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Les besoins importants en eau pour entretenir le gazon posent problème dans un contexte marqué par le réchauffement climatique

Gazon maudit

13 min
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Le rêve américain c'était aussi cela : une pelouse verte, homogène, et tondue au millimètre près. Pourtant cette pratique de jardinerie est aujourd'hui vivement remise en question, à la fois pour son impact écologique désastreux mais également pour les contraintes imposées aux jardiniers.

Les besoins importants en eau pour entretenir le gazon posent problème dans un contexte marqué par le réchauffement climatique
Les besoins importants en eau pour entretenir le gazon posent problème dans un contexte marqué par le réchauffement climatique Crédits : Karan Kapoor - Getty

Si je vous disais que la moitié des ressources en eau de Los Angeles vont par terre, non pas pour cultiver un aliment mais pour entretenir le gazon, vous me traiteriez d'affabulateur et vous auriez tort. La critique du gazon est un discours qui monte de plus en plus aux Etats-Unis où le gazon est une véritable religion malgré le climat parfois très sec. Mais ce discours pourrait aussi très prochainement arriver en France. Cette passion pour le gazon, une passion dispendieuse en eau, gourmande en engrais et génératrice de bruits de tondeuse pourrait bien être de plus en plus contrariée. 

Pour en savoir plus sur le phénomène du gazon, nous nous sommes tournés vers Olivier Filippi, il est pépiniériste et botaniste et l'auteur de deux autres livres de référence sur la question : Pour un jardin sans arrosage (2007) et La Méditerranée dans votre jardin (2018). 

L'histoire du gazon : une démocratisation récente 

Le gazon se démocratise après la Seconde Guerre Mondiale avec l'arrivée massive sur le marché de produits comme l'engrais et la disponibilité des moteurs à essence pour les tondeuses.  Si le gazon s'est largement démocratisé à partir des années 50 en Europe et aux Etats-Unis, cette pratique remonte au Moyen Âge, mais était à l'époque, réservée à une élite : 

Les gazons au sens large existent depuis quelques siècles mais étaient réservés à une élite d'aristocratie en Angleterre et aux Etats-Unis, tout simplement parce qu'autrefois il n'y avait pas de tondeuses à gazon. C'était des jardiniers qui, armés de petites cisailles, coupaient le gazon à la main. Olivier Filippi, pépiniériste 

Le gazon est une espèce de graminées que l'on retrouve dans la nature, mais qui est toujours accompagnée d'autres espèces végétales. 

Il n'y a pas dans la nature, d'écosystème qui ressemble à un gazon pur, c'est à dire uniquement des graminées. Les graminées dans la nature (...) sont toujours mêlées avec d'autres espèce par exemple du trèfle ou du lotier qui sont de la famille des légumineuses. Olivier Filippi, pépiniériste 

Le gazon : une aberration écologique 

La consommation en eau du gazon est extrêmement importante. Dans les zones au climat sec comme à Montpellier ou à Marseille, une pelouse nécessite en effet près de 1 000 litres d’eau par mètre carré et par an, selon Olivier Filippi. Et même dans les zones au climat tempéré, les perspectives de réchauffement climatique risquent d'entraîner les mêmes difficultés pour entretenir le gazon. 

Avec les perspectives de réchauffement climatique, il y aura une succession d'étés qui seront de moins en moins stables, des étés quelques fois beaucoup plus pluvieux, quelques fois des étés très secs. Donc dans ces zones là où le gazon était traditionnellement adapté, il sera adapté en pointillé (...). Et dans les zones traditionnellement sèches en été, ce sera probablement de pire en pire et le gazon va devenir impossible à faire pousser. Olivier Filippi, pépiniériste 

Aujourd'hui, des alternatives apparaissent, c'est le cas notamment au château de Versailles : 

Dans toutes les zones limitrophes, dans les sous-bois clairsemés là où les familles vont pique-niquer, ils ont une approche très contemporaine qui est complètement différente. D'une part il n'y a aucun engrais et aucun désherbant ce qui fait que les graminées à gazon se sont mêlées avec tout un tas de de mauvaises herbes qui sont leurs compagnes naturelles. Olivier Filippi, pépiniériste 

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