LE DIRECT

Champ libre (2/4) : « Tanger : du cinéma à la cinémathèque »

52 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la journée France Culture Spéciale Maroc en direct de Rabat

Un documentaire de Joseph Confavreux et Philippe Rouy - Rediffusion du 20 septembre 2007

Tanger, du cinéma à la cinémathèque
Tanger, du cinéma à la cinémathèque

A Tanger, ex-ville internationale, les anciens cinémas ou théâtres qui feraient passer le Rex ou le dernier multiplexe pour d’aimables salles de quartier se comptent en dizaine. Mais, lorsqu’ils n’ont pas définitivement fermé leurs portes, ils ne sont plus que des ruines diffusant des films de Bollywood rayés au-delà du possible, dont les enceintes crachotantes n’écorchent les oreilles que d’un public épars venu davantage pour échanger quelques baisers volés que pour faire acte de cinéphilie.

C’est grâce à l’association de Cyriac Auriol , producteur français, et Yto Barrada , photographe tangéroise, qu’a vu le jour, en février 2007, l’étonnant projet de racheter l’ancien cinéma Rif – quasiment à l’abandon - pour en faire un lieu de culture, de travail et de souvenirs… Yto Barrada et son acolyte en programmation, également plasticienne, Bouchra Khalili , y manient l’art du contre-pied en imposant une programmation exigeante, mais diverse : films arabes grand public, art vidéo marocain, films d’archives amateurs sur Tanger ou encore séances pour enfants…

L’ancien cinéma Rif n’a toutefois pas encore retrouvé le public qui s’y pressait dans les années 60, lorsque l’entracte coïncidait avec l’appel à la prière du muezzin, et que l’on allait au cinéma autant pour parler, manger, fumer ou chanter que pour regarder les films. La nouvelle cinémathèque de Tanger ressemble à s’y méprendre à la ville d’aujourd’hui. Elle se situe dans un pays qui ne va plus au cinéma, mais ne cesse de s’alimenter aux images d’ailleurs. Elle constitue une enclave, mais demeure ouverte à tous les vents. Elle est un pont entre un passé mythifié, que la décoration chinée aux puces rappelle sans cesse, et un présent contrarié, que la programmation tente d’aborder.

Quand nous y étions, la sono artisanale installée sur le toit d’une vieille voiture pour crier à tue-tête dans les boulevards de Tanger le programme de la semaine à tous les passants qui n’auraient pas lu le Rififi - le bien nommé bulletin d’information – était malheureusement en panne. Mais un certain renouveau du cinéma à Tanger semblait, lui, bien en route.

Avec :

Yto Barrada , plasticienne, directrice de la Cinémathèque de Tanger,

Bouchra Kallili, programmatrice de la cinémathèque,

Jilhali Ferhati , cinéaste,

André Téchiné , cinéaste,

Badie Senedji , ancien directeur du cinéma Rif.

Production : Joseph Confavreux

Réalisation : Philippe Rouy

Cinémathèque Rif de Tanger :

À venir dans ... secondes ...par......