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 Kurt Schwitters (1927), revueMerz  No. 20 - Page 104

Le secret professionnel des langues imaginaires

29 min
À retrouver dans l'émission

Marina Yaguello nous livre les secrets des langues imaginaires

 Kurt Schwitters (1927), revueMerz  No. 20 - Page 104
Kurt Schwitters (1927), revueMerz No. 20 - Page 104 Crédits : Genja Jonas

Les langues sont des phénomènes de tribus, de pays. Une langue est au fond l’expression d’un pouvoir, sinon d’une domination, en tout cas d’une structure humaine organisée. On a parlé latin en Europe parce que les Latins, peuple violent, ont conquis territoire après territoire en Italie. Et pour commencer le royaume étrusque, dont la langue a été détruite après ses institutions. La défaite politique et militaire entraîne un abandon du parler au profit du parler du maître. C’est pour survivre et réussir, et peut-être que ça n’est pas si grave. Et d’ailleurs, est-ce toujours le cas ? Quelques siècles plus tard, toujours à Rome, Horace disait dans une épître : « La Grèce vaincue soumit son farouche vainqueur. » Le vainqueur c’étaient les Romains qui avaient été dit-il civilisés par les arts. Et les Romains cultivés parlaient tous le Grec entre eux. Même si la phrase qu’on prête à Jules César au moment de sa mort est probablement inventée, elle l’est de manière plausible ; c’est en grec qu’il aurait dit à Brutus « Toi aussi mon fils ». Il ne faut donc pas systématiser les rapports entre la langue et le pouvoir. S’il y a un domaine où la fantaisie s’insère, c’est bien celui-ci. Les hommes le font sans cesse, par des tentatives de créations de nouvelles langues. Quel est le secret professionnel des langues imaginaires, je reçois pour en parler Marina Yaguello, linguiste, auteur des Langues imaginaires, aux éditions du Seuil.

Charles Dantzig

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