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Histoires de footballeurs (2/4) : Pologne, Euro 2012 : foot, bière et châtiment

54 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire de Dominique Prusak et François Teste - Rediffusion du 7 juin 2012

Graffiti dans les rues de Lodz
Graffiti dans les rues de Lodz

« Kurwa » (prononcez kourva), une version peu châtiée de péripatéticienne, c’est le mot lancé, sans modération, toutes les dix secondes, sur chaque stade polonais qui se respecte ! En effet, comme disent les supporters de football du pays, « le sport national en Pologne, c’est d’être supporter ». Une expression et une vérité qui datent de l’ère communiste. Dans les années 80, affronter la milice à l’occasion d’un match de foot, c’est défier l’autorité et exprimer une certaine liberté. Avec le passage au libéralisme de 1989, les stades deviennent des espaces totalement libres, le miroir d’une société où le pire côtoie le meilleur. Le hooliganisme est né. A l’égal des années 70 en Angleterre.

Lodz, le Manchester polonais, respire depuis plus d’un siècle au rythme des 2 équipes locales de football, LKS et (RTS) Widzew créées respectivement en 1908 et 1922. LKS est réputée très rustique et (RTS) Widzew plus raffinée. 20 000 supporters pour LKS, 60 000 pour (RTS) Widzew. Jusque là, tout va bien ! Par contre, tout se gâte quand, sur le stade, après quelques bières, les « kibice » (supporters) de chaque équipe se traitent réciproquement de juifs pour s’insulter. On ne compte plus les graffitis ciglés de l’étoile de David sur les murs et les façades malgré l’obligation des propriétaires d’immeuble de les effacer. La fermeture, il y a vingt ans, de la totalité des manufactures de la ville a plongé la population dans une crise noire, entrainant chômage et délinquance. Un véritable terreau pour les gangs formés par les fans les plus radicaux qui flirtent avec l’extrême droite. Ces « kibols » (hooligans) constituent le gros des mafias et de ses trafics. Ils « cassent du noir » si, par hasard, des africains ont le malheur de croiser leur chemin. Surveillés et fichés par la police, ces « ultras » sont interdits de stade et s’affrontent à mains nues, parfois à mort dans les parcs et forêts. Avec les caméras omniprésentes dans les tribunes et désormais en Pologne, l’identité obligatoire pour acheter un billet, le hooliganisme a changé de lieu et sa violence avec.

A Lodz, troisième ville polonaise, on reste patriote, fier de sortir le drapeau pour fêter la nation, fier d’aller à la bataille pour encourager onze joueurs slaves, mais avant tout, au niveau local. Bref, avec nous, chez nous !

Avec :

Adam Slonski , Kamil et Konrad Gorzkiewicz , jeunes supporters des cités ;

Daniel Zaborowski , supporter sans alcool ;

Agnieszka Biesiadecka , guide du monde sportif ;

Damian Babol , journaliste sportif ;

Lionel Ndjomou , étudiant africain ;

Marcin Piotrowski , éthnologue ;

Alexandre Dayet , scénariste et traducteur ;

Wojciech Wozniak , sociologue des sports ;

Wiktor Skok , musicien et écrivain ;

Jonathan Fowler , journaliste anglais en Pologne.

Remerciements à l'Alliance Française de Lodz

Production : Dominique Prusak

Réalisation : François Teste

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