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La défaite de Waterloo inspira de nombreux écrivains du 19ème siècle : Chateaubriand, Balzac, Stendhal ou encore Victor Hugo dans son poème l'Expiation

Waterloo : l'ultime défaite

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Le 18 juin 1815, Napoléon Bonaparte perd une bataille décisive dans une petite commune belge, nommée Waterloo. Devenue aujourd’hui un terme générique, les causes de cette défaite restent pourtant en grande partie méconnues.

La défaite de Waterloo inspira de nombreux écrivains du 19ème siècle : Chateaubriand, Balzac, Stendhal ou encore Victor Hugo dans son poème l'Expiation
La défaite de Waterloo inspira de nombreux écrivains du 19ème siècle : Chateaubriand, Balzac, Stendhal ou encore Victor Hugo dans son poème l'Expiation Crédits : Libre de droits - Getty

C’est la mère de toutes les batailles, mais de toutes les batailles perdues. L’exemple que l’on invoque lorsqu’il est question de défaite, pratiquement un nom propre – vous savez comme frigidaire – on dit Waterloo, un vrai Waterloo. Comment Napoléon a-t-il réussi à échouer ? Alors que l’on célèbre son bicentenaire, il était normal que Superfail mette son nez dans cette défaite. 

Pour nous raconter l’histoire de cette bataille perdue, nous avons convié l’homme qui incarne l’histoire sur France Culture, Xavier Mauduit, producteur du Cours de l’Histoire

Waterloo : une bataille décisive 

La bataille de Waterloo s’inscrit dans un contexte singulier : celui du retour triomphal de Napoléon Bonaparte après sa première défaite en 1814 et son exil sur l’île d’Elbe. Débarquant sur une plage près d’Antibes en mars 1815, l’empereur parcourt la France jusqu’à Paris et voit ses troupes s’accroître considérablement au cours de sa traversée. Face à cet immense élan populaire, les forces européennes alliées contre l’Empire lors du Congrès de Vienne décident de lancer leurs troupes pour anéantir définitivement les ambitions de l’empereur. Les troupes britanniques et prussiennes se dirigent vers la France par le Nord, passant pas la Belgique, et c’est à Waterloo, petite commune près de Bruxelles, qu'aura lieu la confrontation. 

C’est un lieu légèrement accidenté, c’est un lieu que Napoléon maîtrise, connaît. Mais vous savez, il y a des paramètres que l’on ne maîtrise pas. Et là, c’est la météo. Et ce moment en juin 1815, est marqué par un terrible orage et le sol est boueux. Très compliqué pour les chevaux de la cavalerie et pour l’artillerie lorsqu’il faut déplacer des canons. Xavier Mauduit, historien et producteur du Cours de l'Histoire  

Face aux soldats impériaux s’élèvent deux armées : les troupes britanniques commandées par le duc de Wellington et les troupes prussiennes dirigées par le maréchal Blücher. Napoléon prévoit de battre une armée après l’autre, comptant sur le découragement des troupes britanniques une fois constatée la débâcle de leurs alliés prussiens. 

Les causes et conséquences de cette défaite

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette défaite historique. La diminution physique de l’empereur en raison de maladies fut souvent invoquée, mais pour Xavier Mauduit, l’explication la plus crédible tient dans les difficultés de communication au sein du camp français, dues notamment à l’absence d’un homme :  

Un homme, Berthier, maréchal d’Empire, personnage exceptionnel dans l’épopée impériale a toujours été aux côtés de Napoléon. Berthier c’est l’organisateur, c’est celui qui transmet les ordres. C’est un homme qui a une conscience absolue de cette transmission des ordres : il n’envoie pas qu’un messager, mais deux, trois, quatre... Il fait sans cesse vérifier. Mais en 1815, Berthier n’est plus là, il est mort.  

Alors que la bataille fait toujours rage entre français et britanniques, les prussiens viennent prêter main forte à leurs alliés. Les soldats français sont contraints de battre en retraite. Les conséquences de cette défaite sont bien connues : Napoléon se rend aux autorités anglaises et est exilé sur l'île de Saint-Hélène, où il meurt 6 ans plus tard, le 5 mai 1821. 

Malgré les pertes humaines et le rôle décisif de Waterloo dans le délitement de l’Empire, cette défaite devient une victoire symbolique internationale, lors de l’Eurovision en 1974. C’est cette année en effet, que le groupe ABBA sort son tube, Waterloo :  

Cette chanson du groupe ABBA, succès international, que le groupe reprend dans plusieurs langues dont le français, fait de Waterloo la bataille ultime. Et c’est très joli de constater qu’aujourd’hui encore, pour les touristes qui vont à Waterloo, il y a un doute : qui a gagné réellement Waterloo ? Et si c’était Napoléon ? 

Extraits : 

- Film Waterloo de Sergueï Bondartchouk (1970)
- Sketch « Waterloo » de Jacques Martin (Barclay, 1964)
- Poème « Waterloo » lu  par Jean-Paul Roussillon (Guilde internationale du disque, 1969)

Intervenants
  • Historien, producteur de l'émission "le Cours de l'histoire" sur France Culture
L'équipe
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