LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Marceline Desbordes-Valmore

6 min
À retrouver dans l'émission

" N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.Les beaux étés sans toi, c'est l'amour sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau..."

Marceline Desbordes-Valmore
Marceline Desbordes-Valmore

« Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes » questionnait Marceline Desbordes-Valmore, dont le nom même est un poème.

Née à Douai en 1786, elle connaît la terreur révolutionnaire, s’embarque pour la Guadeloupe chercher avec sa mère le soutien d’un oncle pour s’en revenir quelques mois plus tard orpheline. Douai, Rouen, Bruxelles Paris, entre théâtre et poésie, Marceline Desbordes Valmore n’a cessé de vivre d’amour et de voyage.

« On a dit que Madame Valmore, dont les premières poésies datent déjà de fort loin, avait été de notre temps rapidement oubliée. Oubliée par qui, je vous prie ? Par ceux-là qui, ne sentant rien, ne peuvent se souvenir de rien. Elle a les grandes et vigoureuses qualités qui s’imposent à la mémoire, les trouées profondes faites à l’improviste dans le cœur, les explosions magiques de la passion. Aucun auteur ne cueille plus facilement la formule unique du sentiment, le sublime qui s’ignore. (…) Elle trace des merveilles avec l’insouciance qui préside aux billets destinés à la boîte aux lettres. »

C’est à croire que Julien Clerc, en plus de Marceline, avait bien lu Baudelaire !

Et si l’interprète a changé une absence en silence, un brûler en briller, dans ce parler intense des « séparés » c’est que la chanson a toute licence poétique dès lors qu’elle ressuscite...

De la soprano Françoise Masset à Julien Clerc, « Les séparés » ont pris voix. Le poème était dit par Claudia Cardinale et la causerie sur Marceline, datée de 1959, signée monsieur Raymond Escholier.

« Qu'est-ce que la poésie de Marceline Desbordes-Valmore, dans ces années de 1830 à 1850 qui voient aussi le triomphe - comme l'on dit - des grands écrivains, et des peintres, du romantisme ? Au premier abord, une langue et des catégories de pensée qui ne se distinguent plus guère de celles de tous les jours : le projet d'art, s'il en fut un, est bien renoncé, et le rythme qui mène ces longues strophes peut paraître ne remuer que la surface du monde, et ajouter au péché de banalité celui de l'éloquence facile. Du point de vue de l'être propre des femmes, de leur droit à un sentiment et une parole, celle qui parle ici semble, de surcroît, avoir bien trop consenti aux limitations et aux charges que la société leur impose. Et la religion qu'elle crie les jours où le malheur frappe, on dirait bien qu'elle est demeurée, sans changement appréciable, ce christianisme des femmes, surtout des mères, où il n'y a de permis que douleur et renoncement. - Mais au cœur même de ces poèmes qu'on trouve parfois négligés - ma plume court, dira volontiers Marceline - et qui manquent certainement de tout désir de composition, apparaît ce qu'on ne peut dire autrement que par l'idée de lumière. Comme si les mots retrouvaient une intensité, une qualité d'évidence qui seraient en puissance dans chaque chose, un vers puis un autre et un autre encore se détachent de la méditation ou du souvenir, illuminant comme d'une foudre l'horizon entier de la terre. » Yves Bonnefoy.

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......