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Armand Louis de Gontaut, Le Beau Lauzun (1747-1793),

Le secret professionnel des derniers libertins

29 min
À retrouver dans l'émission

Quel est le secret professionnel de la civilisation libertine finissante, je reçois pour en parler Benedetta Craveri, auteur des Derniers libertins, chez Flammarion.

Armand Louis de Gontaut, Le Beau Lauzun (1747-1793),
Armand Louis de Gontaut, Le Beau Lauzun (1747-1793), Crédits : Joconde database

On le sait, on le sait. L’Ancien Régime était la douceur de vivre. C’est Talleyrand qui l’a dit, c’est-à-dire un des plus conséquents monstres froids de son temps. Un mafieux sans honneur mais plein d’esprit, et cela suffit pour les Français. Nous nous sommes toujours laissés abuser par les hommes d’esprit. Tous ne sont au demeurant pas méprisables, si on pense à Clemenceau. Ce qu’a dit Talleyrand valait bien sûr pour un tout petit nombre de personnes, les cinq ou 10 000 aristocrates qui vivaient luxueusement entre Paris et Versailles très, très, très loin des 30 millions de Français restants qu’ils méprisaient. Un jour, ces canaris de luxe ont vu s’approcher de leur cage dorée les chiens galeux de la bourgeoisie, qui ont faufilé leur truffe entre les barres du grillage. Affolement. Les bons mots n’ont pas suffi. Le cynisme, tout d’un coup, restait sans moyens. La Révolution a renversé la cage. Les derniers libertins de l’Ancien Régime, qui avaient cru qu’ils pouvaient tout faire selon leur bon plaisir, sont devenus en un instant un type archaïque.

Bibliographie

Intervenants
  • historienne, spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècles
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