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Photographie d'Electre/Oreste d'Euripide, mise en scène d'Ivo von Hove à la Comédie-Française

Electre/Oreste à la Comédie-Française : quelle place pour la tragédie grecque

45 min
À retrouver dans l'émission

Electre/Oreste d'Euripide à la Comédie-Française dans la mise en scène d'Ivo van Hove : un spectacle en résonance avec aujourd'hui.

Photographie d'Electre/Oreste d'Euripide, mise en scène d'Ivo von Hove à la Comédie-Française
Photographie d'Electre/Oreste d'Euripide, mise en scène d'Ivo von Hove à la Comédie-Française Crédits : Jan Versweyveld coll. Comédie-Française

Un article de Brigitte Salino le soulignait récemment dans Le Monde, la tragédie grecque est de retour sur scène et en particulier l’histoire des Atrides. A Gand en Belgique, Milo Raud vient de monter Oreste à Mossoul, à Lyon en juin, Daniel Lavaudant montera l’Orestie d’Eschyle, et la Comédie-Française offre en ce moment deux pièces d’Euripide en une, Electre et Oreste, dans une mise en scène particulièrement sauvage de Ivo van Hove, le metteur en scène belge à qui l’on doit déjà des adaptations scéniques de Cassavetes, Pasolini, Jean Genet, Tchekhov, la mise en scène du Lazarus de David Bowie à New York en 2015 et plus récemment à Avignon une adaptation théâtrale des Damnés de Visconti. 

C’est sur cette mise en scène très spectaculaire, qui fait salle comble à la Comédie-française en ce moment, que l’on s’arrêtera aujourd’hui. Un spectacle organique, rythmé et violent, dont le public un peu estomaqué ponctue les péripéties sanglantes comme on suit un épisode de Game of Thrones. Un spectacle  tendu, fait de terre humide, de chairs violentées, de haines extatiques et de transes meurtrières, qui sera repris cet été en Grèce au festival du théâtre antique d’Epidaure et qui, en attendant, fait presque exploser les limites de la salle à l’italienne. Un spectacle dont Ivo van Hove a pris soin de ne conserver que l’essentiel, soit la cruauté et l’ironie, et dont il a aussi soigneusement éliminé tout espoir de réconciliation. Un spectacle qui  va être l’occasion de nous demander non pas en quoi la tragédie antique est moderne, mais bien plutôt de quoi nous parle son archaïsme –à quoi il fait écho chez nous.

Suliane Brahim: "Il y a un dans cette mise en scène un geste de théâtre assez radical. Il y a quelque chose d'assez primitif que j'aime beaucoup. Je trouve ça beau de vouloir faire jouer les comédiennes pieds nus, très peu vêtues, sales, les percussions, les danses animales... ça questionne la violence (...) D'une vengeance plus ou moins légitime, on passe petit à petit à la barbarie" 

Une interprétation et une mise en scène très contemporaines :

Philippe Brunet: "Pour moi, la tragédie est une lutte entre le chaos et des forces qui maintiennent l'harmonie du cosmos. Il y a ce rapport contradictoire; le choeur, la danse apportent cela. (...) Dans cette mise en scène, on s'engloutit dans le chaos. On nous ôte tout espoir".  

William Marx: "Nous sommes orphelins de la tragédie. Ce qui donnait sens aux spectacles n'existe plus. La tragédie nous arrive comme La Venus de Milo. Mais dans le cas de la Venus de Milo, il lui manque ses bras et nous savons qu'il s'agit de ruines. Ce n'est pas le cas pour la tragédie. C'est le travail de l'helléniste de reconstituer les lieux, les rites qui donnaient sens au spectacle. (...) Pour les Athéniens, Electre ou Oreste sont des personnages exceptionnels, monstrueux. 

Intervenants
  • Comédienne, sociétaire de la Comédie-Française
  • Ccomédien, pensionnaire de la Comédie-Française
  • helléniste et metteur en scène
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "littératures comparées". Ecrivain français, essayiste, critique et historien de la littérature.
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