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Le secret professionnel des femmes parlant de la guerre

29 min
À retrouver dans l'émission

"We Can Do It! affiche de propagande américaine réalisée en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, par J. Howard Miller
"We Can Do It! affiche de propagande américaine réalisée en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, par J. Howard Miller

Svetlana Alexiévitch vient de recevoir le prix Nobel de littérature. C’est la première fois qu’une femme ayant écrit sur la guerre obtient ce prix. Elle n’est pas la première femme à avoir écrit sur la guerre. Il y avait eu avant elle, par exemple, Rebecca West. Rebecca West est née en 1892 et morte en 1983. Cette Anglaise, qui a assisté au procès Nuremberg après la Deuxième Guerre mondiale et reste connue dans son pays pour Agneau noir et faucon gris , un récit de voyage en Yougoslavie entre-deux-guerres, avait avant cela, dès 1918, publié le premier roman écrit pas une femme sur la Première Guerre mondiale, Le Retour du soldat , à propos d’un soldat revenant amnésique des combats.
Il y a eu depuis des récits et des romans de femmes sur la guerre, mais finalement assez peu, si l’on tient compte du double fait qu’elles représentent la moitié de la population de la terre et subissent la guerre autant que les hommes, si elles la pratiquent peut-être moins, et qu’il y a de plus en plus de femmes écrivains. Comment les femmes voient-elles la guerre en plus de la vivre ? Svetlana Alexiévitch écrit, dans la présentation de La Fin de l’homme rouge , je cite : « Je pose des questions, non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, de l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. (…) L’histoire ne s’intéresse qu’aux fait, les émotions, elles, restent toujours à la marge. (…) Je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne. » Outre qu’elle donne une bonne indication de ce qu’est la littérature, cet forme d’écrit qui tient toujours compte de la chose imparfaite et humaine qu’est l’émotion, Alexiévitch révèle peut-être un point de vue original sur la guerre. Quel est le secret professionnel des femmes parlant de la guerre ? A l’occasion de l’attribution du prix Nobel de littérature à Svetlana Alexiévitch et de la publication deLa Guerre-Monde, 1937-1947 , chez Gallimard, je reçois pour en parler Françoise Thébaud , professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université d’Avignon.

Charles Dantzig

Bibliographie :

Svetlana Aleksiévitch, La guerre n’a pas un visage de femme , Actes sud

Svetlana Aleksiévitch, Œuvres , Actes sud

Sous la direction d’Alya Aglan et de Robert Frank, La Guerre-Monde, 1937-1947 , Folio Gallimard.

Marcelle Capy, Une voix de femme dans la mêlée , Entre-Temps

Rebecca West, The Return of the Soldier , Virago

Françoise Sagan, Les faux fuyants , Pocket

Françoise Thébaud, La femme au temps de la guerre de 14, Paris, Stock

Lower Wendy, Les Furies de Hitler , Tallandier

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