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 Photo prise le 09 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Nagasaki, effectuée par l'armée américaine.

La guerre nucléaire peut-elle avoir lieu ?

45 min
À retrouver dans l'émission

Le monde est-il aujourd’hui moins dangereux qu’autrefois ou vit-on au contraire plus près de l’apocalypse ?

 Photo prise le 09 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Nagasaki, effectuée par l'armée américaine.
Photo prise le 09 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Nagasaki, effectuée par l'armée américaine. Crédits : AFP / US AIR FORCE

Le 13 janvier 2018 le monde est passé à un cheveu d’une guerre nucléaire et le monde n’en a rien su. Ce jour-là à 8h10 du matin, dans l’archipel de Hawaï, tous les possesseurs de portable ont reçu un message d’alerte indiquant qu’un missile balistique était en train de foncer sur eux. « Ceci n’est pas un exercice », précisait le message. 

Pendant près de quarante très longues minutes, les habitants de Hawaï ont vécu dans l’incertitude et dans la terreur de leur apocalypse. Certains se demandèrent d’où provenaient les missiles, de la Corée du nord ou la Russie ? Selon la réponse, le temps qui leur restait à vivre variait de quelques minutes à vingt-cinq. D’autres durent choisir auprès de quels membres de leurs familles ils voulaient vivre leurs derniers instants. D’autres terrifiés se précipitèrent dans leurs voitures et prirent la route vers nulle part à 160 km/h, provoquant des accidents en série. 

Puis la nouvelle tomba : il s’agissait d’une fausse alerte. 

Mais encore aujourd’hui, un an plus tard, son origine et ses conséquences font froid dans le dos. On s’est rendu compte que le fonctionnaire en charge de la surveillance n’avait pas appuyé sur le bouton d’alerte par erreur, mais parce qu’il avait vraiment cru à une attaque imminente en regardant des vidéos montrant en fait un exercice aérien. Si cette erreur d’interprétation avait été commise par le commandement militaire, plutôt que par un subalterne, le président américain n’aurait pas eu d’autre choix que de lancer de vrais missiles en riposte, déclenchant ainsi la troisième guerre mondiale. Trois jours plus tard, la même erreur s’est reproduite, cette fois-ci au Japon ou, pendant cinq minutes, Tokyo a vraiment cru qu’un missile nucléaire nord coréen fonçait sur la ville avant que la nouvelle ne soit démentie à son tour. 

Quelle différence y a-t-il entre une fausse alerte et une vraie, si toutes les deux entraînent la même catastrophe ? Une apocalypse qui ne s’est pas produite cesse-t-elle d’exister si elle peut continuer de se produire ? Dans les semaines suivant l’incident de Hawaï, l’ancien secrétaire d’état à la défense de Bill Clinton, William Perry, a conclu que, au XXIème siècle, toutes les alertes nucléaires devaient être traitées comme si elles étaient vraies, même quand elles ne le sont pas. En 1990, la fin de la Guerre Froide nous a fait croire à la fin de la menace atomique que l’on appelait l’équilibre de la terreur.  Mais à l’ère des fakes news, est-ce vraiment le cas ? Le monde est-il aujourd’hui moins dangereux qu’autrefois ou vit-on au contraire plus près de l’apocalypse ?

Références musicales:

Pierre Henry & Spooky Tooth , Offering

Intervenants
  • Philosophe.
  • Politologue spécialiste de l'analyse géopolitique et stratégique, et directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.
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