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Les méfaits des OGM

A quoi servent les controverses scientifiques?

57 min
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Qu’il s’agisse des OGM, du nucléaire, du gaz de schiste ou du réchauffement climatique, les débats entre scientifiques concernent de plus en plus le grand public. Est-il possible de mieux l'informer ? Sinon, les lobbies ne risquent-ils pas de prendre le pas sur la démocratie ?

Les méfaits des OGM
Les méfaits des OGM Crédits : Stéphane Martin - Flickr CC

La science se nourrit des controverses qui apparaissent à chacune de ses avancées majeures. Historiquement, elles ont probablement toujours existé car elles surgissent dès que la démarche scientifique bouscule les connaissances établies. Les exemples célèbres pullulent si l’on remonte au 16ème siècle avec Copernic qui met le Soleil et non la Terre au centre de l’univers connu à l’époque. Suivent Galilée, Pascal, Newton, Darwin ou Pasteur. Tous ont dû se battre pour imposer leurs résultats. Plus près de nous, Einstein s’est opposé à Bohr sur la mécanique quantique. La communauté scientifique a largement débattu de la mémoire de l’eau, de la fusion froide ou des origines humaines du réchauffement climatique.

Malgré cette longue tradition, les controverses scientifiques ont sensiblement évolué au cours des dernières décennies. Alors qu’elles restaient confinées au sein de la communauté des savants, qui inclue les théologiens ou les philosophes, les controverses scientifiques concernent de plus en plus le grand public. Sans doute parce que le délai entre les avancées de la science et leur mise en œuvre technologique s’est considérablement raccourci. Albert Einstein apporte un exemple frappant de cette évolution. Lorsqu’il s’écrit « Dieu ne joue pas aux dés ! » en 1927 pour contester l’approche probabiliste de la mécanique quantique, la société ne peut jouer, elle, qu’un rôle de spectateur. Mais lorsqu’il se rend compte que ses travaux peuvent conduire à la fabrication d’une bombe atomique par l’Allemagne, Einstein prévient du danger le président des Etats-Unis par une lettre d’août 1939 qui conduira au projet Manhattan. Il regrettera d’avoir signé cette missive lorsque, 6 ans plus tard, en août 1945, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki seront anéanties.

Aujourd’hui, les controverses scientifiques ne se jouent plus uniquement dans les salons feutrés des Académies savantes. Qu’il s’agisse du réchauffement climatique, des OGM, des ondes électromagnétiques, du nucléaire, des nanotechnologies, du gaz de schiste, des pesticides ou, même, de la vaccination, l’opinion publique est devenue une actrice déterminante. Et, derrière elle, le politique et le judiciaire, mais aussi les lobbies, entrent également en lice pour encadrer ou défendre les applications de la science dans la société.

Comment fonctionne ce jeu complexe auquel participent désormais tous ces acteurs ? Tel était le thème de l’université d’été organisée en 2013 par l’Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie, l’IHEST. L’essentiel des interventions fait l’objet d’un ouvrage intitulé « Au cœur des controverses, des sciences à l’action » publié chez Actes Sud en 2015. Et c’est le sujet de notre débat dans Science publique.

[LIENS]

L'université d'été de l'IHEST sur les controverses scientifiques : http://www.ihest.fr/la\-mediatheque/dossiers\-123/la\-controverse/la\-controverse\-enjeux

Intervenants
  • professeur émérite de philosophie à Sorbonne Université.
  • biologiste, directeur de Recherche honoraire à l'I.N.S.E.R.M. et de la Fondation Sciences citoyennes
  • directrice de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie.
  • juriste, agrégé en droit privé et sciences criminelles, professeur à l'université de Versailles Saint-quentin.
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