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Le secret professionnel de François Mitterrand et des écrivains

29 min
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Dans les temps qui nous paraissent maintenant héroïques où les présidents de la République française aimaient la littérature, ou faisait semblant de l’aimer, ces temps d’avant Nicolas Sarkozy qui a donné la Légion d’honneur à Julia Kristeva en lui rappelant son amitié pour Roland Barthez (au lieu de Roland Barthes), Nicolas Sarkozy qui a parlé de sa passion pour les Roujon-Macquart de Zola (au lieu des Rougon-Macquart, bien sûr), Nicolas Sarkozy qui a qualifié Julien Sorel, le charmant héros du Rouge et le Noir , de petit con, il y a eu François Mitterrand qui, s’il n’a pas eu le monopole du cœur, a semblé avoir celui de la lecture. Sa photographie officielle le montrait devant une bibliothèque, une main posée sur un exemplaire des Essais de Montaigne. La littérature le passionnait, il a peut-être vaguement rêvé d’être écrivain. Il a écrit des livres, loin d’être aussi bons que les flatteurs le lui disaient de son vivant, mais il les a écrits lui-même. Certains de ces flatteurs étaient des écrivains, d’ailleurs, il ne manque parmi eux des fous de pouvoir, qui rêvent vaguement d’être présidents de la République.

Ce qui m’intéresse dans cette affaire, en effet, ce n’est pas la littérature, mais les écrivains. Comment Mitterrand a jugé bon de les fréquenter pour son plaisir, mais plus encore pour son utilité politique. Quel est le secret professionnel de François Mitterrand et des écrivains et en imposant à ce pays de courtisans la notion que les écrivains sont des gens qui comptent autant que les chefs d’entreprise ou les sportifs ? Je reçois pour en parler Eric Roussel , qui publie chez Robert Laffont une biographie, François Mitterrand, de l’intime au politique .

Charles Dantzig

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