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David Manise est anthropologue et instructeur de survie à temps plein depuis 12 ans. Capture d'écran

David : "Ça m'a toujours fasciné de comprendre comment les gens font pour ne pas crever"

53 min
À retrouver dans l'émission

Ils n'attendent pas spécialement la fin du monde, mais sont ravis d'apprendre à se débrouiller seuls avec le moins possible. Reportage auprès de David, anthropologue et instructeur de survie.

David Manise est anthropologue et instructeur de survie à temps plein depuis 12 ans. Capture d'écran
David Manise est anthropologue et instructeur de survie à temps plein depuis 12 ans. Capture d'écran

David marche de son pas lent et solide. A chaque appui, le souffle ponctue de brume le tableau qu’il habite à force d’humilité c’est la terre qui tourne sous les pieds de ce personnage à la carrure imposante.

David est instructeur de survie et a fondé le CEETS (Centre d’Etude et d’Enseignement des Techniques de Survie) en 2005.

Ce soir, la nuit tombe. David allume un feu.

Tony Hayère aura mis du temps à l’approcher, du temps à l’approcher vraiment.

« J’ai eu la chance énorme d’avoir une mère qui m’a laissé me blesser. Me casser la gueule. Avoir des accidents. Faire des expériences. Elle savait que de trop écouter sa peur qu’il m’arrive malheur était la meilleure manière de me condamner à devenir une larve pathétique… et elle m’a laissé me faire mal. Juste assez. Juste assez pour que j’apprenne. Que j’apprenne à me méfier. Que j’apprenne à guérir. Que j’apprenne à rebondir. Elle disait souvent « on nait seul, on vit seul et on meurt seul ». Elle disait souvent « sors-toi les pouces du … ». Elle disait souvent aussi « sois prudent ». J’ai eu ma première machette à l’âge de 7 ans, parce qu’en Afrique elle avait vu des gamins de cet âge là manier des machettes et survivre. Et j’ai pu dormir tout seul dehors très jeune parce qu’elle avait pu vérifier qu’en cas de pépin j’étais déjà capable de bon sens de base. Acquis par l’expérience… déjà.

Elle m’a poussé à me faire confiance, et surtout à m’exposer. Quand je disais que l’eau était trop froide, elle se moquait de moi. Quand je disais que j’avais peur, elle répondait qu’elle ne serait pas toujours là pour me regarder pleurnicher. Et oui, j’avoue, je l’ai trouvée trop dure. Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir une mère comme celle des autres… une mère douce et gentille, qui pardonne tout et qui protège de l’univers… Puis, avec le recul, je mesure la chance que j’ai eue. »

David Manise

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