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Une réunion publique de soutien à Benoît Hamon, le 12 avril, à Creil (Oise)

Les sympathisants socialistes face au doute

4 min

Au menu de ce journal de campagne : les socialistes en plein doute, reportage dans une réunion publique de soutien à Benoît Hamon à Creil (Oise). Polémique sur la responsabilité de la France dans la rafle du Vel' d'Hiv : Jean-Pierre Chevènement dénonce "la confusion et l'absence de nuance".

Une réunion publique de soutien à Benoît Hamon, le 12 avril, à Creil (Oise)
Une réunion publique de soutien à Benoît Hamon, le 12 avril, à Creil (Oise) Crédits : Sophie Delpont - AFP

Chaque jeudi, le service politique revient sur la campagne présidentielle vue depuis les coulisses, au travers d’un reportage, d’une interview et d'indiscrets. Au menu aujourd'hui :

CHOSES VUES - Comment contrer le défaitisme qui s'abat dans les rangs socialistes, sur fond de mauvais sondages et de lâchages politiques ? Pas simple, comme le montre le reportage de Sophie Delpont dans une réunion publique de soutien à Benoît Hamon, en présence de Christiane Taubira, à Creil (Oise).

INTERVIEW - Sa parole est rare dans cette campagne, et il n’a pas encore pris position pour un candidat. Au micro de France Culture, Jean-Pierre Chevènement se désole du climat des débats, symbolisé d’après lui par la polémique après les propos de Marine Le Pen. Elle avait estimé que la "France n'était pas responsable" de la rafle du Vél' d’Hiv. Une position historique que partage l'ancien ministre socialiste. Pour lui, cette polémique illustre avant tout la confusion et le simplisme qui règnent dans cette campagne. Voici l'interview en version longue :

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Jean-Pierre Chevènement : "cette campagne me fait honte"

Le débat politique est tombé très bas. Il n'y a plus d'objectivité, de sens de la nuance. Prenons cet exemple : la rafle du Vél' d'Hiv a été ordonnée par M. Bousquet, secrétaire général de la police, et par, on peut le penser, Pierre Laval, président du Conseil, avec l'accord de Pétain. Naturellement, cette rafle obéissait aux désirs des occupants allemands, et en particulier du chef de la Gestapo, Oberg. Il y a eu des accords entre Oberg et Bousquet. On peut rappeler ce fait et à partir de là dire le gouvernement de Vichy est le responsable de ce crime atroce qu'a été la déportation de 20 000 juifs vers l'Allemagne. Faut-il dire la France a commis l'irréparable, comme l'a dit Jacques Chirac en 1995 ? Pour ma part, je ne le pense pas, comme l'ont pensé à peu près tous les hommes politiques responsables en France jusqu'à Jacques Chirac. Car il y a une responsabilité pénale qui s'applique aux criminels, une responsabilité politique, qui s'applique aux peuples à travers les gouvernements qu'ils se sont donnés. Mais est-ce que le gouvernement de Vichy était légitime ? C'est la question de fond.

Jean-Pierre Chevènement, le 31 août 2016
Jean-Pierre Chevènement, le 31 août 2016 Crédits : Eric Chaverou - Radio France

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