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Entasser les objets hétéroclites jusqu’à en remplir sa maison

Au pays des Diogène : accumuler pour exister

52 min
À retrouver dans l'émission

Nous connaissons tous des proches qui accumulent les objets. La plupart du temps, ces manies amusent ou agacent l’entourage mais ne prêtent pas à conséquence. Mais chez certaines personnes, l’accumulation de toute sorte d’objets et de détritus peut devenir compulsive et problématique.

Entasser les objets hétéroclites jusqu’à en remplir sa maison
Entasser les objets hétéroclites jusqu’à en remplir sa maison Crédits : Carlos Ciudad Photography - Getty

En 1975, deux gériatres anglais, Clark  et Mankikar , décrivent un trouble du comportement connu de tout temps et pourtant encore peu étudié jusque-là. Ils le baptisent « syndrome de Diogène », en référence au philosophe grec né à Sinope en 413 avant J.C., chef de file des cyniques et qui vivait dans une amphore.

« Diogène », c’est donc ainsi qu’on qualifie ces humains qui, au cœur de nos villes, entassent, loin des regards, des tonnes de papiers, boîtes, sacs plastiques, journaux, vêtements, aliments, poubelles, détritus, excréments… Au point souvent de ne plus disposer que d'un ou deux mètres carrés pour vivre dans un appartement devenu totalement insalubre. Et au point parfois de ne plus pouvoir pénétrer dans l’appartement et de devoir vivre sur le palier.

Dans un grand nombre de cas, aucune pathologie mentale ou psychiatrique n'est présente pour donner du sens à un isolement social parfois complet, à l'effondrement des normes de propreté et à une accumulation sans fin qui conduit le « Diogène » à vivre dans des conditions extrêmes d'insalubrité.

En raison d'une inclination souvent profonde à la discrétion voire au secret, les « Diogène » ne sont détectés que de manière fortuite à la suite d’une hospitalisation, d'une plainte déposée par le voisinage alerté par une odeur pestilentielle et la prolifération de vermines ou d'un signalement par l'entourage qui supporte mal la situation ou craint l'incendie...

On ferait fausse route en cherchant une explication rationnelle à ce qui pousse les hommes et femmes que nous avons rencontrés à vivre ainsi. Et s’il s’agissait d’un mode de vie ? Et si ce mode de vie interrogeait le nôtre ?

Un documentaire de Stéphane Manchematin et Jean-Philippe Navarre

Avec :

Jean-Claude Monfort  et Catherine Wong , psychiatres ;

Jean Maurel , philosophe ;

Patrick Bachelet , entrepreneur de nettoyage (Paris Banlieue Nettoyage) ;

Christine Anmuth , ingénieur, mairie de Paris ;

Patrick Guilhem , technicien, mairie de Paris ;

Hubert Caporal , écrivain et voisin.

*Merci à toutes celles et ceux qui nous ont offert leur témoignage et qui souhaitent rester anonymes. *

Production : Stéphane Manchematin

Réalisation : Jean-Philippe Navarre

Sur le même sujet, réécoutez "Le Diogène de Baronnies" diffusé dans Sur les Docks le 24 avril 2011. 

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