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Amours (4/4) : « Alger, mes amours »

56 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire de Yassine Bouzar et Rafik Zénine

Les cadenas sur le Pont Telemly à Alger
Les cadenas sur le Pont Telemly à Alger

Le 7 septembre 2013, des Algérois s’étaient rendus sur le pont du Telemly dans le centre d’Alger. Ils voulaient inaugurer le « pont de l’amour » en y accrochant des cadenas. Longtemps ce pont fut appelé « pont des suicidés ». Si les uns, nombreux, soutiennent ce geste qui offre aux jeunes l’occasion d’exprimer leur amour sur le «pont des suicidés», les autres, dénoncent le geste qui veut dévoyer la jeunesse algérienne. Les cadenas furent donc arrachés.

Un cadenas symbole d’un amour vécu en cachette.

Un amour tu et têtu, qui tente d’exister et de survivre dans un Alger écrasé par le poids des coutumes et de la religion.

La pudeur disent-ils !

Pour le reste, à Alger, la pudeur cède sa place à un faste démesuré : on exhibe fièrement et sans vergogne sa grande maison, sa grosse cylindrée, ses liasses de billets.

L’amour lui reste caché, épié, jaugé et jugé sur la place publique.

Chaque jour on flirte avec l'hypocrisie, cet amour est consommé passionnément en secret. On s’effleure, on se touche, on s’aime mais en silence, dans la clandestinité. Surtout ne pas le montrer, ni le crier, le vivre seulement loin des regards et veiller à ne pas se faire prendre !

L’amour en dehors du mariage est interdit mais le sexe est pratiqué partout où l’on peut : parc, cinéma, studio du cousin, arrière de la voiture et tant pis pour le plaisir. Pas de place pour la sensualité, les gestes sont saccadés, brusques, brutaux parfois, pas de place non plus pour les préliminaires, pas le temps !

A Alger, on ne sait pas aimer ou peut être on n’a jamais su le faire, jamais eu de mode d’emploi. Qui a vu ses parents échanger des mots d’amour ? Encore cette satanée pudeur,

Tu sais ici, nous dit Zohir, l’amour n’est pas une valeur locale !

Avec : Neila et Nassim, 21 ans, étudiants ;

Amina, Kitty, Zohir et Sifax, de l'Association Abu Nawas (militants algériens pour la cause LGBT) ;

Leila, 50 ans, femme de ménage ;

Beya, 21 ans, stagiaire ;

Et Nabil, 25 ans, musicien et chanteur du groupe Zniket lehbal.

Production : Yassine Bouzar

Réalisation : Rafik Zénine

Crédits photos : Beya Othmani et Yassine Bouzar

Vidéo de Fadela Dziria, 1917-1970, grande figure du Hawzi :

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