerciale, comme prétend le faire le tourisme spatial, n’a de chance de se produire que si le coût d’une balade à la frontière de l’espace devient accessible à un public qui, sans être immédiatement très large, peut se mettre au moins à la portée... des plus riches.

Longtemps, le tourisme spatial a fait pâle figure face aux autres projets de la conquête de l’espace. Difficile, en effet, de rivaliser avec la marche des astronautes sur la Lune, avec la Station spatiale internationale ou avec les projets de vols habités sur Mars... Pourtant, les temps changent depuis quelques années. Sans doute en raison de la révision à la baisse des ambitions humaines dans l’espace. Trop cher en temps de crises économiques, de guerres qui se multiplient et d’urgence de la lutte contre le terrorisme. La Nasa, fer de la lance de la conquête spatiale, voit ses budgets stagner ce qui a tendance à lui couper les ailes. Désormais, l’homme sur Mars doit se contenter de se regarder du cinéma, comme avec le film Seul sur Mars de Ridley Scott sorti en France en octobre 2015 et encore à l’affiche. Du coup, le tourisme spatial se sent pousser des ailes et attire les investisseurs privés.

Ainsi, une nouvelle bataille de l’espace semble en train de naître. Les pionniers ne sont plus des ingénieurs comme Wernher von Braun, Valentin Glouchko ou Serguei Korolev, mais des hommes d’affaires comme Jeff Bezos, patron d’Amazon, Elon Musk, fondateur de Paypal ou Richard Branson, ex propriétaire des Virgin Megastore reconverti, entre autres, dans le transport aérien.

Derrière l’exploit technologique de Blue Origin, pointent déjà des projets commerciaux de parcs à thème dédiés à l’espace dans lesquels un Port Spatial permettrait aux visiteurs les plus riches d’aller faire un tour dans l’espace. Une nouvelle forme de tourisme qui peut paraître paradoxale au moment où la planète s’interroge sur les moyens d’économiser l’énergie et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Intervenants
  • psychologue docteur en psychologie, spécialisé dans les missions en environnements polaires, spatiaux et sous-marins
  • président de l'Institut Européen du Tourisme Spatial (IETS) pilote de chasse et ancien directeur du Musée de l'air et Jean-Luc Wibaux
  • Ancien directeur technique du CNES (Centre national d'études spatiales), membre de l'Académie des Sciences
L'équipe
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