LE DIRECT

La cantine d'Igor, Lily et les autres

52 min
À retrouver dans l'émission

Rediffusion en hommage à Françoise Séloron
Première diffusion le 28/12/1996 dans l’émission « Grand Angle »

Un documentaire de Françoise Séloron et François Bréhinier

La ferme du buisson
La ferme du buisson Crédits : Thilbault Taillandier - Wikicommons - Radio France

C'est une taverne ambulante, une baraque où la musique tzigane, le vin et la soupe sont servis chaque soir, en compagnie de quelques humains complices. Igor invente un nouvel espace, une cantine musicale poétique, insolite. Au plafond pendent les jambons, paniers d'osier et "gamelles" lumineuses. On s’assoit autour de longues tables et on déguste les chansons, les gags visuels et les tours de magie. Igor, Lily et les autres ont installé début décembre leurs caravanes, bus et baraque à Noisiel à la Ferme du Buisson, ancienne ferme industrielle des chocolats Menier, devenue Centre d'art et de culture où nous les avons rencontrés, et partagé avec eux les instants quotidiens et les moments de rêve d'un authentique conte d'hiver

Avec :

Igor

Lily

Charles (Le marabout)

Nathalie (La cantinière)

Pierre Trabert (Le comédien)

Alain (le magicien)

Oskar, Shani et Lazlo (Les musiciens)

Emmanuel de Vericourt (au bar)

Sabrina (L’institutrice)

Les corneilles dans la volière

Et les enfants : Zinna, Fanny, Nicolas et Jérémy

Avec un spectateur d’un soir et la directrice de la Ferme du Buisson, Claudine Gironès

Le texte, dit par Pierre Trabert, est extrait de L’Occupant de l’enclos , de Bruno Boëglin

Françoise Séloron, d'après Marion Thiba Le rire de Françoise.

Elle avait une manière très particulière de rire aux éclats, la tête un peu rejetée en arrière, elle qui ne se prenait jamais au sérieux. Si peu d'ailleurs, qu'elle me confiait que lorsqu'elle animait un direct, à la radio, elle avait du mal à ne pas être débordée par les autres, ses invités. Comment prendre le dessus, en studio, quand on s'intéresse avant tout au processus créatif, au brouillon dont il sortira quelque chose de beau et d'original et quand on aime que la vie soit bouillonnante, qu'elle déborde des cadres...? D'autant que "La liberté de parole pour tous" était une des valeurs qui l'avaient fondée. Nous faisions le même métier, nous partagions le même bureau à France Culture. Mais ce n'est curieusement pas à ce moment-là que nous nous sommes "rencontrées". Quand l'une était partie sur le terrain ou travaillait en cellule de montage ou en studio, l'autre était au bureau. Ce métier ménageait finalement peu d'occasions de se connaître. Si paradoxal que cela puisse paraître, c'est quand nous sommes parties toutes les deux de France Culture, au même moment ou presque, au début des années 2000, que nous sommes devenues vraiment amies. J'étais dans le Midi. A ce moment-là, elle avait une maison à Aspiran dans l'Hérault, département où elle avait fait ses études. Et j'ai découvert la "vraie" Françoise, une femme sensible, généreuse, libre, à l'écoute, toujours séduite par l'oeuvre des artistes qu'elle a beaucoup côtoyés, les peintres en particulier. Il y avait en elle une grande gentillesse, une certaine lenteur qui contrastait avec son rire rapide et sonore et au fond de ses convictions, un esprit libertaire qui aimait faire la fête. Françoise était pour moi, pour ses autres amis aussi, de très bonne compagnie. Son rire me manque déjà. Marion Thiba

Françoise Séloron, d'après Christophe Chomant, son éditeur Françoise avait édité chez nous deux romans, témoins de sa maladie et des dernières années de sa vie :

- L'échancrure :

Elle a jeté son ordinateur cassé dans une benne. Il a trouvé l’ordinateur et accédé au disque dur. Avec la perte de cet ordinateur, elle a perdu la mémoire de sa vie marquée par une grave maladie. Lui, va découvrir la mémoire et la vie d’une femme qu’il ne connaît pas… - La femme périphérique : « Je suis la femme périphérique, celle qui n’est plus là, au cœur des choses, là où ça se passe, ne vibrant plus dans le courant, mais en attente, sur la berge, à guetter si une place se libère à la dernière minute pour l’embarquement. Ballottée, flottante, ne décidant de rien, ne faisant pas de projets à plus d’une semaine, d’un mois, réduite à vivre au jour le jour… » Fragments au genre indéfini, bouteille jetée à la mer, tentative de remonter le temps… avec des thèmes et variations autour de l’enfance, la naissance, la mère, la mort, la douleur du corps et du monde, les rêves, les voyages, l’amour et les désamours – la vie, quoi ! Françoise Séloron avait traversé l’effervescence culturelle de la France des années 1970, en collaborant en tant que journaliste à Rock & Folk, Actuel, Opus International, Art Vivant, Les Nouvelles Littéraires, Le Monde, et en partageant l’aventure de différents centres culturels et théâtres de la région parisienne. Productrice à France-Culture, elle avait participé à diverses émissions comme Les nuits magnétiques, Le bon plaisir ou Le pays d’ici .

C'était une femme très douce, ouverte, cultivée et humaniste, que nous regrettons beaucoup.

Françoise Séloron, d'après Irène Omélianenko Irène Omélianenko évoque la mémoire de Françoise Séloron sur son blog dédié au documentaire radiophonique.

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