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Manifestation, place de la République à Paris le 1 juillet 2017.

Pouvoir politique et crise permanente : quand l'exception devient la règle

43 min
À retrouver dans l'émission

Le sentiment de vivre en situation de crise constitue l’un des grands sentiments du XXe siècle – et, entre pandémie et terrorisme, que dire du XXIe ?

Manifestation, place de la République à Paris le 1 juillet 2017.
Manifestation, place de la République à Paris le 1 juillet 2017. Crédits : Alain Jocard / AFP - AFP

Le retour du confinement qui se généralise dans toute l’Europe, se doublant en France d’attentats chroniques et d’une surveillance policière accrue, l’état d’urgence s’ajoute à l’état d’urgence pour plonger le pays dans une atmosphère inédite. En matière de sécurité, des lois d’exception sont intégrées dans le fonctionnement normale de la justice. En matière sanitaire, des décisions engageant nos vies quotidiennes sont prises au nom de la science par le gouvernement avant d’être votées par le Parlement, qui n’est plus censé que les entériner. Les états d’urgence se suivent, ponctuent un temps suspendu au rythme des vagues du virus et des attentats aussi  impossibles à prévoir l’un que l’autre mais néanmoins garantis, et chacun se réveille le matin avec le sentiment de vivre de manière permanente en situation exceptionnelle. 

Dans cette atmosphère que Natacha Polony qualifiait récemment de « crépusculaire », à juste titre, et qui ne pourra qu’empirer au vu des dégâts économiques qui s’annoncent, peut-être est-il temps de se pencher sur la notion d’exception, sur ce qu’elle signifie historiquement dans la gestion du pouvoir. 

Une notion propre au XXIe siècle ? 

Ce sentiment de vivre en situation de crise est ancien. Il y a un état d’exception sur un plan institutionnel et juridique à partir du moment où les pouvoirs sont utilisés pour répondre à une situation d’exception, à une crise. 

Nous devons très largement cette notion au juriste allemand ultra-conservateur Carl Schmitt,  qui a fortement contribué à la construction du système juridique nazi. Pour lui, l’essence de l’état d’exception, c’est un pouvoir souverain qui peut passer au-dessus du droit pour sauver un Etat menacé.

Ordre libéral ou Etat autoritaire : l'impossible alternative ? 

Soit on serait dans un déterminisme scientifique, technique ou économique, soit on aurait une réaffirmation brutale du politique, assez autoritaire. Il faut déconstruire cette alternative terrible. Est-ce que nous n’avons pas les moyens, en France, de résoudre les situations de crises à partir d’un droit ordinaire ?

On assiste depuis dix ans à des déplacements dans l’équilibre fragile des pouvoirs, il faut être vigilant. Il ne s’agit pas de nier la crise, mais de critiquer le contournement du débat parlementaire. L’Etat doit intervenir après, et dans le cadre d’un débat public. 

Musiques:

Léonard Cohen: Democracy

Mavis Staple: Change

Johnny Cash: Rusty Cage

Intervenants
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Avec la collaboration de
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