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Protesters from far-right movement Generation Identitaire take part in a demonstration against migrants on May 28, 2016 in Paris.

Folie identitaire : la contagion

45 min
À retrouver dans l'émission

L'identité, après avoir été défendue à gauche, est désormais instrumentalisée par la droite et l'extrême-droite. Il est nécessaire de revenir sur cette notion consubstantielle à l'être humain, et qui peut être utile à la compréhension de la société si elle n'est pas réduite à des usages politiques.

Protesters from far-right movement Generation Identitaire take part in a demonstration against migrants on May 28, 2016 in Paris.
Protesters from far-right movement Generation Identitaire take part in a demonstration against migrants on May 28, 2016 in Paris. Crédits : MATTHIEU ALEXANDRE / AFP - AFP

"L'identité n'est pas une essence. Elle est quelque chose qui se produit (...) Elle ne doit pas être réduite à un outil politique" Nathalie Heinich

Charles Aznavour est mort la semaine dernière et dans le Figaro de ce vendredi Eric Zemmour lui a rendu hommage sous le titre Nom : Aznavour, prénom Charles. « Parce que le prénom arménien choisi par sa mère était trop compliqué, l’infirmière de la maternité l’avait changé en Charles ». Il avait lui-même coupé son nom Aznavourian. Le grand footballeur français des années 50, Kopaszewski, avait fait de même en devenant Kopa. « L’assimilation avait des règles qu’aucun immigré ne refusait » poursuit Eric Zemmour. Beaucoup de juifs faisaient de même à l’époque, et bien sûr, sur ce point Zemmour a raison. Mais, venant après ses insultes à une chroniqueuse d’origine africaine, et après ses éloges réitérés à Pétain, ces phrases parce qu’elles viennent de lui deviennent problématiques. Après tout, comment l’homme qui, au nom de l’identité nationale, remet Pétain au goût du jour peut-il sérieusement parler d’assimilation ? 

En face, si je puis dire, c’est-à-dire dans toute une partie de la gauche, au nom de l’honneur familial, au nom des femmes, au nom des luttes contre les discriminations sexuelles ou sociales, ou au nom de l’histoire de la colonisation, il faut affirmer l’identité des dominés coûte que coûte. Les temps que nous vivons, qu’ils soient fantastiques, tragiques ou ridicules, sont le seul présent qui nous soit attribué, c’est pourquoi il faut essayer de le comprendre. De Paris à New York et ailleurs ces temps sont aussi ceux de la passion identitaire. Pour y réfléchir, j’ai invité Nathalie Heinich et Mark Lilla qui publient respectivement ces jours-ci  « Ce que n’est pas l’identité » (Gallimard) et « La gauche identitaire. L’Amérique en miettes » (Stock).

Bruce Springsteen : The Ghost of Tom Joad

Anthony Coleman : Belz dans l’album  Seraphic Tinge

Intervenants
  • Sociologue, directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique)
  • historien des idées, essayiste, enseignant à l'Université Columbia de New York
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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