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L'expression "Smart city" est apparue dans les années 2000 à la fois dans l’environnement d’IBM, une intervention de Bill Clinton et le magazine Wired.

Voyage dans le monde rêvé des smart cities

1h34
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, Soft Power fait un point sur la "smart city", considérée par les uns comme le modèle de la vie urbaine future, participative, numérique et écologique, et par les autres comme une idée « corporate » au service d’une économie capitaliste débridée, "top-down" et managériale.

L'expression "Smart city" est apparue dans les années 2000 à la fois dans l’environnement d’IBM, une intervention de Bill Clinton et le magazine Wired.
L'expression "Smart city" est apparue dans les années 2000 à la fois dans l’environnement d’IBM, une intervention de Bill Clinton et le magazine Wired. Crédits : Getty

Actualités

FACEBOOK FILES | Emmanuel Paquette fait le point sur la suite de scandales qui agite l'entreprise.

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L’expression « smart city » – un concept attrape-tout – est considéré par les uns comme le modèle de la vie urbaine future (à la fois participative, numérique et écologique) et par les autres comme une idée « corporate » au service d’une économie capitaliste débridée et managériale. Pour les premiers, il est la solution à tous les problèmes de la ville ; pour les seconds, il serait au contraire l’indice d’une lente privatisation de l’espace public et de la gouvernance des villes.

La formule « smart city », est apparue au milieu des années 2000 à la fois dans l’environnement d’IBM, dans une intervention du président Bill Clinton ainsi que dans le magazine Wired. La pratique, d’ailleurs, est antérieure, comme l’illustre le projet « Amsterdam Digital City » lancé dès 1994.

Même si l’origine du nom reste floue et le concept plus encore, on peut penser toutefois que la notion de « smart city » a été popularisée initialement par les firmes IT et le monde « corporate », IBM et Cisco notamment (Courmont, 2019).

Le concept mérite de toute façon d’être écrit au pluriel : « smart cities ». Toutes les villes sont aujourd’hui « smart », mais elles sont également toutes différentes et les concepts qui tentent de les définir plus encore. Certains préfèrent d’ailleurs parler aujourd’hui de « ville intelligente » et de « digital city » et l’on peut lire fréquemment les expressions « connected city », « collaborative city » ou encore « resilient city ». 

Deux facteurs expliquent le succès de l’expression « smart city ». D’abord le contexte technologique de l’époque qui voit Apple lancer l’iPhone en 2007, Airbnb se développer à partir de 2008, puis Uber dès 2009 : dans les trois cas, le lien entre la technologie et la ville se précise. Ensuite, l’année 2008 connait un autre tournant : c’est l’année où la population urbaine mondiale dépasse pour la première fois la population rurale. Depuis, les projections de l’ONU vont toutes dans le même sens et montrent qu’environ 70 % de la population sera urbaine en 2050. A la même époque, la planète comptera d’ailleurs quarante-trois villes de plus de dix millions d'habitants. La « Global City » décrite, dès 1991, par Saskia Sassen devient peu à peu une réalité et, surtout, elle devient dominante (Sassen, 1991).

Si les « smart cities » varient grandement, et s’il existe peu de consensus sur ce qu’elle sont vraiment, elles mobilisent toutes, sous des formes et des proportions variées, des technologies : caméras et capteurs pour collecter des données ; des softwares pour les traiter ; enfin du wifi et du cloud pour les transporter et les stocker. 

Les domaines initiaux des « smart cities » ont donc été, dès départ, ceux du transport, de la collecte des ordures, de la consommation d’eau et d’énergie (en particulier les éclairages publics), des urgences médicales ou incendies, et de la sécurité (police, terrorisme). Il s’agissait toujours d’« optimiser » ces services afin de les rendre plus économiques ou plus écologiques, et le cas échéant, de faciliter les mobilités.  

La traduction de la vie urbaine en données est donc centrale dans le dispositif et le traitement automatisée de ces données est au cœur de la « smart city » puisqu’il s’agit d’en proposer une « analyse », une « prédiction », un « management » ou une « action ». Voilà pourquoi le « big data » et, plus récemment, l’ « intelligence artificielle », le « machine learning » et le « deap learning » sont également au cœur de l’idée de la « smart city » (Mayer-Schönberger, 2013 ; Pieraccini, 2021).

En définitive, et quelle que soit l’approche choisie, techniciste, communicationnelle ou managériale, il s’agit de faire en sorte que la ville devienne plus « intelligente », soit par une plus grande optimisation, soit au contraire par une complexification de la gouvernance des villes, sans que l’on sache toujours si cela doit être fait dans le but d’améliorer la vie des habitants, en faciliter le contrôle, améliorer les services publics ou permettre à la puissance publique de faire des économies.

Nos entretiens 

  • Acteur majeur de la « smart city » depuis le milieu des années 2010, Google a imaginé un projet plus audacieux encore : les « Sidewalk Labs », lancés en 2015 à Toronto. Les « Sidewalk Labs » reposaient sur une vision d’ensemble pour changer la ville : ce vaste plan de « connectivité ubiquitaire » s’adossait à un projet d’ensemble dans les transports, un projet de revitalisation urbaine, un système de santé communautaire et, enfin, à de vastes infrastructures technologiques. Une véritable « Google City » devait naître à Toronto. Auteur de « Ne laissez pas Google gérer nos ville », Jacques Priol a suivi minutieusement ce projet sur place tel qu’il a été voulu par les élus de Toronto.
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Jacques Priol, auteur de "Ne laissez pas Google gérer nos ville", aux éditions de l’Aube, à propos de l'échec du projet Sidewalk Labs au Canada.
  • Open Street Map est une solution à but non lucratif et collaborative qui permet de cartographier la ville. Nous avons discuté cette semaine avec Florian Lainez et Christian Kest, porte-paroles d’Open Street Map  :
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2 min
Florian Lainez et Christian Kest, porte-paroles d’Open Street Map.
  • NEOM est un projet fou qui est en train de devenir réalité : la « smart city » pharaonique du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Personne n’a véritablement pu visiter NEOM (en grec, le mot signifie - en gros - le futur du nouveau) mais Mazen Hayek, consultant médias du monde arabe que nous recevions dimanche dernier, s’y est rendu. Il nous raconte :
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2 min
Mazen Hayek, consultant médias du monde arabe, à propos de NEOM, le projet de "smart city" du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.

Pour aller plus loin

  • Ne Laissez pas Google gérer nos villes ! Jacques Priol, éditions l'Aube, 2021.
  • Quand la donnée arrive en ville, Antoine Courmont, Presses Universitaires de Grenoble, 2021.
  • Learning Cities, Benoît Gufflet et Dimitri Kremp, 2021.

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Intervenants
  • Sociologue, Directeur scientifique de la chaire Villes et numérique de Sciences Po Paris
  • Étudiant à HEC et Sciences Po Paris, il a réalisé un tour du monde des « smart cities »
  • Journaliste à France 24
  • directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles
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