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Dans l'abattoir

Tuer

53 min
À retrouver dans l'émission

Il souriait avec amour et quiétude. Il était bienveillant. Il m'expliqua son premier veau. Il m'expliqua comme c'était dur, puis termina : « La viande dans ton assiette, il faut bien la tuer. »

Dans l'abattoir
Dans l'abattoir Crédits : Tony Hayère - Radio France

Tuer a reçu le Grand Prix Longueur d'Ondes en 2015

Logo Longueur d'Ondes
Logo Longueur d'Ondes Crédits : Radio France

Un documentaire de Tony Hayère et Gilles Mardirossian

Première diffusion le 25/03/2014

Ce sont eux, les tueurs, les mains dans le sang, de longs couteaux profilés à la taille, le sourire lumineux et bienveillant, qui ont séduit et convaincu Tony Hayère qu'il y avait là quelque chose de profond, de paradoxal, quelque chose de la nature humaine...Pendant un an, il a effectué une résidence artistique à l'abattoir de bétail de Confolens, en Charente et réalisé un documentaire photographique. En septembre 2013, son travail a fait l'objet d'une exposition, in situ, sur la chaîne d'abattage ouverte au public, aux employés, ainsi qu'à leur famille, qui découvraient pour la plupart le métier particulier de leur père, mère, ami, conjoint et conjointe.

« Il faisait froid et ce qui m'avait le plus étonné c'était la quantité de vapeur s'échappant des corps ouverts en deux. Il m'avait serré la main, le regard convaincu que je comprendrais s'il m'expliquait. Il ne s'excusait pas, non car il avait confiance en moi, confiance en mon regard. J'étais là dans le sang, avec lui.

Il s'avança d'un pas, le menton humble, comme on s'avancerait au bord d'une scène avec de grandes chaussures et me dit : « c'est moi, on m'appelle le tueur ». Dehors les oiseaux piaillaient doucement la naissance des premiers jours d'hiver. Sur la chaîne d'abattage, Sébastien, Hervé, Christelle et Olivier me souriaient. Tout est là. » Tony Hayère

« Il faisait froid et ce qui m'avait le plus étonné c'était la quantité de vapeur s'échappant des corps ouverts en deux. Il m'avait serré la main, le regard convaincu que je comprendrais s'il m'expliquait. Il ne s'excusait pas, non car il avait confiance en moi, confiance en mon regard. J'étais là dans le sang, avec lui.

Il s'avança d'un pas, le menton humble, comme on s'avancerait au bord d'une scène avec de grandes chaussures et me dit : « c'est moi, on m'appelle le tueur ».

Il souriait avec amour et quiétude. Il était bienveillant. Il m'expliqua son premier veau. Il m'expliqua comme c'était dur, puis termina : « La viande dans ton assiette, il faut bien la tuer ».

Dehors les oiseaux piaillaient doucement la naissance des premiers jours d'hiver.

Sur la chaîne d'abattage, Sébastien, Hervé, Christelle et Olivier me souriaient.

Tout est là. »

(Tony Hayère)

Ce sont eux, les mains dans le sang, de longs couteaux profilés à la taille, le sourire lumineux et bienveillant, qui ont séduit et convaincu Tony Hayère qu'il y avait là quelque chose de profond, de paradoxal, quelque chose de la nature humaine...

Pendant un an, il a effectué une résidence artistique à l'abattoir de bétail de Confolens, en Charente et réalisé un documentaire photographique. Il a, avec le temps, tissé des liens de confiance. En septembre 2013, son travail avec eux a fait l'objet d'une exposition, in situ, sur la chaîne d'abattage ouverte au public, aux employés, ainsi qu'à leur famille, qui découvraient pour la plupart le métier particulier de leur père, mère, ami, conjoint et conjointe. Céline Levain, photographe, l’a rejoint pour réaliser les portraits des employés.

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