LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Port-au-Prince : Un enfant regarde des soldats brésiliens de passage alors qu'ils patrouillent dans un camp de survivants du séisme de janvier 2010 en Haïti qui a tué 250 000 personnes (28 février 2013)

Haïti, la république des ONG

18 min
À retrouver dans l'émission

Le 12 janvier 2010, les trente-cinq secondes qui ont fait trembler Haïti ont ravagé l’île. Des dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de blessés, de sans-abris. Mais très vite, les dons vont affluer : 10 milliards de dollars au total. Pourtant, 10 ans après, la refondation du pays n’a pas eu lieu. Où sont passés ces milliards d'aide ? Haïti est-il condamné rester un Etat failli ?

Port-au-Prince : Un enfant regarde des soldats brésiliens de passage alors qu'ils patrouillent dans un camp de survivants du séisme de janvier 2010 en Haïti qui a tué 250 000 personnes (28 février 2013)
Port-au-Prince : Un enfant regarde des soldats brésiliens de passage alors qu'ils patrouillent dans un camp de survivants du séisme de janvier 2010 en Haïti qui a tué 250 000 personnes (28 février 2013) Crédits : AFP PHOTO / VANDERLEI ALMEIDA - AFP

Il y a 10 ans, le 12 janvier 2010 à 16h53, Haïti était frappé par un tremblement de terre de magnitude 7 sur l'échelle de Richter. Un terrible séisme qui fit plus de 200 000 morts, 300 000 blessés et près de 1,5 million d'Haïtiens privés de logement. A la suite de la catastrophe, la communauté internationale largement émue par la situation du pays, les dons ont afflué. Et pourtant, rien ne s’est arrangé depuis en Haïti malgré les 10 milliards de dollars de dons venus du monde entier.

Que sont devenus ces 10 milliards de dollars de dons ? Pourquoi Haïti panse-t-elle toujours ses plaies 10 ans après le séisme ? 

Pour comprendre la situation catastrophique en Haïti, il ne faut pas partir du tremblement de terre mais de la période qui l’a précédé. Et pour nous y aider, nous avons fait appel à Frédéric Thomas, politologue, docteur en sciences politiques, chargé d’études pour l’ONG CETRI (Centre Tricontinental à Louvain-la-Neuve en Belgique). 

"En Haïti, la vie au quotidien est une survie"

Effectivement, le tremblement de terre a été précédé d'une catastrophe sociale, à savoir une pauvreté très forte, de grandes inégalités, une absence d'accès aux soins, à l'éducation, une absence de politique publique, un chaos urbain avec une concentration très forte de population à Port-au-Prince, la capitale, avec une population très jeune qui vit essentiellement dans les bidonvilles... Et ce sont donc tous ces aspects sociaux-là qui expliquent que le séisme du 12 janvier 2010, qui aurait fait beaucoup moins de victimes ailleurs, s'est traduit par autant de dégâts en Haïti.

Pour en revenir aux 10 milliards promis pour la reconstruction d'Haïti, là encore, il faut comprendre un processus complexe qui implique autant l'administration publique d'Haïti que les ONG dans le manque de coordination sur le terrain. La responsabilité de la coordination et de la supervision des activités des ONG en Haïti avait pourtant été confiée au Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). Mais sur les milliers d'ONG présentes, seules 300 étaient reconnues par le MPCE. Par ailleurs, la somme de 10 milliards évoquée n'est pas celle qui a été versée à Haïti. Frédéric Thomas nous éclaire sur la répartition des fonds :

"Haïti est un des pays les plus pauvres d'Amérique Latine mais c'est surtout l'un des plus inégalitaires"

Effectivement, deux mois après le tremblement de terre, les pays se sont réunis à New-York et Ban Ki-moon, alors Secrétaire Général des Nations Unies, avait rassemblé une somme énorme - 10 milliards de dollars - pour "reconstruire le pays en mieux". Mais cette somme de 10 milliards est une annonce. Elle mêle des promesses de dons, des dons effectifs, des prêts, mais aussi de l'argent qui était déjà budgété, des annulations de dettes. Dans les faits, les 10 milliards de dollars ne sont pas l'argent qui sera effectivement déboursé sur le terrain.

Invité : Frédéric Thomas, politiste. Docteur en sciences politiques, chargé d’études pour l’ONG CETRI (Centre Tricontinental), en ligne depuis Haïti

Extrait

Haïti : une île à la dérive de Grégoire Deniau & Guillaume Martin. ARTE Reportage (23 min). Disponible du 10/01/2020 au 02/01/2023

Image extraite du reportage "Haïti : une île à la dérive"
Image extraite du reportage "Haïti : une île à la dérive" Crédits : Grégoire Deniau & Guillaume Martin. ARTE Reportage

Liens 

"Superfail" est un podcast original de Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture : chaque lundi matin, retrouvez une histoire d'échec, de fail, décryptée avec un invité. Un programme à écouter à votre rythme, quand vous le désirez.   Retrouvez l'intégralité des épisodes de Superfail 

Pour vous abonner au podcast

Pour Android et autres applications : abonnez-vous avec le fil RSS (sur téléphone Android et autres applications)   Sur iTunes et téléphones Apple : abonnez-vous avec ce lien 

L'équipe de Superfail

Guillaume Erner, Sylvia Favre, David Jacubowiez et Jordan Fuentes. Aujourd'hui, la prise de son est assurée par Ludovic Auger.

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......