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Pourquoi l’espérance de vie en bonne santé diminue-t-elle ?

57 min
À retrouver dans l'émission

Old People - Photo: Andy Welscher via Flickr CC
Old People - Photo: Andy Welscher via Flickr CC Crédits : Radio France

L’augmentation de l’espérance de vie est souvent considérée comme le marqueur essentiel des résultats positifs du progrès dans la société. C’est l’argument majeur que l’on oppose à ceux qui critiquent la civilisation occidentale. Or, voici qu’une notion assez nouvelle remet en cause l’évolution indéniablement positive des pays développés dans ce domaine. Il s’agit de la notion de « durée de vie en bonne santé ». Pas facile à définir, certes. Mais les critères deviennent de plus en plus précis et efficaces avec l’indicateur baptisé « Espérance de vie sans incapacité » (EVSI). Elle désigne une vie sans limitations des fonctions essentielles telles que les aptitudes à se déplacer, se nourrir, se vêtir. Une absence de dépendance majeure en somme. Or, l’utilisation de cet instrument donne des résultats surprenants.

Le dossier consacré à ce sujet dans le magazine Science et Vie de juin 2013 qui vient de sortir dans les kiosques se révèle particulièrement alarmant. Même pour la France, pays champion de l’espérance de vie et toujours détenteur du record du monde avec les 122 ans de Jeanne Calment. Mais aujourd’hui, la mesure de l’évolution de la part de la vie que l’on peut espérer passer en bonne santé affiche une forte baisse. Ainsi, elle est de 74% pour une femme qui naît aujourd’hui alors qu’elle était de 77% en 2004. Ainsi, elle pourrait passer 22 ans de sa vie avec des incapacités contre 15 ans et demi si elle était née en 2004. Plus la vie s’allonge, plus elle se passe en mauvaise santé. Ce phénomène, s’il se confirme et ne s’inverse pas pourrait poser de nombreux et graves problèmes aux sociétés développées. Ni prévu ni anticipé, il touche en premier les baby-boomers âgés aujourd’hui de 46 à 64 ans

La réduction de la durée de vie en bonne santé est-elle avérée ou bien peut-elle résulter d’un biais statistique ?

S’il était confirmé, quelles serait les causes d’un tel phénomène ?

Touche-t-il de la même façon toutes les classes sociales ?

Faut-il incriminer un système de santé qui est plus axé sur la prolongation de la durée de vie que sur le maintien d’une bonne santé ?

Quelle part de ce phénomène peut être attribuée aux évolutions des modes de vie et des pratiques à risque comme la consommation de tabac et d’alcool ainsi que la sédentarisation et la mauvaise alimentation ?

Intervenants
  • journaliste au magazine science et vie
  • démographe et épidémiologiste, directeur de recherche émérite à l’INSERM et à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, conseiller scientifique auprès de la direction de l’INED.
  • Responsable du département Enquêtes et Analyses Statistiques INPES, chercheur au Cermes3 (Centre de recherche Médecine, Sciences, Santé, Santé mentale, Société), laboratoire CNRS /Inserm /EHESS de l'Université Paris Descartes, Sorbonne Paris
  • Directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED) et membre de l'unité de recherche "Mortalité, santé, épidémiologie", dont elle est responsable depuis 2009.
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