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Notre mode de vie modifie-t-il nos gènes ?

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La statue de Jean-Baptiste de Lamarck à Paris
La statue de Jean-Baptiste de Lamarck à Paris
La statue de Jean-Baptiste de Lamarck à Paris © DR D'après la théorie élaborée par Charles Darwin, c'est la sélection naturelle qui constitue le moteur de l'évolution des espèces. Avant lui, Jean-Baptiste Lamarck avait privilégié la thèse de la transmission des caractères acquis. Bien entendu, ces naturalistes du XIXe siècle ignoraient tout de la génétique amorcée par Gregor Mendel en 1865 et par August Weismann en 1883 et surtout développée au XXe siècle. Longtemps, les thèses de Lamarck et de Darwin se sont opposées mais la génétique semble donner définitivement l'avantage à la sélection naturelle. Le patrimoine qui se transmet d'une génération à l'autre résulte ainsi d'une sélection qui privilégie les caractéristiques de meilleure adaptation du génome aux contraintes de l'environnement. Exit, donc, la thèse de Lamarck selon laquelle cet environnement peut directement modifier le patrimoine transmis. Or, il apparaît aujourd'hui que les choses ne sont peut-être pas si simples. En effet, une étude suédoise de Lars Olov Bygren, de l'université d'Umea, sur 320 individus de la petite commune d'Overkalix jette le doute sur le triomphe absolu du darwinisme. Les scientifiques ont en effet relevé, en 2002, que l'abondance de nourriture ou les situations de famine vécues pendant l'adolescence des individus étudiés avait un impact sur leur descendance. Dans le premier cas de suralimentation, la mortalité par diabète de cette descendance se révèle quatre fois supérieure à la moyenne alors que la pénurie alimentaire vécue par un aïeul semble protéger ses descendants contre les maladies cardio-vasculaires et le diabète, comme l'explique fort bien Hervé Morin dans un article publié dans *Le Monde* du 28 décembre 2002. Si ce constat se confirmait, il aurait des conséquences considérables sur notre perception des mécanismes de la transmission de notre patrimoine génétique. Au moment où l'actualité souligne l'impact de la consommation d'alcool des mères sur le développement des foetus, la situation n'est-elle pas encore plus préoccupante en matière de transmission, par les parents, de caractères génétiques acquis pendant leur adolescence ? Cette hypothèse ne bouscule-t-elle pas la foi en un darwinisme absolu qui semble régner aujourd'hui sur la communauté scientifique ? Sait-on comment le génome peut se modifier sous l'impact des habitudes alimentaires par exemple ou de certains traumatismes physiques mais aussi psychologiques ?
Intervenants
  • généticien, spécialiste de l’évolution, professeur au Museum national d’histoire naturelle.
  • Docteur en médecine et en biologie, ancien directeur de recherches à l' Inserm, directeur du développement du laboratoire Bio-Rad
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