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A qui profite le réchauffement climatique ?

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Entre 1990 et 2100, la température moyenne du globe pourrait augmenter de 1,8 à 4°C, voire 6,4°C dans le pire des scénarios. La responsabilité de l'activité humaine dans ce phénomène ne fait plus de doute pour la communauté scientifique, si l'on excepte une poignée de dissidents parmi lesquels on compte parfois un ancien ministre de la recherche... Il ne s'agit donc plus de débattre ni de la réalité du réchauffement climatique ni de la responsabilité des émissions de CO2 produites par les centrales électriques, les usines et les voitures. Le message d'alerte martelé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, le GIEC, a fini par convaincre les dirigeants de la plupart des pays industrialisés, à l'exception notable des Etats-Unis. Ainsi, le Japon a annoncé, lundi dernier, 9 juin, un objectif de réduction de 60 à 80% de ses émissions de CO2 d'ici 2030 avec son plan Climat. Le même jour, le président américain George Bush jugeait possible de parvenir à un accord mondial sur la lutte contre le réchauffement d'ici la fin de son mandat, en janvier 2009. En France, le Grenelle de l'environnement s'est donné pour objectif de réduire de 38% les dépenses énergétiques des familles d'ici 2020. Et Nicolas Sarkozy discute avec Angela Merkel pour déterminer des mesures communes sur les questions énergétiques et climatiques. Nul doute que l'explosion du prix du baril de pétrole joue un rôle important dans la volonté des Etats de réduire les émissions de CO2. Un cercle vertueux apparaît en effet : en consommant moins, on réduit à la fois la facture énergétique et la contribution au réchauffement de la planète. Pour autant, certaines voix soulignent les dérives d'un discours politique qui, pour obtenir l'adhésion des populations, a tendance à caricaturer les résultats des scientifiques et à diaboliser le réchauffement climatique. On a en effet parfois l'impression que ce phénomène purement physique est présenté comme une malédiction qui punit les hommes coupables d'avoir succombé aux sirènes de la surconsommation et à la gabegie énergétique. Il semble naturel que les écologistes exploitent le réchauffement climatique au profit de leurs thèses sur la réduction de la croissance économique. En revanche, sur le terrain purement scientifique, il n'est pas inutile d'analyser l'augmentation de la température du globe un peu plus froidement. En effet, ce phénomène ne touche pas l'ensemble de la planète de la même façon. Et ses conséquences ne devraient donc pas, logiquement, être identiques pour toutes les régions du globe, ni pour les populations qui y vivent. Alors peut-on oser se poser la question de savoir à qui profite le crime ? Est-on en mesure, aujourd'hui, d'anticiper les conséquences du réchauffement climatique sur les différentes parties du globe ? Ne faut-il pas remarquer que la fonte des glaces, si elle peut se révéler dramatique pour les ours polaires, ouvre en même temps des routes commerciales très avantageuses pour certains pays ? Quels sont les bénéficiaires des mauvaises actions de la société de consommation ?

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